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CRISELes «intenses discussions» sur l'Ukraine se poursuivent

Après plusieurs jours d'une escalade verbale sans précédent, les chefs des diplomaties américaine et russe ont renoué le dialogue direct mercredi à Paris

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Après avoir annoncé un cessez-le-feu «sous peu», Petro Porochenko a également promis mercredi l'amnistie «à ceux qui déposeront les armes et à ceux qui n'auront pas commis de crimes graves». (18 juin 2014)

Après avoir annoncé un cessez-le-feu «sous peu», Petro Porochenko a également promis mercredi l'amnistie «à ceux qui déposeront les armes et à ceux qui n'auront pas commis de crimes graves». (18 juin 2014)

AFP
Didier Burkhalter: «Nous avons besoin d'un cessez-le-feu pour les élections», a déclaré le président de l'OSCE à l'aéroport de Vienne, où se tenait une conférence des ministres des affaires étrangères du Conseil de l'Europe. (6 mai 2014)

Didier Burkhalter: «Nous avons besoin d'un cessez-le-feu pour les élections», a déclaré le président de l'OSCE à l'aéroport de Vienne, où se tenait une conférence des ministres des affaires étrangères du Conseil de l'Europe. (6 mai 2014)

Keystone
A la tête de l'OSCE, Didier Burkhalter va rencontrer Vladimir Poutine mercredi à Morscou par parler de la crise ukrainienne. (6 mai 2014)

A la tête de l'OSCE, Didier Burkhalter va rencontrer Vladimir Poutine mercredi à Morscou par parler de la crise ukrainienne. (6 mai 2014)

Keystone

Une intense activité diplomatique a été déployée mercredi à Paris pour apaiser la crise en Ukraine. Alors que sur le terrain la situation s'enlise, la Commission européenne a annoncé une aide de 11 milliards d'euros à l'Ukraine qui se trouve au bord de la faillite. >> Retrouvez le déroulement des événements heure par heure

Après plusieurs jours d'une escalade verbale sans précédent, les chefs des diplomaties américaine et russe ont renoué le dialogue direct mercredi à Paris. John Kerry et Sergueï Lavrov se sont retrouvés pour un café sur la terrasse ensoleillée de l'Elysée.

A l'invitation du président français François Hollande, ils étaient entourés de leurs homologues français, britannique et allemand: Laurent Fabius, William Hague et Frank-Walter Steinmeier.

«Stabiliser, normaliser la situation et surmonter la crise»

«Nous sommes convenus de poursuivre ces discussions dans les jours à venir pour voir de quelle manière nous pouvons stabiliser, normaliser la situation et surmonter la crise», a dit Sergueï Lavrov. Il s'est exprimé peu avant de quitter Paris en soirée. Il pourrait retrouver M. Kerry jeudi à Rome.

La rencontre tant espérée par les Occidentaux entre Sergueï Lavrov et son homologue ukrainien Andrii Dechtchitsa n'a en revanche pas eu lieu.

Les Etats-Unis, la Grande-Bretagne et l'Ukraine jugent essentielle l'ouverture d'un dialogue direct entre Kiev et Moscou pour résoudre la crise. Dans un communiqué, les trois pays demandent le déploiement d'observateurs internationaux en Ukraine, particulièrement dans l'Est et en Crimée, deux régions majoritairement russophones.

«Observateurs de l'OSCE»

La requête a été entendue puisque 35 observateurs militaires de l'Organisation pour la sécurité et la coopération en Europe (OSCE), issus de 18 pays, sont partis mercredi vers l'Ukraine. Ils commenceront leur mission dans la ville d'Odessa, au sud, et doivent rester une semaine dans le pays. Ces experts ne sont pas armés. Aucun Suisse n'en fait partie.

Les observateurs devront clarifier «les doutes portant sur les activités militaires de la Russie sur le territoire ukrainien». Leur démarche s'inscrit dans les «mesures pour la sécurité et devant renforcer la confiance» de l'OSCE, souligne l'organisation.

Merkel a parlé à Poutine

Pour l'Allemagne, la situation en Ukraine reste «alarmante». Selon le gouvernement, rien ne justifie pour le moment de lever la menace de sanctions à l'encontre de la Russie ou d'un boycott du prochain sommet du G8 prévu en juin à Sotchi (Russie).

La chancelière Angela Merkel a pris l'initiative de contacter à nouveau Vladimir Poutine. Tous deux ont discuté des «scénarios» pouvant permettre une «normalisation» de la situation en Ukraine, a indiqué le Kremlin en fin de soirée.

Aide européenne substantielle

Parallèlement, les Européens volent au secours de l'Ukraine. A la veille d'un sommet extraordinaire sur cette crise, la Commission européenne a présenté un plan d'aide «d'au moins 11 milliards d'euros» (13,3 milliards de francs), dans les deux prochaines années, par le biais de dons et de prêts.

Cette assistance se fera en concertation avec la Banque européenne pour la reconstruction et le développement (BERD) et la Banque européenne d'investissement (BEI). Elle est subordonnée en partie à la conclusion d'un accord entre Kiev et le Fonds monétaire international (FMI).

Situation ubuesque

Sur le terrain, la situation s'enlise. Les forces russes ont investi mercredi la base de lancement de missiles d'Evpatoria, un site militaire hautement stratégique en Crimée. Cette intrusion sur un site hautement symbolique constitue une étape de plus dans la crise qui se joue dans cette péninsule baignée par les eaux de la mer Noire.

Le sort d'une seconde base, près de Sébastopol, a mis en lumière l'aspect parfois surréaliste, voire ubuesque de la crise en Crimée. Ce lieu où des forces russes avaient pénétré dès le 28 février a été attaqué par des manifestants... pro-russes. Un assaut repoussé sans violence par les soldats ukrainiens.

Fin de la mission de l'envoyé spécial de l'ONU

Plus tard dans la journée, l'envoyé spécial de l'ONU pour la crise en Ukraine a mis fin brutalement à sa mission en Crimée après avoir été menacé par des hommes armés.

Environ 16'000 soldats russes, dont au moins 5000 arrivés ces derniers jours, occupent la Crimée où ils cernent la plupart des sites stratégiques: navires de guerre, casernes et bâtiments de l'administration.

(AFP)

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