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IndustrieLes IRL sont partiellement sauvées

Une solution a été trouvée pour les Imprimeries Réunies Lausanne (IRL), menacées de fermeture. L'entreprise est reprise avec l'appui du canton de Vaud et de Renens. Au moins 69 emplois peuvent être maintenus.

Les Imprimeries Réunies Lausanne (IRL) à Renens sont menacées de fermeture.

Les Imprimeries Réunies Lausanne (IRL) à Renens sont menacées de fermeture.

Keystone

Menacées de fermeture après le retrait de Swissprinters, les Imprimeries Réunies Lausanne (IRL) sont partiellement sauvées. Elles vont devenir les IRL et conserveront au moins 69 employés sur 126. L'entreprise est reprise avec l'appui du canton de Vaud et de Renens.

Le projet de reprise n'est «pas un emplâtre sur une jambe de bois», il assure «l'avenir économique du site», a déclaré mardi le conseiller d'Etat Philippe Leuba. Le résultat obtenu «va très au- delà des espérances de départ», a assuré le ministre de l'économie vaudois.

Sacrifice salarial

La nouvelle société s'appellera IRL . Au final, ce devrait être même 71 emplois qui pourraient être conservés. Les employés devront consentir un sacrifice de 15% sur leurs salaires, atteignant alors le niveau du marché, selon le conseiller d'Etat libéral.

Les repreneurs, des spécialistes de l'impression, sont emmenés par Michel Berney, ancien directeur des services et imprimerie du groupe Edipresse. IRL pourra bénéficier d'une nouvelle machine cédée par Swissprinters, le groupe argovien qui a annoncé en juillet son retrait du site de Renens. La rentabilité devrait être ainsi assurée pour les cinq prochaines années.

Soutien public

Les repreneurs cautionnent un prêt bancaire de 3 millions de francs à hauteur de 500'000 francs et le canton de Vaud pour un million de francs. La commune de Renens propose un arrière- cautionnement de 200'000 francs, alors que la Coopérative romande de cautionnement a été approchée pour un engagement de 500'000 francs. Enfin, le bâtiment est racheté et sera reloué à la nouvelle société.

La décision de Swissprinters qui condamnait les IRL n'était «pas une fatalité», a commenté Marianne Huguenin. La syndique popiste de Renens a salué la mobilisation populaire et politique en faveur de l'emploi et des compétences en Suisse romande.

Diversification industrielle

Interrogé sur le principe de l'engagement public en faveur d'une entreprise dont les actionnaires (Ringier, NZZ et Tamedia Publications romandes) ont fait des millions de francs de bénéfices l'an dernier, Philippe Leuba a vanté l'action du canton en faveur de la diversification industrielle. Une attitude passive de la collectivité publique aurait été «incomprise», selon lui.

Marianne Huguenin a jugé pour sa part que la question était «vraie et légitime». «C'est le système économique dans lequel nous vivons qui permet ça. Les solutions politiques se situent au niveau fiscal, qu'est-ce qu'on fait avec l'imposition des bénéfices ou du capital?», a-t-elle lancé.

Principes et pragmatisme

La syndique a admis qu'il y avait des principes, mais qu'il fallait parfois agir avec pragmatisme face à une situation concrète et à des emplois en péril. C'est IRL qu'on aide, pas Ringier ou la NZZ, a-t-elle affirmé.

«Swissprinters doit pouvoir survivre seul, par ses propres moyens», a relevé Alfred Wälti, directeur général de l'entreprise. Autrement, le groupe n'a plus de raison d'être, quels que soient les bénéfices des actionnaires. Swissprinters a accusé sa plus grosse perte l'an dernier, en raison notamment de la force du franc et de tarifs plus avantageux dans les pays voisins.

Un demi-ouf de soulagement

En milieu de journée, une cinquantaine de personnes, dont une grande majorité d'employés des IRL, se sont rassemblées sur les marches du Palais de Rumine où siège le Grand Conseil vaudois. La satisfaction de voir l'imprimerie reprise était visiblement assombrie par le fait qu'une cinquantaine d'emplois restent sur le carreau.

«C'est un demi-ouf de soulagement», a déclaré à l'ats Yan Giroud, responsable romand pour l'industrie graphique au syndicat syndicom. Il faut maintenant négocier le plan social et les conditions de travail pour ceux qui seront embauchés par IRL .

Du chemin à faire

«C'est une bonne nouvelle lorsqu'une entreprise a la chance de repartir. Un savoir précieux aurait été dispersé sans ça», a indiqué Pierre-Yves Maillard, président du Conseil d'Etat vaudois.

«Du chemin reste à faire, avec un plan social pour cinquante personnes qui doit se réaliser dans le respect et les règles», a-t- il ajouté. «Sur la baisse du salaire, le personnel doit pouvoir se prononcer, c'est le personnel qui prend la décision», a conclu le conseiller d'Etat socialiste. Le Grand Conseil a voté une résolution de soutien aux IRL.

(ats)

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