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CriseLes islamistes au pouvoir en Tunisie devront partir

Le Premier ministre Hamadi Jebali a annoncé que les islamistes de son parti placés à la tête de certains ministères seront remplacés par des indépendants.

Hamadi Jebali, à droite, a évoqué pour la première fois sa démission samedi.

Hamadi Jebali, à droite, a évoqué pour la première fois sa démission samedi.

Keystone

Le Premier ministre tunisien Hamadi Jebali a assuré samedi que les ministères régaliens aux mains de son parti islamiste seront remplacés par des indépendants dans le gouvernement apolitique qu'il veut former contre l'avis de son propre camp.

«Tous les ministres seront des indépendants, y compris à l'Intérieur, la Justice et aux Affaires étrangères», a déclaré Hamadi Jebali à la chaîne d'informations France 24 qui l'interrogeait sur l'avenir de ces ministères clés auxquels le parti Ennahda refuse de renoncer.

«J'ai dû prendre cette décision sans consulter les partis politiques le jour de l'assassinat (de l'opposant Chokri Belaïd) de crainte que le pays ne bascule dans le chaos et l'irrationnel», a-t-il ajouté.«Ce n'était pas une initiative de Jebali, c'était une initiative pour sauver le pays», a ajouté le Premier ministre.

Prêt à démissionner

«Si l'initiative échoue qu'avez-vous à proposer aux Tunisiens, quelle alternative? La loi de la jungle?», a-t-il lancé à l'adresse de la classe politique.Il a répété être prêt à démissionner s'il ne parvenait pas à avoir un soutien large de la classe politique à son futur gouvernement.

Le chef du gouvernement est entré en conflit ouvert avec la direction de son mouvement en annonçant mercredi vouloir former un gouvernement apolitique, alors que les violences en Tunisie se multipliaient après l'assassinat.S'il est en conflit avec ses troupes, sa proposition a en revanche été bien accueillie par l'opposition et la société civile.

(AFP)

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