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BuzzLes Jedi, nouvelle force religieuse

Lancé par provocation en Nouvelle-Zélande il y a une dizaine d'années, le culte inspiré de la saga «Star Wars» continue de faire des émules à travers le monde. Pour certains, c'est une blague. Pour d'autres, c'est sérieux.

par
Sandra Imsand

Les disciples du maître Yoda sont là, à notre porte. Ils sont même 15?070 à s'être identifiés comme tels à la fin de l'année passée en République tchèque, à l'occasion du dernier recensement dans le pays. Une broutille en comparaison du 1,08 million de personnes qui ont coché la case «catholique» dans le questionnaire du gouvernement, mais un chiffre respectable toutefois. Il fait d'ailleurs transpirer les autorités, qui ne savent pas quoi faire de cette statistique. L'Eglise du Jedi, inspirée des chevaliers du même nom dans la saga cinématographique «Star Wars», fait pourtant de nombreux adeptes dans les pays anglo-saxons. Ou plutôt des personnes qui s'en réclament par humour. Juste après le christianisme

Tout a commencé en 2001, lorsqu'un e-mail a circulé en Nouvelle-Zélande en indiquant que, si plus de 8000?personnes déclaraient que leur religion était le Jedisme lors du recensement, celui-ci serait alors officiellement admis dans le pays. Un buzz était né! Plus de 53?700 personnes inscrivaient cette croyance loufoque sur le questionnaire étatique. Le pays d'Océanie comptait ainsi plus de chevaliers Jedi que de bouddhistes, de mormons ou d'hindous. Les adeptes de la Force représentaient même la deuxième religion de Nouvelle-Zélande après le christianisme. L'Australie suivait le mouvement la même année. Ils étaient 73?000 habitants à déclarer suivre les préceptes enseignés par le maître Yoda.

A ce jour, la plus grande concentration de Jedi dans le monde a été enregistrée en Angleterre et au Pays de Galles, où ils sont près de 400?000. Un véritable raz-de-marée, représentant 0,8% de la population.

Pas de Jedi en Suisse

Dans tous ces pays, le Jedisme n'est pas devenu une religion officielle pour autant, les autorités se sont débarrassées de cet épineux problème en comptant ces personnes comme ayant «une croyance non définie». Une décision qui agace certains cercles athées. Ces derniers estiment que la «blague du Jedi» affaiblit leur pouvoir politique et donne une trop grande importance aux religions. «Les données du recensement de 2001 ont été utilisées pour justifier une augmentation du nombre d'établissements non laïcs subventionnés par l'Etat», explique un mouvement athée britannique sur son site Internet intitulé «You're not a Jedi» (Vous n'êtes pas un Jedi). La Suisse semble jusqu'à présent épargnée par le phénomène Jedi. «Les résultats du relevé structurel 2010 ne sont pas encore disponibles, explique Marco Buscher, chef de la section population à l'Office fédéral de la statistique. Si la réponse «Jedi» se présentait sur un questionnaire, l'information serait codée comme «réponse non attribuable.»

Croyance en la Force

Pourtant, certains prennent cette religion très au sérieux. Ils seraient par exemple 5000 disciples pratiquants en Australie (sur les 73?000 recensés), près de 9000 en Angleterre et carrément 16?000 aux Etats-Unis, selon les statistiques de l'Eglise du Jedi. Les adeptes estiment que chaque être humain a la capacité de discerner le vrai du faux et croient en la Force, une «énergie qui a toujours existé et existera toujours. Elle nous entoure, elle est en nous.» «Ce concept se retrouve dans plusieurs religions, explique un Jedi. Certains l'appellent Dieu, d'autres une force vitale, mais, dans la plupart des croyances, on retrouve cette notion de Force.»

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