JO 2020 - Les Jeux à huis clos: «C’est dommage et un peu tristoune»
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JO 2020Les Jeux à huis clos: «C’est dommage et un peu tristoune»

Les JO de Tokyo se disputeront dans des stades et des salles vides. La nouvelle n’a pas eu l’effet d’une bombe pour les athlètes, qui font contre mauvaise fortune bon cœur.

par
Emile Perrin
Le Stade olympique de Tokyo restera vide.

Le Stade olympique de Tokyo restera vide.

AFP

Il ne devait y avoir que des spectateurs japonais, il n’y aura finalement personne dans les tribunes des sites olympiques. Tombée jeudi, la décision de disputer les Jeux de Tokyo à huis clos n’a finalement pas surpris grand monde. Quelques sélectionnés helvétiques nous ont confié leur réaction. Entre déception, fatalité, positivisme et philosophie.

Loïc Gasch, saut en hauteur, premiers Jeux olympiques

Loïc Gasch: «J’aime quand il y a du public, mais le calme ne constitue pas un problème.»

Loïc Gasch: «J’aime quand il y a du public, mais le calme ne constitue pas un problème.»

Freshfocus

«En tant qu’athlètes, on ne peut que se plier aux décisions prises et les respecter. Je suis forcément déçu, mais l’important reste que les Jeux olympiques puissent avoir lieu. Ils seront différents et particuliers, mais cela reste des JO. Ils ne seront pas dénaturés pour autant. De plus, tout le monde sera logé à la même enseigne. Le stade sera bien sûr très calme. Mais cela fait une année que nous évoluons dans des enceintes vides. J’aime quand il y a du public, mais le calme ne constitue pas un problème. Tout cela ne joue pas de rôle quant à la motivation ou la pression. Nous savions déjà que nos proches ne pourraient pas venir à Tokyo. En cela, c’est plus dommageable. Ils partagent les moments difficiles, ce serait bien qu’ils puissent être là pour vivre des instants plus joyeux. J’ai l’intention d’aller jusqu’à Paris, nous nous rattraperons en 2024.»

«J’ai l’intention d’aller jusqu’à Paris, nous nous rattraperons en 2024»

Loïc Gasch, sauteur en hauteur

Théry Schir, cyclisme sur piste, 7e de la poursuite par équipes aux Jeux de Rio 2016

Théry Schir: «Un événement comme des Jeux olympiques est quelque chose qui se partage.»

Théry Schir: «Un événement comme des Jeux olympiques est quelque chose qui se partage.»

Freshfocus

«Nous étions conditionnés au fait qu’il n’y ait que des spectateurs japonais, voire même personne. C’est dommage et un peu «tristoune». C’est presque catastrophique pour l’image olympique. Cela va être spécial, même si cela fait un an que nous pratiquons notre sport dans des vélodromes vides. Comme nous l’avons vu lors des matches de foot où l’on entend les entraîneurs donner leurs consignes, seuls les bruits de la piste demeurent. Pour les courses en elles-mêmes, cela ne change toutefois quasiment rien car le public ne joue pas un rôle prépondérant. Il peut juste donner une petite impulsion par sa clameur quand on est sur le point de gagner. Sinon, on reste concentrés sur nos adversaires et sur notre course. Cette situation est surtout dommage pour nos proches. Un événement comme des Jeux olympiques est quelque chose qui se partage. Là, ce sera plus compliqué, surtout compte tenu du décalage horaire. En résumé, c’est comme si on va au cinéma et que l’on se retrouve devant un film muet. Je n’ai rien contre le cinéma muet, il y a de très bons films du genre. Il y aura donc aussi de belles courses à Tokyo.»

«C’est comme si on va au cinéma et que l’on se retrouve devant un film muet»

Théry Schir, cycliste sur piste

Lucien Cujean, voile, 49er, 13e des Jeux de Rio 2016

Lucien Cujean (à dr., ici avec Fabien Schneiter lors des Jeux de Rio 2016): «Tant que les Jeux olympiques ont lieu, nous sommes heureux.»

Lucien Cujean (à dr., ici avec Fabien Schneiter lors des Jeux de Rio 2016): «Tant que les Jeux olympiques ont lieu, nous sommes heureux.»

Freshfocus

«Dans une discipline comme la nôtre, nous sommes toujours un peu à l’écart. Dès lors, le huis clos décidé ne change pas grand-chose pour nous. Tant que les Jeux olympiques ont lieu, nous sommes heureux. Il faut ce qu’il faut. Je me réjouis surtout de partir lundi et de pouvoir régater au plus vite sur le site de compétition. Pour les athlètes qui évoluent dans les stades ou les salles, il manquera cette petite touche de magie olympique, c’est certain. Mais les Jeux olympiques font partie d’un projet sur quatre ou huit années de travail. Tout est planifié pour atteindre l’objectif, qui ne varie pas en fonction du contexte. Bien sûr, ces Jeux de Tokyo seront différents, mais ils constitueront également une expérience différente.»

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