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AmlatLes joueurs sud-américains, nouvelles coqueluches du football chinois (PAPIER D'ANGLE)

Par Rosa SULLEIRO Sao Paulo, 30 avr 2015 (AFP) - Sacré l'an dernier meilleur joueur du championnat brésilien, Ricardo Goulart écume désormais d'autres stades : ceux de la Chine, pays qui recrute à tour de bras des joueurs sud-américains pour améliorer son football.

Le milieu de terrain de 23 ans avait brillé en marquant 38 buts en 108 matches avec le Cruzeiro. Pour le recruter, le club Guangzhou Evergrande a déboursé en janvier près de 18 millions de dollars. Chez le géant asiatique, le ballon rond vit une effervescence historique depuis l'arrivée au pouvoir en 2013 du président Xi Jinping, passionné par ce sport. Et pour élever son niveau, le football chinois se tourne vers l'étranger, avec déjà 84 joueurs venus d'ailleurs dans son championnat. Parmi eux, 32 sont originaires d'Amérique du Sud. Plus gros contingent: les Brésiliens, avec 22 footballeurs. Depuis le début de l'année, la Chine a été le pays le plus dépensier en recrutement de joueurs au sein du "Brasileirao", le championnat local, selon le site spécialisé Transfermarkt. Et les clubs brésiliens peuvent difficilement dire non. Etranglés par des dettes dépassant les quatre milliards de réais (1,2 milliard de dollars), ils voient avec soulagement arriver les fonds chinois, qui atteignent déjà près de 34 millions de dollars selon Transfermarkt, investis dans le mercato brésilien. "Le football chinois vit une nouvelle étape, avec l'entrée de capitaux de grandes entreprises et même de gouvernements locaux dans les clubs", explique à l'AFP l'avocat Marcos Motta, conseiller légal dans des opérations de transfert, comme celle de Neymar. De quoi gonfler leurs possibilités financières. Et quand il s'agit d'acquérir un joueur, "il est très difficile pour une équipe brésilienne de faire concurrence à une offre chinoise". Trois des cinq meilleurs buteurs du championnat brésilien jouent désormais en Chine: Ricardo Goulart, le Bolivien Marcelo Moreno, passé du Cruzeiro au Changchun Yatai, et l'Argentin Hernan Barcos, transféré du Gremio au Tianjin Teda. La star argentine du Fluminense, Dario Conca, a lui rejoint le Shanghai SIPG et l'international Diego Tardelli a quitté l'Atlético Mineiro pour le Shandong Luneng. "Maintenant l'Asie recrute des joueurs expérimentés et la Chine est devenue le nouvel Eldorado. C'est l'histoire du football actuel et il faut s'y adapter", reconnaissait récemment le sélectionneur du Brésil, Dunga. "Le Brésil reste un nom très prestigieux en Chine, ce qui fait que le transfert de n'importe quel joueur brésilien ou ayant joué au Brésil, comme Conca - qui a fait sa carrière au Brésil - est beaucoup plus populaire" que les autres, explique Marcos Motta, qui a conseillé le joueur argentin dans la négociation de son nouveau contrat. Dario Conca, déjà passé par le Guangzhou Evergrande entre 2011 et 2013, a été un pionnier dans ce mouvement de footballeurs sud-américains. Son transfert avait fait de lui l'un des joueurs les mieux payés au monde, avec sept millions de dollars par an. Les Argentins commencent aussi à se faire connaître dans le championnat chinois, avec cinq joueurs présents cette saison. Le Colombien Giovanni Moreno a également fait le voyage, passant en 2012 du Racing de Avellaneda au Shanghai Shenhua. Pour Erich Beting, directeur du portail internet Maquina do Esporte, cette fuite de joueurs sud-américains vers un championnat qui reste d'un niveau inférieur est aussi la faute des clubs locaux, qui ne savent pas créer un environnement capable de les retenir. "Parfois le club ne pense qu'à ce qui se passe sur le terrain et oublie de créer un cadre, des racines, afin que le joueur n'ait pas envie de partir", remarque-t-il. Une perspective souvent négligée par les clubs sud-américains, plus préoccupés par leur piètre situation financière. rs/lbc/ol/ka/hdz/nip/jcp

(AFP)

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