26.07.2013 à 10:27

LogosLes labels pour produits de montagne et d'alpage divisent

L'ordonnance sur la nouvelle signalétique pour les produits de montagne et d'alpage, en consultation jusqu'à vendredi, est froidement accueillie.

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Ces logos sont inutiles et risquent d'embrouiller les consommateurs, selon certains distributeurs et producteurs. Les partisans du texte s'avèrent dans l'ensemble mitigés.

Une montagne bleue pour les produits d'alpage et une verte pour les produits de montagne, toutes deux revêtues d'une croix suisse. C'est ce que propose l'Office fédéral de l'agriculture (OFAG) afin de distinguer la qualité particulière des articles fabriqués selon les exigences de l'ordonnance sur les dénominations «montagne» et «alpage».

Tous les acteurs du marché seront libres d'utiliser les logos, propriété de la Confédération. Ceux-ci visent à offrir aux producteurs une identité visuelle commune qui leur permet de concentrer leurs forces dans le domaine de la vente ou du marketing. Pour les consommateurs, ces signes officiels doivent favoriser la transparence et faciliter leur choix lors de l'achat.

Signe officiel inutile

Les entreprises disposant de leurs propres marques pour les produits de montagne et d'alpage refusent le projet d'ordonnance. Pour Migros, qui a «consenti beaucoup d'efforts» pour son label «Heidi», un signe officiel étatique est inutile, souligne Martina Bosshard, porte-parole. Coop emboîte le pas à son rival, et reproche à la Confédération de s'immiscer dans un marché qui fonctionne bien.

L'Alliance agraire, qui compte notamment parmi ses membres la fondation pour la protection des consommateurs (SKS) et l'association des petits paysans, gonfle les rangs des opposants. L'Etat n'a pas à créer de tels signes. «Cette tâche revient aux partenaires du marché, qui peuvent se profiler avec leurs propres labels», déclare Christof Dietler, directeur.

Trop tard

La Fédération des industries alimentaires suisses (fial) rejette aussi la proposition de la Confédération. «L'introduction de ces signes intervient selon nous trop tard», explique son codirecteur Franz Schmid. Plusieurs producteurs et grands distributeurs ont conçu leurs propres logos.

Plusieurs acteurs redoutent par ailleurs que les nouveaux signes embrouillent les consommateurs, et entraînent ainsi l'effet inverse de ce qui est escompté. Bio Suisse, propriétaire de la marque Bourgeon, estime que les acheteurs auront «encore plus de peine à s'orienter parmi tous les labels existants», déclare Sabine Lubow, porte-parole. L'organisation refuse donc le texte.

Oui, mais

Inquiétude similaire chez la Société suisse d'économie alpestre (SAV), même si elle salue sur le fond les nouveaux signes. Elle cite l'exemple d'un fromage «bio» de la vallée du Diemtigtal (BE), qui pourrait être recouvert de huit logos. Autre souci, le logo pour les produits de montagne est vert, comme celui de sa marque «Fromage d'alpage».

Partenaires de cette dernière marque, les Producteurs suisses de lait se montrent plus clairs. Ils refusent le nouveau signe pour les produits d'alpage et proposent que seul le logo pour les articles de montagne soit introduit. Les canaux de vente pour les produits d'alpage ne doivent pas être surchargés avec des logos supplémentaires, justifient-ils.

Le Groupement suisse pour les régions de montagne est sur le principe d'accord avec le projet. De concert avec la SAV, il demande que la Confédération finance une campagne d'information. Celle-ci permettrait d'éviter que les nouveaux logos ne se perdent dans la jungle des labels.

Paysans favorables

L'Union suisse des paysans soutient elle le projet. Une distinction unique facilite la tâche des consommateurs, et appuie la commercialisation des produits de montagne et d'alpage, plaide l'organisation.

(ats)

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