Les LED dans la vieille ville de Bienne suscitent un tollé
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ÉclairageLes LED dans la vieille ville de Bienne suscitent un tollé

Une pétition contre une illumination jugée trop blanche a été rédigée par Vera Urweider, auteure du préambule de la Constitution biennoise.

par
Vincent Donzé
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Au premier plan, une ancienne lanterne éclaire l’entier des façades en jaune, à l’arrière-plan, une nouvelle lampe concentre l’éclairage sur les pavés.

Au premier plan, une ancienne lanterne éclaire l’entier des façades en jaune, à l’arrière-plan, une nouvelle lampe concentre l’éclairage sur les pavés.

Lematin.ch/Vincent Donzé
Vera Urweider habite à la rue Basse, où le bas des immeubles reste éclairé.

Vera Urweider habite à la rue Basse, où le bas des immeubles reste éclairé.

Lematin.ch/Vincent Donzé
Au contraire d’autres résidents, cette locataire n’a rien contre la lumière qui se reflétait sur son plafond.

Au contraire d’autres résidents, cette locataire n’a rien contre la lumière qui se reflétait sur son plafond.

Lematin.ch/Vincent Donzé

Un nouvel éclairage «blanc chaud» pour remplacer l’orange des anciennes lanternes? Cette reconversion passe mal dans la vieille ville de Bienne. Le mécontentement s’exprime dans une pétition rédigée par l’auteure et journaliste Vera Urweider, locataire d’un appartement qui surplombe les terrasses des restaurants St. Gervais et le Café du Commerce.

Quand elle a rédigé le préambule de la Constitution biennoise, il y a deux ans, Vera Urweider parlait de Bienne comme d’une ville où l’on peut «se tromper et réessayer». Mais là, la société «Energie Service Bienne» ne fera pas machine arrière: son directeur général Heinz Binggeli l’a clairement signifié lors de deux duels sur «TeleBielingue» en allemand face à Vera Urweider et en français face à Michaël Golay, membre du comité pétitionnaire.

Murs gris

«On ne voit plus les couleurs des façades. tous les murs sont gris», accuse Michaël Golay, aveuglé par les LED quand il y fait face. «Avant, c’était une pollution lumineuse extraordinaire!» a rétorqué Heinz Binggeli, dont le rôle est d’assurer la sécurité et la visibilité, mais pas l’esthétique. «Mettez de l’ambiance où vous voulez, là où il y a une façade ou une terrasse à mettre en scène», a-t-il lancé à l’adresse des mécontents.

De fait, les luminaires au sodium haute pression d’une lumière orange ont été remplacés par luminaires à LED produisant une lumière «blanc chaud». Ce renouvellement de l’éclairage à la rue Basse et à la rue des Maréchaux permet de réduire la consommation d’énergie, la pollution lumineuse et les reflets sur les façades, ce dernier point étant très discuté.

Blanc chaud

«Cette lumière rappelle les luminaires à gaz qui éclairaient la vieille ville par le passé», a justifié Energie Service Bienne. Les nouveaux luminaires sont fixés sur des câbles abaissés de trois mètres, à six mètres de haut, avec l’accord des propriétaires. Le haut des façades n’est plus éclairé, ce qui ravit de nombreux locataires dont l’appartement était baigné d’une lumière artificielle.

Les exigences du patrimoine sont-elles respectées? «Nous avions surtout des contacts avec le service des monuments historiques de la ville de Bienne qui étaient à leur tour en contact avec le service des monuments historiques du canton», indique Heinz Binggeli. Le service municipal n’a pas répondu aux questions du matin.ch, tandis que celui du canton renvoie à… Heinz Binggeli.

«Il s’agit d’une solution commune développée par le groupe de travail «Atelier Lumière». Notre service faisait partie de ce groupe de travail et a donc accompagné le projet», mentionne Barbara Frutiger, collaboratrice au Service cantonal des monuments historiques, sans commenter le «blanc chaud». Un compromis avec des LED «jaunis» est envisageable, mais certainement pas sans d’âpres discussions.

Questions posées à Heinz Binggeli, directeur d’Energie Service Bienne:

Comprenez-vous le mécontentement exprimé dans une pétition?

Compte tenu du fait qu’une technologie nouvelle et différente (LED au lieu de lampes à vapeur de sodium) est utilisée, une réaction de la population n’est pas surprenante. La nouvelle technologie change l’ambiance lumineuse et il est donc tout à fait possible que quelques personnes ne la perçoivent pas uniquement de manière positive.

La lampe choisie est-elle un objet adapté à la vieille ville de jour comme de nuit?

Nous sommes convaincus que le résultat correspond à un éclairage moderne, efficace et sûr et que le charme de la vieille ville sera préservé.

L’éclairage obtenu correspond-il à vos attentes?

La sélection de l’éclairage est passée par un processus de sélection en plusieurs étapes comprenant un échantillonnage sur place. En ce sens, le résultat répond à nos attentes. Au cours des prochaines semaines, comme il est d’usage dans ce genre de projet, des optimisations de la situation de l’éclairage seront effectuées.

Pouvez-vous expliquer plus en détail le choix d’un «blanc chaud» (est-il vraiment chaud?) d’un point de vue historique?

La sélection des luminaires suit un concept global pour la ville de Bienne (plan lumière) et respecte le cadre légal et les normes qui s’appliquent à l’éclairage public.

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