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États-UnisLes loups aux abois à cause de Donald Trump?

La décision de l’administration Trump de retirer aux loups gris leur statut d’espèce protégée pourrait susciter un envol de la chasse et des pièges.

Les défenseurs de l’environnement craignent pour la sécurité des quelque 6000 loups disséminés à travers les États-Unis.

Les défenseurs de l’environnement craignent pour la sécurité des quelque 6000 loups disséminés à travers les États-Unis.

AFP

Rois du travail d’équipe, connus pour défendre leur famille et leur territoire âprement, les loups sont pour certains l’une des espèces animales au comportement social le plus similaire à celui des humains.

Mais ces canidés, symboles de liberté dans l’imaginaire américain, pourraient bientôt être en péril. En cause: la décision en octobre de l’administration Trump de retirer aux loups gris leur statut d’espèce protégée, mis en place dans les années 70 après leur quasi-extinction aux États-Unis. «Les loups ne sont actuellement rétablis que dans environ 10% de leur territoire historique», explique à l’AFP Maggie Howell, directrice du Centre de conservation du loup, situé dans l’État de New York.

L’assouplissement des mesures de protection de cette espèce dans certains États a par le passé mené à l’envol de la chasse et des pièges, rappelle-t-elle. Les défenseurs de l’environnement craignent donc pour la sécurité des quelque 6000 loups disséminés à travers les États-Unis continentaux, lorsque la nouvelle réglementation entrera en vigueur en janvier.

Campagne d’extermination

En temps normal, le retrait de la liste des espèces protégées est le signe d’une réintroduction réussie. Pourtant dans ce cas, des experts indépendants mandatés par le gouvernement ont mis en cause les raisons scientifiques de cette décision, et les écologistes ont dénoncé un cadeau fait aux chasseurs et aux éleveurs.

Dans le Minnesota, le Michigan et le Wisconsin, la chasse, qui était interdite depuis 2014, pourra reprendre, et des centaines de loups pourraient être tués chaque année a estimé une association. Près de 250 000 loups vivaient aux États-Unis avant que les colons européens ne débarquent au XVIe siècle, et avec eux une véritable campagne d’extermination.

«Une des premières choses que les pèlerins ont faites dans les colonies du Massachusetts, ça a été de mettre en place une prime où ils vous donnaient de l’argent en fonction du nombre de loups que vous tuiez», détaille Rick McIntyre, vétéran et garde forestier, auteur de plusieurs livres sur les loups.

À l’inverse, les Amérindiens ont coexisté en harmonie avec les loups pendant des milliers d’années, les vénérant, et ayant conscience de leur importance environnementale. Des études sont notamment venues confirmer le rôle crucial de ces canidés dans le contrôle de la taille des troupeaux de wapitis, qui peuvent brouter trop d’herbe, permettant ainsi d’éviter la destruction de l’habitat.

M. McIntyre étudie le comportement des loups depuis des années, notamment au parc national de Yellowstone où ils ont été réintroduits en 1995. Ces animaux débutent leur journée avec de chaleureuses marques d’affection envers les autres membres de leur meute, nouent des liens en jouant et ont chacun une personnalité distincte.

Certains loups sont cléments envers les meutes rivales, d’autres sont sanguinaires, certains aiment l’aventure quand d’autres sont casaniers. La coopération est la clé de leur survie lorsqu’ils chassent des proies, souvent plus grandes qu’eux, comme les bisons.

Contrairement aux croyances, c’est la femelle alpha qui décide où la meute va établir sa tanière, se déplacer et ce qu’ils vont chasser, et non pas le mâle, d’après les découvertes de Rick McIntyre.

Long chemin

Les loups gris ont regagné un peu de terrain grâce à des programmes à l’image de celui à Yellowstone, mais les loups mexicains et rouges sont dans une position beaucoup plus précaire. Le Centre de conservation du loup participe ainsi à un programme gouvernemental d’élevage pour garantir la survie de ces deux sous-espèces.

Il y a quelques semaines, l’organisation a envoyé deux loups rouges, tous deux nés en 2018, dans le Tennessee et le Minnesota pour qu’ils s’accouplent avec des partenaires potentiels. Objectif: restaurer la diversité génétique qui a été perdue lorsque l’espèce a disparu de son habitat naturel en 1980, et finir par réintroduire de jeunes louveteaux dans des meutes sauvages.

«Il est toujours triste de leur dire au revoir», confie Maggie Howell. «Mais savoir qu’ils vont se reproduire, on est forcément enthousiastes pour eux. En grandissant, en quittant leurs parents, ils peuvent prendre leur destinée en main. Donc nous leur souhaitons bonne chance.»

(AFPE)

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48 commentaires
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Esprit féminin

29.12.2020 à 10:56

Une solution mettre Trump aux milieu des loups

Ludovic

29.12.2020 à 10:04

Pour vu qu’ils croisent pas un loup avec Trump. Ça ferait loupump

Chris Debrabant

28.12.2020 à 13:36

Tiens, j'aurais juré que c'était la faute au sémillant Wladimir Poutine, ou au jouflu Kim Jong-un ou encore au placide Xi Jinping. Y'a du relâchement ! MDR. Allez, sans rancune. Savourez bien vos volailles aux hormones et OGM ou leurs substituts chimiques spécistes.