11.03.2013 à 15:19

SouverainetéLes Malouines votent pour rester britanniques

Le drapeau de l'Union Jack flotte partout aux Malouines pour montrer la détermination de ces îles à rester britanniques, au 2e jour d'un référendum d'autodétermination contesté par l'Argentine qui revendique l'archipel.

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L'immense majorité des 1672 électeurs des Malouines reste sourde aux revendications de souveraineté de l'Argentine qui juge le scrutin nul et non avenu.

L'immense majorité des 1672 électeurs des Malouines reste sourde aux revendications de souveraineté de l'Argentine qui juge le scrutin nul et non avenu.

AFP
Les Malouines sont un archipel de l'Atlantique sud disputé entre l'Argentine et le Royaume-Uni.

Les Malouines sont un archipel de l'Atlantique sud disputé entre l'Argentine et le Royaume-Uni.

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Les électeurs devaient dire si oui ou non ils veulent que les Falklands, appellation britannique des Malouines, restent un territoire d'outre-mer du Royaume-Uni. Ici, à l'image, un vétéran argentin revendique la souveraineté sur l'île, en brandissant le drapeau argentin sur lequel est écrit 'Nous reviendrons'.

Les électeurs devaient dire si oui ou non ils veulent que les Falklands, appellation britannique des Malouines, restent un territoire d'outre-mer du Royaume-Uni. Ici, à l'image, un vétéran argentin revendique la souveraineté sur l'île, en brandissant le drapeau argentin sur lequel est écrit 'Nous reviendrons'.

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Pour la première fois de leur histoire, les «Islanders», comme ils se désignent eux-mêmes, ont commencé à voter pour dire si oui ou non ils veulent «que les Malouines restent un territoire d'outre-mer du Royaume-Uni».

Peu après l'ouverture du scrutin à 14 heures, les habitants, parfois munis de drapeaux britanniques faisaient déjà la queue, devant l'unique bureau de vote de Stanley, la capitale «so British» avec ses pubs et ses cabines de téléphone rouges, où vivent les trois-quarts de la population.

Dans la rue, des voitures passaient, l'Union Jack flottant au vent. Un peu partout dans les devantures, des affiches appelaient à voter «oui».

«Il fait un peu froid, mais cela n'a pas empêché les gens de faire la queue», s'est immédiatement félicité sur Twitter, photo à l'appui, le gouvernement local.

Indépendance improbable

Car si la victoire du «oui» ne fait pas de doute, le taux de participation sera un élément clé de ce scrutin, que les autorités - avec la bénédiction du Royaume-Uni - entendent utiliser pour faire avancer leur cause aux yeux du monde, et décourager les visées argentines.

«Tout le monde veut voter. Nous allons montrer une bonne fois pour toute que nous sommes Britanniques», a assuré Marlene Short, 43 ans, qui tient un petit restaurant avec son mari.

Participation massive

«Tout le monde sait déjà quel sera le résultat, mais la participation est importante», a renchéri Barry Elsby, un député local, qui a fait lui aussi la queue pour voter sous la pluie.

Le scrutin doit durer 48 heures pour permettre aux 1'672 électeurs d'y participer. Car la logistique est compliquée dans ce chapelet d'îles de 12'000 km2 battu par les vents, où vivent au total 2'500 personnes et une garnison de 1'300 soldats britanniques.

Pour éviter que certains ne soient découragés par la perspective de longs trajets, sur des routes souvent non goudronnées, des urnes ont été transportées en 4X4, et même en avion, dans les zones les plus reculées.

Des observateurs internationaux, venus notamment d'Amérique latine, sont sur place pour s'assurer du bon déroulement du scrutin, qui a attiré aussi des dizaines de journalistes du monde entier sur "l'archipel de la discorde".

Le Penguin News, le journal local qui doit son nom aux colonies de pingouins qui peuplent l'archipel aux côtés d'un demi million de moutons, a encouragé ses lecteurs à participer à l'événement:

«Apportez vos drapeaux. Maquillez-vous le visage, surtout les enfants», et «quand des journalistes passent sous vos fenêtres, souriez, saluez ou levez le pouce», a-t-il conseillé.

Les résultats seront connus dans la nuit de lundi à mardi et des festivités sont d'ores et déjà prévues à Stanley.

Mais l'Argentine a prévenu que ce scrutin sans "aucune base légale" ne mettrait pas "un terme au différend" sur les Malouines. Buenos Aires n'y voit qu'une "tentative de manipulation britannique" et continue de réclamer des pourparlers bilatéraux avec Londres. Sans succès.

Or noir

La découverte de pétrole en 1998 dans l'archipel, qui vit pour l'heure essentiellement de la pêche, a contribué à envenimer la querelle même si son exploitation demeure encore hypothétique.

Le prix Nobel de la paix argentin Adolfo Perez Esquivel a lui-même écrit au gouvernement britannique pour dénoncer ce référendum dont les «Nations unies n'ont pas décidé la tenue.»

Mais les Malouines font la sourde oreille. «Il y a une grande excitation ici», explique à Fiona Didlick, qui vit dans l'archipel depuis 25 ans et qui tient une auberge avec son mari à Darwin, un hameau dans l'est de l'île qui compte ...quatre habitants.

Elle aussi a pavoisé son hôtel avec l'Union Jack et placardé des affiches en faveur du «oui» car ce référendum est «très important»: «c'est un moyen pour les Islanders de dire haut et fort que ces îles sont à nous et que c'est à nous de choisir notre avenir».

2'500 habitants, 1% de chômage

- Géographie: archipel de 12'173 km2 formé de deux îles principales (Gran Malvina et Soledad) et plus de 200 autres îles et îlots.

- Capitale: Stanley

- Population: 2'563 habitants (recensement d'avril 2012), et environ 1'300 militaires, auxquels s'ajoutent quelque 270 civils employés sur la base aérienne de Mount Pleasant.

- Statut: territoire britannique d'outremer dont la souveraineté est contestée par l'Argentine. Buenos Aires considère qu'il fait partie de la province de Terre de Feu, Antarctique et îles de l'Atlantique Sud. Les Nations unies reconnaissent l'existence d'un différend sur la souveraineté et demandent chaque année depuis 1965 aux deux pays de mener des négociations pour trouver une solution.

Les Malouines en bref

- Histoire: Selon le gouvernement argentin, les îles ont été découvertes par des membres de l'expédition de Magellan en 1520 et ont été, à partir de ce moment, sous contrôle espagnol. Les Britanniques, quant à eux, soulignent que le capitaine anglais John Strong est le premier à débarquer sur ces îles, en 1690.

En 1713, Londres reconnaît la souveraineté de l'Espagne sur l'Atlantique sud. En 1764, le Français Louis de Bougainville, originaire de Saint Malo (d'où le nom de l'archipel) y fonde Port Louis mais se retire deux ans plus tard moyennant une indemnité de la Couronne espagnole.

Après l'indépendance argentine en 1816, Buenos Aires prend le contrôle de l'archipel. En 1833, deux bateaux britanniques s'emparent de Port Louis, rebaptisé Stanley.

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