Actualisé 19.10.2014 à 14:46

Révolte des parapluiesLes manifestants accusent la police de Hong Kong de violences

Après une nouvelle nuit de violences, les manifestants prodémocratie ont accusé la police d'avoir fait un usage excessif de la force. Le ministre hong-kongais des finances a appelé les protestataires à se disperser.

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Chan Kin-man (gauche), 60 ans, professeur de sociologie, et Benny Tai (centre), 54 ans, professeur de droit, ont écopé de 16 mois de prison. (Mercredi 24 avril 2019)

Chan Kin-man (gauche), 60 ans, professeur de sociologie, et Benny Tai (centre), 54 ans, professeur de droit, ont écopé de 16 mois de prison. (Mercredi 24 avril 2019)

AFP
Les leaders de la «révolte des parapluies» jugés coupables: le pasteur baptiste Chu Yiu-ming (à droite), le professeur de droit Benny Tai (à gauche) et  le  professeur de sociologie Chan Kin-man ( au centre), encourent sept ans de prison. (Lundi 9 avril 2019)

Les leaders de la «révolte des parapluies» jugés coupables: le pasteur baptiste Chu Yiu-ming (à droite), le professeur de droit Benny Tai (à gauche) et le professeur de sociologie Chan Kin-man ( au centre), encourent sept ans de prison. (Lundi 9 avril 2019)

AFP
Des figures du mouvement prodémocratie sont jugés pour leur participation à la «révolte des parapluies» de l'automne 2014 qui avait réclamé en vain à Pékin des réformes politiques. (Lundi 9 avril 2019)

Des figures du mouvement prodémocratie sont jugés pour leur participation à la «révolte des parapluies» de l'automne 2014 qui avait réclamé en vain à Pékin des réformes politiques. (Lundi 9 avril 2019)

AFP

«J'ai été jeune et j'ai pris part à divers mouvements étudiants», écrit le ministre John Tsang sur son blog officiel. La décision de «battre en retraite ne sera pas facile. Elle demandera beaucoup de courage. Je crois que vous aurez le courage de prendre les bonnes décisions en ce moment critique», a-t-il lancé.

Samedi, la numéro deux de l'exécutif local, Carrie Lam, avait confirmé qu'une rencontre aurait lieu mardi avec les dirigeants de la contestation pour tenter de trouver un règlement à la crise qui se prolonge depuis trois semaines. Cette réunion devrait durer deux heures et sera diffusée en direct à la télévision. Elle se concentrera sur la réforme de la Constitution, a-t-elle précisé.

Pas de concession attendue

Peu d'observateurs s'attendent à ce que Pékin ne fasse la moindre concession. Ed Chin, membre du principal mouvement prodémocratie Occupy Central, a toutefois appelé le gouvernement à entendre les revendications des manifestants.

«C'est un problème politique, pas de maintien de l'ordre», a-t-il dit lors d'un point de presse, demandant aux protestataires «fatigués ou malades» de rentrer chez eux jusqu'à mardi.

«La police doit promettre au public de ne pas faire usage de la violence pendant trois jours pour calmer les esprits parce qu'il peut y avoir un esprit de revanche» chez certains, a dit le révérend Fung Chi-wood. Il a aussi appelé les manifestants au calme: «restons où nous sommes, ne forçons pas les barrages», a-t-il dit.

Violents incidents

Des dizaines de policiers en tenue antiémeute ont chargé durant les premières heures dimanche un groupe de manifestants à Mongkok, l'un des trois sites occupés par les protestataires dans l'ancienne colonie britannique, les frappant à coups de bâtons.

Vingt personnes ont été blessées, a dit le gouvernement local, sans préciser s'il s'agissait de policiers ou de manifestants. Certains manifestants ont été évacués sur des civières, d'autres ont été soignés pour des blessures à la tête, des fractures et des contusions, selon des journalistes de l'AFP et des sources médicales.

Versions divergentes

Policiers et manifestants ont livré des versions divergentes sur les causes de cette quatrième nuit consécutive de troubles à Mongkok, quartier très densément peuplé situé sur le continent, en face de l'île de Hong Kong.

La police, qui tentait de rouvrir à la circulation une artère importante, a assuré avoir fait preuve de retenue et avoir agi au moment où les protestataires avaient «soudainement tenté de forcer» ses cordons.

Les manifestants ont eux expliqué qu'ils n'avaient rien fait pour provoquer les policiers. Ceux-ci ont chargé lorsqu'ils ont ouvert leurs parapluies, devenus le symbole de la mobilisation pour réclamer davantage de libertés démocratiques, et les ont posés sur des barricades, ont-ils dit.

«La police a violé le principe» selon lequel il faut «faire un usage minimum de la force face à des manifestants pacifiques», a réagi James Hon, de la Ligue de défense de la liberté de Hong Kong, qui réunit des professionnels concernés par ce qu'ils considèrent comme l'érosion des libertés dans l'ancienne colonie britannique.

Elections démocratiques

Le mouvement Occupy Central, qui milite depuis des mois pour des élections libres et démocratiques, a pris de l'ampleur cet été lorsque le Parlement chinois a annoncé que seuls quelques candidats «patriotes» préalablement sélectionnés par un comité désigné par le pouvoir pourraient briguer les voix des électeurs de Hong Kong lors des prochaines élections, en 2017.

Au plus fort de la contestation, on a compté jusqu'à 100'000 manifestants dans les rues de Hong Kong. Mais le mouvement s'est essoufflé depuis.

(ats)

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