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BrésilLes manifestants envahissent à nouveau Sao Paulo

De nouveaux appels à manifester contre la hausse des prix et les dépenses du Mondial 2014 ont été lancés ce mardi, après la mobilisation monstre de lundi. La contestation a pris une nouvelle ampleur en pleine Coupe des Confédérations.

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Des manifestants rassemblés devant le Congrès national à Brasilia, mercredi 26 juin 2013. Parties de la hausse du prix des transports, les revendications visent désormais tous les maux du pays.

Des manifestants rassemblés devant le Congrès national à Brasilia, mercredi 26 juin 2013. Parties de la hausse du prix des transports, les revendications visent désormais tous les maux du pays.

Keystone
Un policier tire des gaz lacrymogènes à l'encontre des manifestants à Brasilia. (mercredi 26 juin 2013)

Un policier tire des gaz lacrymogènes à l'encontre des manifestants à Brasilia. (mercredi 26 juin 2013)

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A Belo Horizonte, mercredi 26 juin 2013, «les manifestants ont détruit au moins deux concessionnaires automobiles en y mettant le feu. 24 personnes ont été interpellées», a déclaré une porte-parole de la police.

A Belo Horizonte, mercredi 26 juin 2013, «les manifestants ont détruit au moins deux concessionnaires automobiles en y mettant le feu. 24 personnes ont été interpellées», a déclaré une porte-parole de la police.

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Plus de 250'000 personnes ont manifesté lundi dans tout le Brésil lors des plus grandes manifestations depuis 20 ans.

Quelque 100'000 manifestants selon les derniers chiffres de la police, la plupart des jeunes, ont défilé pacifiquement au centre de Rio de Janeiro pour protester contre la hausse des tarifs des transports publics et les dépenses somptuaires engagées pour l'organisation du Mondial-2014 de football.

La manifestation a dégénéré à la nuit tombée. Un groupe de quelques dizaines de manifestants violents a pris d'assaut le parlement de l'Etat de Rio, tandis que la majorité des protestataires restait pacifiquement rassemblée devant le Théâtre municipal.

Des scènes de guérilla urbaine ont éclaté: jets de cocktails molotov ou de noix de coco contre les policiers, lesquels ont riposté par des tirs de gaz lacrymogènes et de balles en caoutchouc. Des magasins ont été pillés. Cinq policiers ont été blessés selon un communiqué.

Hymne national

Quelque 60'000 personnes ont défilé pacifiquement à Sao Paulo, la capitale économique du pays. Par ailleurs, quelque 5000 personnes, selon la police, ont protesté à Brasilia et près de 200 manifestants ont même réussi à monter sur le toit du Parlement pour y entonner l'hymne brésilien avant de quitter les lieux spontanément.

A Belo Horizonte, la police a tiré des gaz lacrymogènes contre les manifestants pour les empêcher de s'approcher du stade Mineirao où se jouait le match de la Coupe des Confédérations entre le Nigeria et Tahiti. Dans les autres villes, la police surveillait étroitement les défilés.

Ces rassemblements contestataires sont convoqués sur les réseaux sociaux, sans revendication d'appartenance politique. La plupart des manifestants sont des jeunes de la classe moyenne.

Volonté d'apaisement

La présidente brésilienne Dilma Rousseff a dit que les «manifestations pacifiques» sont «légitimes» et font «partie de la démocratie». «C'est le propre de la jeunesse de manifester», a ajouté Dilma Rousseff dans une apparente volonté d'apaisement.

«Mon gouvernement écoute ces voix en faveur du changement. Il est engagé en faveur de la transformation sociale», a ensuite indiqué la présidente lors d'un discours à Brasilia.

Avec l'essor économique et social du pays qui s'est hissé au rang de septième puissance économique mondiale, «ont surgi des citoyens qui réclament plus et ont droit à plus», a analysé Dilma Rousseff.

Plusieurs grandes villes ont annoncé des réductions des prix des transports publics au lendemain de manifestations.

Gouvernement en baisse

Des joueurs de la «Seleçao» brésilienne se sont montrés solidaires mardi avec les manifestants.

Ces manifestations sociales sont les plus importantes depuis celles dirigées en 1992 contre la corruption du gouvernement de l'ex-président Fernando Collor de Melo, qui avait démissionné durant son procès politique devant le sénat.

La popularité du gouvernement a chuté de 8 points en juin, pour la première fois depuis l'élection à la présidence en 2011 de Dilma Rousseff. Celle-ci reste largement favorite pour le scrutin de fin 2014.

57 euros par Brésilien

La Coupe des Confédérations, qui vient de débuter, et le Mondial de football 2014 devraient coûter au moins 15 milliards de dollars (11 milliards d'euros) au Brésil, selon les derniers chiffres officiels publiés par le gouvernement, soit environ 57 euros pour chacun des 194 millions de Brésiliens. «Le gouvernement a investi 15 milliards de dollars dans ces deux événements sportifs», avait indiqué en avril un haut responsable du ministère des Sports, Luis Fernandes, à des journalistes.

«Toutes les villes hôtes sont des centres touristiques qui bénéficieront des améliorations des infrastructures - ports, aéroports, mobilité urbaine, télécommunications, entre autres», avait-il alors plaidé.

Le gouvernement a plusieurs fois révisé à la hausse les coûts de l'organisation de ces deux événements. Ainsi le montant de 15 milliards de dollars devra sans doute être revu à nouveau d'ici le coup d'envoi du Mondial, le 12 juin 2014.

(AFP)

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