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ThaïlandeLes manifestants perturbent les élections dans un pays en crise

Les Thaïlandais ont voté dimanche pour des législatives anticipées perturbées par des manifestants qui ont bloqué des bureaux de vote pendant que l'opposition a boycotté le scrutin.

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L'ancien président déchu de Thaïlande a créé, depuis son exil à l'étranger, un groupe d'opposition à la junte miliaire en place depuis son coup d'Etat fin mai. (24 juin 2014)

L'ancien président déchu de Thaïlande a créé, depuis son exil à l'étranger, un groupe d'opposition à la junte miliaire en place depuis son coup d'Etat fin mai. (24 juin 2014)

Keystone
La police récompensera les gens qui prennent en photo les manifestants qui se livrent à toute action antijunte. (23 juin 2014)

La police récompensera les gens qui prennent en photo les manifestants qui se livrent à toute action antijunte. (23 juin 2014)

Keystone
Signe des restrictions de liberté depuis le coup d'Etat du 22 mai; un jeune homme a été interpellé dimanche pour avoir lu le livre «1984» de George Orwell devant un centre commercial de Bangkok. (23 juin 2014)

Signe des restrictions de liberté depuis le coup d'Etat du 22 mai; un jeune homme a été interpellé dimanche pour avoir lu le livre «1984» de George Orwell devant un centre commercial de Bangkok. (23 juin 2014)

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Les manifestants dans la rue depuis trois mois en Thaïlande ont perturbé dimanche les législatives boycottées par l'opposition. Ils ont ainsi bloqué le travail de milliers de bureaux de vote et plongé le pays dans un imbroglio électoral.

La Première ministre Yingluck Shinawatra a été parmi les premières personnes à glisser son bulletin dans l'urne, dans le bureau de vote de son quartier à Bangkok, sous haute surveillance policière.

Refusant de démissionner purement et simplement comme le réclament les manifestants depuis l'automne, la Première ministre avait proposé ces législatives comme une sortie de crise.

Mais les manifestants campent sur leurs positions et ont perturbé l'organisation du scrutin, empêchant l'ouverture de quelque 10'000 bureaux de vote, soit plus de 10% de l'ensemble, a annoncé la Commission électorale après la fermeture du scrutin. Pour parvenir à leurs fins, les opposants ont bloqué l'acheminement des bulletins de vote et des urnes.

Aucun résultat dimanche

Face à ces obstructions sans précédent, la Commission électorale a annoncé qu'aucun résultat, même préliminaire, ne serait annoncé dimanche soir. Ils pourraient être repoussés de plusieurs semaines, le temps que les électeurs lésés se voient proposer un scrutin de remplacement.

Un tel scrutin est déjà prévu le 23 février pour les 440'000 électeurs qui s'étaient inscrits pour le vote anticipé et qui avaient déjà été empêchés de voter dimanche dernier.

Les sept heures qu'a duré le vote dimanche ont été émaillées de protestations d'électeurs découvrant porte close à leur bureau de vote. «J'ai accompli mon devoir en venant voter (...). Je n'ai pas peur», a expliqué Pui, parmi ceux ayant pu voter dans un bureau de vote du centre de Bangkok quasi désert.

Scrutin boycotté

Alors que la crise actuelle a déjà fait au moins dix morts et des centaines de blessés, quelque 130'000 policiers ont été déployés dimanche dans tout le pays pour protéger les bureaux de vote, qui ont comme prévu fermé leurs portes à 15h00 GMT (10h00 en Suisse).

La principale formation d'opposition, le Parti démocrate, boycottait le scrutin. Elle a menacé dimanche de contester le vote devant la justice, sans dire pour l'heure sur quelle base.

«Le jour où nous gagnerons, nous poursuivrons Yingluck devant la justice pour lui demander des compensations pour avoir organisé ces élections folles», a lancé le meneur des manifestants Suthep Thaugsuban devant ses partisans réunis en un grand pique-nique protestataire à Bangkok.

Dans tous les cas, le Parlement ne pourra pas se réunir, faute d'un quorum de 95% des 500 députés, conduisant à une paralysie politique, avec un gouvernement expédiant les affaires courantes tandis que l'opposition continue de manifester.

Profonde fracture

Samedi, en plein jour dans la capitale, une bataille de rue entre militants pro et antigouvernementaux a fait plusieurs blessés par balles. Les images de ces tirs nourris, explosions et scènes de panique de passants, ont pu effrayer de nombreux électeurs.

L'opposition, alliance d'ultra-royalistes et d'électeurs lassés du «clan Shinawatra», est unie par sa haine de Thaksin Shinawatra. L'ancien Premier ministre a été renversé par un coup d'Etat en 2006, mais continue à gouverner via sa soeur Yingluck selon eux.

Ils réclament le remplacement de son gouvernement par un «conseil du peuple» non élu, repoussant les élections à plus d'un an, et s'opposent à un scrutin qui selon eux ne fera que prolonger l'emprise du parti Puea Thai au pouvoir, favori des élections.

La profonde fracture dans la société entre pro et anti Thaksin est déjà à l'origine de plusieurs épisodes de violences politiques depuis 2006. Notamment en 2010, lorsque le mouvement des «chemises rouges» pro-Thaksin avait été réprimé par l'armée, faisant plus de 90 morts.

(ats/afp)

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