Elections: Les manifestations s'intensifient au Honduras

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ElectionsLes manifestations s'intensifient au Honduras

Les affrontements se sont poursuivis lundi entre forces de l'ordre et manifestants, sur fond de résultats électoraux contestés.

Le candidat déclaré vaincu, Nasralla, refuse la defaite, et appelle à manifester. Les élections ont été entachées de pannes informatiques. (Tegucigalpa, lundi 18 décembre 2017).

Le candidat déclaré vaincu, Nasralla, refuse la defaite, et appelle à manifester. Les élections ont été entachées de pannes informatiques. (Tegucigalpa, lundi 18 décembre 2017).

Keystone

Les forces de l'ordre ont fait lundi usage de gaz lacrymogènes au Honduras pour disperser des manifestants. Ces derniers protestaient contre l'annonce officielle de la victoire du président sortant Juan Orlando Hernandez lors d'un scrutin controversé.

Depuis le vote du 26 novembre, les partisans du candidat de gauche Salvador Nasralla manifestent pour dénoncer une «fraude» lors de cette élection entachée d'irrégularités selon l'opposition et une partie des observateurs internationaux. Dimanche, l'autorité électorale a officiellement déclaré vainqueur M. Hernandez, 49 ans.

Le président sortant conservateur s'était prévalu d'une décision controversée du Tribunal constitutionnel pour briguer un second mandat, ce qu'interdit la Constitution hondurienne. Les protestations ont éclaté dimanche soir avec la mise en place de barricades à travers ce pays d'Amérique centrale et se sont poursuivies dans la nuit.

Rues obstruées

Dans la capitale Tegucigalpa, les habitants se sont réveillés lundi devant des tas de pierres, pneus et autres débris fumants qui obstruaient les rues. Les forces de l'ordre ont parfois dû utiliser des engins de chantier pour les dégager.

A la sortie nord de la ville, la police a tiré des gaz lacrymogènes pour disperser des protestataires. Dans le nord du Honduras, à San Pedro Sula, la police a rapporté le pillage de plusieurs magasins et l'incendie d'une agence bancaire et d'un autobus.

Des manifestations se poursuivaient en fin de journée dans plusieurs parties du pays. Les manifestants résistaient aux forces de sécurité qui tentaient de les disperser avec des grenades lacrymogènes, particulièrement dans le nord du pays et à Tegucigalpa.

Quatorze morts

«Ils ne vont pas résoudre le problème en nous tuant et en tirant des gaz lacrymogènes», a déclaré l'ancien président Manuel Zelaya, qui est à la tête de l'alliance de gauche opposée à M. Hernandez.

Un rapport d'Amnesty International publié au Mexique affirme qu'au moins 14 personnes sont mortes dans les manifestations survenues depuis le jour de l'élection présidentielle. Les autorités honduriennes ont confirmé seulement trois décès, tandis que M. Nasralla avance le chiffre de 20 morts.

Lors des obsèques de sa soeur décédée dans l' accident d'un hélicoptère de l'armée près de Tegucigalpa, M. Hernandez a appelé les Honduriens à l'union. Pendant ce temps, M. Nasralla, 64 ans, animateur de télévision, novice en politique, était à Washington où il a rencontré le secrétaire général de l'Organisation des Etats Américains (OEA), Luis Almagro. Il devait ensuite être reçu au département d'Etat américain.

Zones d'ombre

M. Almagro a estimé qu'il y avait trop de zones d'ombre dans l'élection hondurienne pour qu'elle soit valable et a appelé à un nouveau scrutin. Interrogée sur cette suggestion, la responsable de la mission d'observateurs de l'Union européenne au Honduras, la Portugaise Marisa Matias, a répondu que sa mission «ne peut pas et ne doit pas intervenir dans l'indépendance et dans l'autonomie du peuple hondurien».

Deux porte-parole du Parti national (PN) de M. Hernandez, Guillermo Perez Arias et Oswaldo Ramos Soto, ont rejeté devant la presse ces déclarations de M. Almagro et exclu l'idée d'un nouveau scrutin.

«Le secrétaire général (de l'OEA) a outrepassé son mandat», a dit M. Perez Arias. «Le Parti national considère (la proposition de M. Almagro) comme totalement inacceptable, étrangère aux traités internationaux et aux compétences de l'OEA», a renchéri M. Ramos Soto.

Interrogée sur la suggestion du secrétaire général de l'OEA, la responsable de la mission d'observateurs de l'Union européenne au Honduras, la Portugaise Marisa Matias, a répondu que sa mission «ne peut pas et ne doit pas intervenir dans l'indépendance et dans l'autonomie du peuple hondurien».

(ats)

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