Mode  - Les mannequins atypiques, porte-flambeaux du «body positive»
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Mode Les mannequins atypiques, porte-flambeaux du «body positive»

Leurs corps ne ressemblent pas à ceux qu’on voit habituellement sur les podiums mais ils n’hésitent pas à prendre la lumière et ainsi à combattre les diktats de la mode.

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Le mannequin français Caroline Ida Ours, 61 ans, en lingerie, lors d’une séance photos à Paris le 30 juin 2021.

Le mannequin français Caroline Ida Ours, 61 ans, en lingerie, lors d’une séance photos à Paris le 30 juin 2021.

AFP
David Venkatapen, 46 ans, se qualifie lui-même de «gros».

David Venkatapen, 46 ans, se qualifie lui-même de «gros».

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Valérie Hirschfield, 57 ans, a été amputée de la jambe gauche.

Valérie Hirschfield, 57 ans, a été amputée de la jambe gauche.

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Ils ont un physique ou un âge qui ne correspondent pas aux critères en vigueur dans le mannequinat. Et pourtant, ils arpentent les podiums et posent pour les photographes de mode. Ces modèles sont les porte-flambeaux du «body positive», un mouvement qui prône l’appréciation de tous les types de corps humain. «Qui a dit qu’un corps parfait, c’est un corps qui fait une taille 34-36? Les créateurs? Mais selon quels diktats?» sourit Caroline Ida Ours, mannequin de 61 ans, à la longue chevelure argentée, qui pose et défile notamment pour des marques de lingerie. «Je fais du 44. Chaque corps est unique et c’est cela qui le rend beau».

«On a tous un corps différent de celui des autres», abonde David Venkatapen, 46 ans, mannequin depuis huit ans au sein de l’agence PLUS. Il se qualifie de «gros». «Je n’ai pas de problème avec le mot. Chacun utilise celui qui lui convient: gros, costaud, corpulent, sizeplus etc.». «La visibilité, c’est bien. Je pense aux autres mecs gros, plus jeunes ou plus âgés, qui ne se sentent pas bien dans leur peau. Voir quelqu’un qui leur ressemble ou qui a un physique différent, ça peut leur donner confiance», déclare-t-il.

Valérie Hirschfield, 57 ans, a perdu sa jambe il y a 17 ans. Elle défile et pose pour des photos car elle veut «changer les esprits». «C’est important de nous montrer», pour encourager ceux qui «vivent mal leur handicap physique et se cachent». «Je mettais des shorts, je continue de mettre des shorts. Je me mets en maillot», indique cette femme blonde, qui pratique «la course d’escaliers», des compétitions – gravir par exemple la tour Montparnasse – où elle est souvent la seule handicapée.

Jérémie Antoine, 26 ans, 1m55, veut devenir «le premier mannequin noir de petite taille». «Pour un homme, dans le monde de la mode, il faut être grand, musclé, sec. Je ne remplis aucun des critères», constate le jeune homme. Or «c’est nous qui portons les vêtements». «Quand on verra des mannequins comme tout le monde, niveau image, valorisation de soi, cela aidera vraiment», ajoute-t-il.

Retient l’attention des marques

Le mouvement du «body positive», longtemps marginal en France – par rapport à l’Allemagne, l’Angleterre ou les États-Unis –, retient de plus en plus l’attention des marques, note Georgia Stein, mannequin et fondatrice de «The all sizes catwalk» (podium pour toutes les tailles) qui organise depuis trois ans le défilé des mannequins atypiques. Le «body positive», c’est «un mouvement pour soi et pour autrui», qui permet de «lutter contre les préjugés» et «d’accepter les aléas de la vie».

Quand elle défile ou qu’elle pose devant les objectifs des photographes, Caroline Ida Ours y «va la tête haute». «J’emmène avec moi toutes les femmes de plus de 50 ans pour montrer qu’on est là, qu’on existe». Et «les jeunes femmes disent «merci, on n’a pas peur de vieillir grâce à toi».»

(AFP)

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