16.10.2020 à 21:52

Recherche scientifiqueLes mauvaises attitudes influencent les odeurs ressenties

L’Université de Genève a établi une corrélation entre les comportements malsains et la réponse cérébrale liée au dégoût.

L’étude genevoise publiée dans Science Advances démontre que ces jugements sont liés à la puanteur  (photo d’archive).

L’étude genevoise publiée dans Science Advances démontre que ces jugements sont liés à la puanteur (photo d’archive).

KEYSTONE

Une étude réalisée par des scientifiques de l’Université de Genève (UNIGE) montre que les comportements malsains déclenchent des réponses similaires à celles provoquées par les mauvaises odeurs. Leur recherche a aussi mis en évidence un biomarqueur cérébral du dégoût.

Les mauvaises attitudes suscitent des jugements moraux issus des mécanismes de survie fondamentaux, indique l’UNIGE dans un communiqué. L’étude genevoise publiée dans Science Advances démontre que ces jugements sont liés à la puanteur.

Certaines études suggéraient déjà que le dégoût était impliqué, mais d’autres optaient pour la douleur. Les résultats de l’UNIGE tranchent pour la première option. Pour aboutir à cette conclusion, les scientifiques ont soumis des volontaires à de mauvaises odeurs ou à des douleurs provoquées par la chaleur.

Dilemme du train

«Tout le jeu consiste à évoquer un degré d’inconfort similaire avec les deux techniques afin de pouvoir travailler sur les mêmes niveaux», explique Corrado Corradi-Dell’Aqua, chercheur au Département de psychologie de l’UNIGE. Une fois ce travail de calibration fait, les participants ont été soumis à des lectures évoquant des jugements de valeur.

«Nous avons utilisé le dilemme du train où cinq personnes sont bloquées sur une voie de chemin de fer alors qu’un train arrive. La seule possibilité pour les sauver est de pousser une personne du haut d’un pont pour qu’elle entraine l’aiguillage pendant sa chute. Il faut donc tuer une personne pour en sauver cinq, une situation hautement immorale», explique le chercheur.

Réponse cérébrale

L’effet de cette lecture désagréable a influencé les odeurs ressenties et provoqué du dégoût, mais n’a pas influencé la douleur. Ce résultat est confirmé par l’activité électrodermale des participants, soit une mesure physiologique de la conductance électrique de la peau.

Le scientifique s’est ensuite intéressé à la réponse cérébrale par IRM. L’équipe genevoise s’est dotée d’une technique capable de prédire les traces du dégoût et de la douleur de l’activité cérébrale globale. Grâce à cet outil, elle a pu prouver que la réponse cérébrale au dégoût est influencée par un jugement moral antérieur.

(ats/nxp)

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