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SantéLes médecins appelés à diagnostiquer la fièvre Q

Les médecins de toute la Suisse doivent à nouveau déclarer tout diagnostic d'infection aiguë de la fièvre Q depuis jeudi dernier.

Photo d'illustration, AFP

Une mesure préventive demandée aux médecins afin de repérer suffisamment tôt une accumulation de cas et à réagir afin de protéger la population.

La fièvre Q ressemble, par ses symptômes, à la grippe, mais sans rhume ni maux de gorge. Elle peut entraîner des complications, telles que pneumonie, hépatite ou myocardite dans 1 à 2% des cas. Une infection chronique se déclare chez 1% des personnes touchées, indique l'Office fédéral de la santé publique (OFSP) dans la dernière édition de son bulletin hebdomadaire parue lundi.

Les animaux de rente et domestiques en souffrent aussi. L'homme s'infecte principalement en respirant la bactérie incriminée (Coxiella burnetii) ou par contact direct avec des animaux, en particulier lors de la mise bas ou d'un avortement. Plus rarement, c'est aussi possible par contact avec des produits ou des aliments d'origine animale contaminés, comme le lait non pasteurisé. La transmission interhumaine n'existe pratiquement pas.

Au-delà de 25 à la fin des années 80, le nombre de cas humain de la fièvre Q a baissé à 10 à 15 au début des années 90, et même à moins de cinq en 1999, année lors de laquelle les autorités avaient décidé de supprimer la déclaration obligatoire des cas par les médecins.

Bêtes plus touchées

Chez les animaux, l'obligation de déclaration des cas par les vétérinaires n'a jamais cessé. Ainsi 583 cas de fièvre Q ont été déclarés ces dix dernières années en Suisse. Depuis 2006, le nombre annuel moyen a passé d'une quarantaine à une septantaine.

Ils concernent avant tout des bovins (83%), mais aussi des caprins (11%) et des ovins (6%). Les autorités supposent cependant que le nombre de cas non déclarés est plus élevé pour les ovins et les caprins. Le risque de transmission est en outre aussi plus important avec des moutons ou des chèvres infectés qu'avec des vaches.

Deux dernières épidémies

C'est d'ailleurs un troupeau d'ovins qui est à l'origine de la dernière épidémie connue en Suisse, en juin dernier dans le canton de Vaud. Dix-sept cas aigus, dont dix ayant nécessité une hospitalisation, avaient été dénombrés.

Il faut remonter à 1983 pour trouver la précédente épidémie. Elle avait touché le Valais, plus de 400 cas ayant été enregistrés deux à trois semaines après la désalpe dans le Val de Bagnes. C'est avant tout la population vivant le long de la route empruntée par quelque 900 moutons qui avait été contaminée.

(ats)

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