21.06.2019 à 14:35

Révolution numériqueLes métiers administratifs et commerciaux menacés

La prochaine vague de numérisation, incarnée par l'intelligence artificielle, va impacter de nombreux secteurs de l'économie suisse.

Sous l'effet de l'automatisation, les emplois non qualifiés ne seront plus les seuls à disparaitre à l'avenir.

Sous l'effet de l'automatisation, les emplois non qualifiés ne seront plus les seuls à disparaitre à l'avenir.

AFP

Les métiers relevant de l'administratif et du commercial seront les plus menacés par la prochaine vague de numérisation, selon les orateurs invités vendredi à la 20e journée annuelle des entreprises de Lancy consacrée aux métiers du futur. La Suisse apparaît bien armée en vue de la prochaine vague de numérisation.

«Remplacer aussi le cerveau»

Sous l'effet de l'automatisation, les emplois non qualifiés ne seront plus les seuls à disparaitre à l'avenir. Le professeur d'économie Giovanni Ferro Luzzi cite la menace pesant sur les emplois administratifs et commerciaux.

Un constat partagé par Xavier Oberson, professeur de droit fiscal suisse et avocat, qui estime que tous les secteurs de l'économie vont être impactés au motif que «l'objectif de l'intelligence artificielle n'est pas seulement de remplacer des bras mais aussi le cerveau».

A titre d'exemple, M. Oberson a signalé la supériorité de la performance du robot-avocat Ross en matière de recherche juridique, dans le domaine du droit de la faillite, par rapport à celle des stagiaires généralement assignés à cette tâche répétitive qui nécessite rigueur et exhaustivité.

De l'avis de M. Ferro Luzzi, les emplois non routiniers et cognitifs seront, à moyen terme, les plus difficilement numérisables car l'intelligence sociale, la créativité, la persuasion, la conviction ou la flexibilité sont autant de compétences humaines qui font, pour le moment, défaut à la machine.

«Compétences transférables»

Les métiers à forte compétences sociales devraient à l'avenir avoir le vent en poupe. «Encore faut-il avoir certaines dispositions», a nuancé Xavier Oberson, qui a souligné la responsabilité «extrêmement lourde» du département de l'instruction publique en matière d'éducation des enfants.

Le conseiller d'Etat Mauro Poggia, à la tête du département de la sécurité, de l'emploi et du canton de Genève, a reconnu que «l'idée, pour le demandeur d'emploi, n'est plus de retrouver le même type de poste que celui qu'il a perdu, mais d'identifier des compétences transférables à un nouveau métier».

Pour les trois intervenants, la Suisse, en raison de sa capacité reconnue d'innovation, est bien armée pour absorber le prochain choc de la numérisation.

(ats)

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