19.02.2016 à 14:11

ItalieLes migrants utilisent des bateaux toujours moins solides

Malgré le soutien européen «satisfaisant», la situation «n'a pas changé en un an». Les migrants utilisent de plus en plus des bateaux pneumatiques dont l'état est «toujours pire».

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Une embarcation bascule dans la mer au large des côtes libyennes. Le cliché a été pris par les gardes-côtes italiens. (Dimanche 29 mai 2016)

Une embarcation bascule dans la mer au large des côtes libyennes. Le cliché a été pris par les gardes-côtes italiens. (Dimanche 29 mai 2016)

Marina Militare, Reuters
Un homme enroulé dans une couverture sur l'île de Lesbos, en Grèce, le 15 avril 2015. Le pape François et le patriarche de Constantinople Bartholomée se sont rendus sur l'île le 16. (Vendredi 15 avril 2016).

Un homme enroulé dans une couverture sur l'île de Lesbos, en Grèce, le 15 avril 2015. Le pape François et le patriarche de Constantinople Bartholomée se sont rendus sur l'île le 16. (Vendredi 15 avril 2016).

Keystone
Athènes a commencé jeudi à évacuer du port du Pirée des centaines de migrants. (Jeudi 31 mars 2016)

Athènes a commencé jeudi à évacuer du port du Pirée des centaines de migrants. (Jeudi 31 mars 2016)

Keystone

Nicola Carlone, chef des opérations des gardes-côtes italiens, est catégorique. Les moyens que les migrants utilisent ne sont pas «destinés à la navigation». Ils arrivent en Italie utilisent de plus en plus des bateaux pneumatiques dont l'état est «toujours pire».

Ces derniers mois, ils ont recours à des embarcations «pneumatiques» moins solides et «nous avons constaté qu'il y a moins de bateaux en bois», affirme dans un entretien à l'ats l'amiral qui a grandi dans le canton de Vaud.

Contrairement à la Grèce, le nombre de migrants qui débarquent en Italie n'a pas explosé depuis début janvier. La différence vient notamment de la distance entre la Grèce et la Turquie, de 5 à 6 kilomètres, alors que celle entre la Libye et l'Italie atteint jusqu'à 300 kilomètres.

Mer plus risquée et froide

Environ 80% des migrants arrivent en Grèce «de manière autonome». Alors que «nous devons aller secourir et tirer hors de l'eau» ceux qui viennent au large de l'Italie, explique l'amiral, en marge de la conférence humanitaire annuelle de l'Université Webster à Genève.

Autre élément nouveau, les Syriens n'empruntent plus la filière libyenne pour arriver en Europe. Un élément qui explique le recul par rapport à la même période en 2015. Mais la fermeture potentielle de frontières dans les Balkans pourrait en ramener certains sur ce trajet.

Avec l'hiver, la situation est difficile pour les migrants. La mer est «plus risquée» et les températures sont plus basses. Jeudi, une centaine de personnes sur une embarcation égyptienne ont pu être sauvées dix minutes avant le naufrage de leur bateau.

En été, les opérations durent pendant des semaines. M. Carlone s'attend encore à un nombre de migrants important cette année. «Nous sommes prêts à mener nos opérations», affirme-t-il.

Plus de 1300 militaires

«Mais on ne peut pas couvrir une mer grande comme trois ou quatre nations avec nos navires». Même si le nombre de bateaux a été renforcé par l'Union européenne (UE) et des ONG comme Médecins Sans Frontières (MSF), qui s'est toutefois retirée récemment de ces opérations.

M. Carlone est «suffisamment satisfait» de l'action EU Navfor Med qui a été lancée après une «prise de conscience» européenne. Elle est constituée de quatre navires, dont un porte-avions italien, de quatre avions, et de plus de 1300 militaires de 22 pays.

Pour autant, la seule solution pour éviter les décès des migrants serait «de ne pas les laisser partir». Les navires marchands ont eux été moins réquisitionnés et l'activité commerciale moins touchée. Depuis début janvier, plus de 6000 migrants sont arrivés en Italie.

(ats)

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