07.05.2019 à 23:18

Les militaires veulent maintenir la charia

Soudan

Le Conseil militaire au Soudan compte conserver la loi islamique (charia) comme source de la législation.

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Au total 27 agents de renseignement ont été condamnés à mort pour le meurtre d'un enseignant durant la crise politique soudanaise. (Lundi 30 décembre 2019)

Au total 27 agents de renseignement ont été condamnés à mort pour le meurtre d'un enseignant durant la crise politique soudanaise. (Lundi 30 décembre 2019)

AFP
Un tribunal de Khartoum doit rendre samedi son verdict à l'encontre de l'ex-président soudanais Omar el-Béchir, accusé de corruption. (Samedi 14 décembre 2019)

Un tribunal de Khartoum doit rendre samedi son verdict à l'encontre de l'ex-président soudanais Omar el-Béchir, accusé de corruption. (Samedi 14 décembre 2019)

AFP
Un juge soudanais a fixé samedi au 14 décembre le verdict dans le procès pour corruption du président déchu Omar al-Béchir. (Samedi 16 novembre 2019)

Un juge soudanais a fixé samedi au 14 décembre le verdict dans le procès pour corruption du président déchu Omar al-Béchir. (Samedi 16 novembre 2019)

AFP

Le Conseil militaire au Soudan a affirmé mardi que la loi islamique (charia) devait rester la source de la législation. Il reproche aux chefs civils de la contestation d'avoir omis de la mentionner dans leurs propositions sur une période de transition.

La semaine dernière, les chefs des manifestants avaient remis aux dix membres du Conseil militaire les propositions sur la forme des institutions qu'ils souhaitent pour la période de transition.

Dans une conférence de presse à Khartoum, le porte-parole du Conseil militaire, le général Chamseddine Kabbachi, a déclaré que son organisme était d'accord avec la plupart de ces propositions mais qu'il avait «beaucoup de réserves» sur d'autres. Il a cité en particulier l'absence de référence à la charia, qui était la source de la législation sous le régime du président déchu Omar el-Béchir.

Appliquée sous le régime de Béchir, la charia a conduit notamment à la flagellation de nombreuses femmes pour «comportement indécent», selon des défenseurs des droits humains. Les généraux ont pris le pouvoir après avoir évincé M. Béchir le 11 avril, après des mois de protestation populaire contre son régime.

Plusieurs autres divergences

Par ailleurs, le général Kabbachi a déclaré que le Conseil militaire était d'avis que la déclaration de l'état d'urgence devait revenir à un «conseil souverain» et non au gouvernement comme le proposent les dirigeants des manifestants réunis au sein de l'Alliance de liberté et de changement (ALC).

Il a ajouté que la composition d'un «conseil souverain» n'a pas encore fait l'objet de discussions avec l'ALC. Le Conseil militaire et les chefs de l'ALC divergent sur la composition d'un tel conseil. L'ALC exige qu'il soit dominé et dirigé par des civils, et les généraux du Conseil militaire insistent pour y garder la main haute.

Autre point de désaccord, les civils veulent une période de transition de quatre ans alors que les militaires considèrent qu'elle peut être de deux ans seulement, selon le général Kabbachi.

Les manifestants déterminés

Avant la conférence de presse du Conseil, l'un des chefs de l'ALC, Mohmed Naji al-Assam, a indiqué que son alliance avait reçu la réponse des militaires et allait l'examiner. Il a réitéré l'opposition de l'ALC à toute participation des figures de l'ancien régime à la période de transition. «Le succès de la révolution repose sur le transfert du pouvoir à une autorité civile à part entière», a-t-il déclaré.

L'ALC tire sa force des milliers de manifestants qui campent depuis le 6 avril devant le QG de l'armée à Khartoum et qui demandent depuis le départ de Béchir un transfert du pouvoir à une administration civile.

(ats)

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