09.10.2013 à 16:48

GreenpeaceLes militants de Greenpeace inculpés pour «crimes graves»?

Des stupéfiants et des équipements suspects ont été découverts dans le navire de Greenpeace, affirment les autorités russes.

1 / 36
L'activiste de Greenpeace Marco Weber est de retour en Suisse. Il a pu quitter la Russie après avoir obtenu un visa de sortie. (30 décembre 2013)

L'activiste de Greenpeace Marco Weber est de retour en Suisse. Il a pu quitter la Russie après avoir obtenu un visa de sortie. (30 décembre 2013)

Keystone
La justice russe a mis fin à de nouvelles poursuites contre des militants de Greenpeace inculpés après une action dans l'Arctique, dont le Zurichois Marco Weber. (25 décembre 2013)

La justice russe a mis fin à de nouvelles poursuites contre des militants de Greenpeace inculpés après une action dans l'Arctique, dont le Zurichois Marco Weber. (25 décembre 2013)

Keystone
La Russie amnestie les 30 activistes de Greenpeace, dont le Zurichois Marco Weber et le groupe contestataire Pussy Riot et. (18 décembre 2013)

La Russie amnestie les 30 activistes de Greenpeace, dont le Zurichois Marco Weber et le groupe contestataire Pussy Riot et. (18 décembre 2013)

Keystone

Le comité d’enquête russe a annoncé mercredi préparer de nouvelles inculpations pour «crimes graves» à l’encontre de certains membres de l’équipage du navire de Greenpeace. Des stupéfiants et des équipements suspects y ont été découverts, affirment les autorités russes.

«Il est clair que certaines personnes impliquées vont être inculpées d’autres crimes graves», a déclaré le comité d’enquête dans un communiqué. Il a ajouté que les inculpations pour piraterie, déjà formulées à l’encontre des 30 membres d’équipage de l’Arctic Sunrise, allaient devoir être «rectifiées». «Des produits stupéfiants (apparemment du pavot et de la morphine) ont été saisis à bord», a-t-il précisé. Il a indiqué rechercher d’où venaient et à quoi étaient destinés ces produits.

Ces accusations sont «tout bonnement ridicules», a assuré Nathalie Favre, porte-parole de Greenpeace Suisse. «Le bateau battait pavillon hollandais, et selon les lois néerlandaises certains médicaments doivent être à bord en cas d’urgence», a-t-elle expliqué, ajoutant que «les autorités russes veulent semer le doute, décrédibiliser».

Les nouvelles allégations des autorités russes «cherchent à détourner l’attention de l’outrage international que constitue l’emprisonnement des militants», a écrit mercredi Greenpeace International dans un communiqué. L’organisation précise qu’un médecin qualifié se trouvait à bord de l’Arctic Sunrise, avec plus de dix ans d’expérience dans les hôpitaux russes.

Le navire de Greenpeace mouille dans la rade du port russe de Mourmansk et a été placé sous scellés judiciaires. Selon Nathalie Favre, le cabinet fermé à clé contenant les médicaments a dû être ouvert de force: «et maintenant les Russes disent que c’est de la drogue», a-t-elle déploré. «Avant de quitter la Norvège, l’Arctic Sunrise a pourtant été contrôlé de fond en comble avec des chiens.»

«Technologies duales»

Le comité d’enquête ajoute avoir saisi à bord divers équipements et documents. «Il est d’ores et déjà établi qu’une partie des équipements saisis relève de technologies duales et pouvaient n’être pas utilisés seulement à des fins écologistes», note le porte-parole dans le communiqué. Le terme de technologies duales désigne habituellement des technologies à la fois civiles et militaires.

L’enquête est également «en train d’identifier les individus qui ont volontairement éperonné les embarcations des gardes-côtes, portant ainsi atteinte à la vie et à la santé des représentants de la force publique», souligne le comité d’enquête. Commandos russes

L’Arctic Sunrise avait été arraisonné en mer de Barents (Arctique) après que deux membres de l’équipage, équipés de canots pneumatiques, ont abordé une plate-forme pétrolière russe et tenté de l’escalader, selon eux, pour y implanter une banderole dénonçant les risques écologiques. L’action a été menée par une Finlandaise et un Suisse. Celui-ci escaladait la plate-forme lorsqu’il a été arrêté.

Les membres de Greenpeace ont été interceptés le lendemain par des commandos de gardes-côtes, eux-mêmes équipés de canots pneumatiques, et qui ont tiré des coups de semonce. Ils ont été incarcérés à Mourmansk et dans la région. Greenpeace Suisse n’a pas pu dire si le Suisse de 28 ans était concerné par les inculpations à l’étude.

(ats)

Votre opinion

Trouvé des erreurs?Dites-nous où!