Allemagne - Les ministères de la Justice et des Finances perquisitionnés
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AllemagneLes ministères de la Justice et des Finances perquisitionnés

Ces perquisitions s’inscrivent dans le cadre d’une enquête pour non-transmission à la justice d’éléments concernant un blanchiment d’argent présumé.

Le ministre allemand des Finances et vice-chancelier Olaf Scholz.

Le ministre allemand des Finances et vice-chancelier Olaf Scholz.

AFP

Des locaux des ministères allemands de la Justice et des Finances ont été perquisitionnés jeudi à Berlin, dans le cadre d’une enquête sur la non-transmission à la justice d’éléments concernant un blanchiment d’argent présumé, a annoncé le parquet. Les investigations menées depuis février 2020 visent l’Office central d’enquêtes sur les transactions financières (FIU), basé à Cologne et chargé de lutter contre le blanchiment d’argent, a précisé le parquet d’Osnabrück (ouest), en charge de l’enquête. Cet office est placé sous la tutelle du ministère des Finances, dirigé par Olaf Scholz, chef de file des sociaux-démocrates (SPD) aux législatives du 26 septembre.

Les perquisitions ont été menées dans le cadre d’une enquête sur «des soupçons de blanchiment d’argent se chiffrant en millions d’euros» n’ayant «pas été transmis à la police et à la justice». Le point de départ de l’enquête, en 2020, a été la «déclaration d’activité suspecte faite par une banque sur des paiements à destination de l’Afrique d’un montant supérieur à un million d’euros». Ce rapport, reçu par le FIU, n’a «pas été transmis aux autorités judiciaires», ce qui a empêché «l’arrêt de ce paiement», selon le parquet. Or, cette transaction «avait pour toile de fond du trafic d’armes et de drogues ainsi que du financement de terrorisme», indiquait la banque dans son rapport.

La justice souhaite «vérifier si et, le cas échéant, dans quelle mesure, la direction et les responsables des ministères ont été impliqués dans les décisions de la FIU». Dans un communiqué, le ministère des Finances a indiqué «soutenir pleinement les autorités», affirmant que ces soupçons «ne sont pas expressément dirigés contre ses agents».

Critiques envers Olaf Scholz

Ces perquisitions tombent au moment où Olaf Scholz, numéro deux du gouvernement, est en tête des sondages pour les élections qui doivent désigner le successeur d’Angela Merkel à la chancellerie. Les partis d’opposition se sont saisis de l’affaire pour critiquer Olaf Scholz. «Le chaos qui règne au FIU existe depuis que le ministère des Finances en a pris la responsabilité», ont accusé les élus écologistes Lisa Paus et Irene Mihalic dans un communiqué commun. Eckhardt Rehberg, du parti conservateur CDU d’Angela Merkel, a déclaré au portail d’information t-online qu’Olaf Scholz et Christine Lambrecht, ministre SPD de la Justice, «portent la responsabilité politique de ces événements».

Visiblement irrité par les perquisitions, Olaf Scholz a commenté l’opération en disant que les procureurs «auraient pu lui poser leurs questions par écrit», selon «Die Welt». Déjà l’an dernier, les carences du système allemand de régulation financière, placé sous la direction de son ministère, avaient été mises en cause dans l’affaire Wirecard. Cette société de paiements en ligne avait dû avouer en juin 2020 que 1,9 milliard d’euros inscrits dans ses comptes n’existaient pas, entraînant l’un des plus grands scandales financiers de l’histoire récente du pays.

Version originale publiée sur 20min.ch.

(AFP)

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