Putsch avorté: Les ministres retournent au travail au Burkina Faso
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Putsch avortéLes ministres retournent au travail au Burkina Faso

Symbole du retour des autorités de transition, le Conseil des ministres, interrompu il y a une semaine par un coup d'Etat, s'est réuni vendredi à Ouagadougou.

Le président de la transition Michel Kafando.

Le président de la transition Michel Kafando.

Keystone

Rétabli après l'échec du putsch, le gouvernement de transition s'est réuni midi dans les bureaux du premier ministre Isaac Zida. D'importantes mesures de sécurité avaient été mises en place aux alentours. «Bienvenus chez vous», a déclaré Job Ouedraogo, le directeur de cabinet du Premier ministre, au passage des ministres. Dans le même temps, le processus de désarmement des putschistes a commencé, non sans frictions.

Le 16 septembre, c'est en plein conseil des ministres à la présidence que des soldats du Régiment de sécurité présidentielle (RSP), dont le camp jouxte le palais présidentiel, avaient fait irruption. Ils avaient pris président et gouvernement en otage, sonnant le départ du putsch, officiellement prononcé le lendemain.

A la sortie du conseil, vers 16h30, M. Zida a évoqué face à la presse «l'encasernement des hommes, leur réintégration et l'inventaire de l'armement (...) Le processus se déroule normalement», a-t-il assuré. Et à la question «Quand?», il a répondu: «Immédiatement».

Commission d'enquête

Il a laissé entendre qu'une «commission d'enquête sur le déroulement» du coup d'Etat sera mise en place. «Ceux qui auront à répondre devant la justice y répondront», a-t-il poursuivi. «Le couvre-feu va se poursuivre deux à trois jours», a encore déclaré le Premier ministre burkinabè.

Avant le début du conseil, le président de la transition Michel Kafando, M. Zida et le président du Conseil national de la transition (parlement) s'étaient entretenus pendant environ une heure.

Inventaire de l'armement

Parallèlement, a débuté un premier inventaire de l'armement du RSP, dirigé par le général putschiste Gilbert Diendéré. Ensuite, les armes du RSP devaient «réintégrer» les casernes.

Pourtant vendredi, ce désarmement ne semblait pas acquis, selon un haut gradé du RSP. Ainsi, les militaires de base du RSP, établis à la caserne Naaba Koom proche de la présidence, s'y «sont catégoriquement opposés», réclamant au préalable des garanties de sécurité pour eux et leurs familles.

Dix morts, 100 blessés

«Ils ne sont pas contre de ne plus assurer la sécurité présidentielle, mais ils souhaiteraient rester en unité constituée pour être plus efficaces même s'il faut les délocaliser», a encore dit ce haut gradé. De source proche du dossier, la base du RSP a été particulièrement active dans la décision de lancer le coup d'Etat.

Le putsch a avorté il y a dix jour après que des unités loyalistes eurent fait mouvement vers la capitale pour s'opposer au RSP. Des violences ont fait au moins 10 morts et plus de 100 blessés, lors de la répression de manifestations hostiles au coup d'Etat.

Elections générales

Michel Kafando a été officiellement rétabli dans ses fonctions, ainsi que le Premier ministre Zida, l'ensemble du gouvernement et l'assemblée intérimaire lors d'une cérémonie jeudi à Ouagadougou en présence de chefs d'Etat de la région.

Le putsch avait mis un coup d'arrêt à l'organisation d'élections générales prévues le 11 octobre et censées clore la période de transition ouverte par la chute de l'ex-président Compaoré le 31 octobre 2014. Ce dernier a été renversé lors de manifestations de rue contre une modification de la Constitution qui lui aurait permis de rester au pouvoir.

(ats)

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