Les moustiques ont un flair incroyable pour repérer les humains

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ScienceLes moustiques ont un flair incroyable pour repérer les humains

Des chercheurs ont découvert que ces insectes avaient un odorat hypersophistiqué. Cette trouvaille pourrait aider à mieux les piéger.

par
Michel Pralong
Le moustique nous sent grâce à notre odeur, notre chaleur et notre dégagement de dioxyde de carbone.

Le moustique nous sent grâce à notre odeur, notre chaleur et notre dégagement de dioxyde de carbone.

Getty Images/iStockphoto

L’animal qui fait le plus de victimes humaines par année est le moustique. Et même dans les régions où il ne véhicule pas des maladies graves, il reste une nuisance en tant que suceur de sang.

Le moustique Aedes aegypti a une proie favorite: l’être humain. Les scientifiques pensent que cela s’est fait au fil de l’évolution, l’homme s’établissant souvent près d’eau douce et c’est précisément en eau douce que les femelles pondent leurs œufs. Un voisinage qui a arrangé ces dernières.

Pour localiser un humain, le moustique se base sur trois facteurs: son odeur corporelle, sa chaleur et son émission de dioxyde de carbone. Les scientifiques pensaient que, comme les autres animaux, les moustiques avaient un ensemble spécifique de neurones qui détectent chaque type d’odeur. Mais à leur grande surprise, ils ont découvert que cela n’était pas le cas, comme le rapporte le «Guardian».

Perdre un récepteur n’affecte pas son flair

«Nous avons constaté qu’il y a une réelle différence dans la façon dont les moustiques codent les odeurs qu’ils rencontrent par rapport à ce que nous avons appris des autres animaux, a déclaré Meg Younger, professeur adjoint de biologie à l’Université de Boston et l’un des principaux auteurs de l’étude parue dans «Cell». Au lieu d’avoir un seul type de récepteur exprimé dans chaque neurone, chez le moustique, différents récepteurs peuvent répondre à différentes odeurs dans le même neurone». Ce qui explique pourquoi les moustiques sont toujours capables de nous repérer même quand les scientifiques enlèvent de leur génome des protéines sensibles à l’odeur humaine. Perdre un ou plusieurs récepteurs ne leur fait pas perdre leur faculté à flairer l’homme.

Ce qui s’est certainement avéré être une arme pour la survie du moustique pourrait paradoxalement servir à le combattre. En comprenant comment leur cerveau fonctionne pour nous renifler, on pourrait s’en servir pour éviter les piqûres.

«L’une des principales stratégies de lutte contre les moustiques consiste à les attirer vers des pièges. Si nous pouvions utiliser ces connaissances pour comprendre comment l’odeur humaine est représentée dans les antennes et le cerveau des moustiques, nous pourrions développer des mélanges plus attrayants que nous pour les moustiques. Nous pourrions également développer des répulsifs qui ciblent les récepteurs et les neurones qui détectent les odeurs humaines», a déclaré Younger.

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