Actualisé 21.02.2020 à 05:29

Les moutons sont de retour, les voleurs courent toujours

Vaud

Les 24 moutons volés à Vevey le soir de la St-Valentin sont de retour chez l'éleveur Christophe Gavin. L'enquête sur le méfait, elle, continue.

par
lematin.ch
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C'est après le coucher du soleil, jeudi 20 février 2020, que Christophe Gavin a acheminé ses animaux à Vevey. Il les a récupéré d'un éleveur à Faoug, qui les avait acheté bien malgré lui aux voleurs, les seuls moutons noirs de l'histoire.

C'est après le coucher du soleil, jeudi 20 février 2020, que Christophe Gavin a acheminé ses animaux à Vevey. Il les a récupéré d'un éleveur à Faoug, qui les avait acheté bien malgré lui aux voleurs, les seuls moutons noirs de l'histoire.

lematin.ch/Sébastien Anex
Il a fallu deux remorques pour transporter toutes les brebis.

Il a fallu deux remorques pour transporter toutes les brebis.

lematin.ch/Sébastien Anex
A l'arrière de la bétaillère, les moutons s'impatientaient de sortir et...

A l'arrière de la bétaillère, les moutons s'impatientaient de sortir et...

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Après le coucher du soleil jeudi soir, Angélique était forcément aux anges: cette gamine de dix ans a retrouvé sa brebis «Cœur d'amour»! Après le vol d'un troupeau à Vevey, l'enfant était inconsolable dimanche dernier: «C'était la mienne depuis 4 ans. Quand je l'appelais, elle venait. Elle était hyper câline», confiait-elle au «Matin.ch».

Son petit frère Marc (7 ans) est tout aussi heureux du retour de sa «Martine». C'est davantage que l'entier du troupeau qui a été ramené au bercail veveysan jeudi soir par l'éleveur Christophe Gavin (45 ans), puisque deux agneaux sont nés après le vol commis la nuit de la St-Valentin.

Deux bémols constatés jeudi soir ne font pas trop ombrage au plaisir retrouvé: les agneaux sont mystérieusement passés de 13 à 12, la faute peut-être à un renard. Et ce que l'éleveur craignait est arrivé: les cloches des brebis ont disparu. Une perte évaluée à 800 francs.

Garde assurée

Le marchand de Faoug (VD) qui avait racheté le lot pour pas cher samedi dernier n'a pas seulement pris soin des deux agneaux nés chez lui: «Il s'est très bien occupé de tout mon troupeau», témoigne Christophe Gavin.

Mécanicien automobile passionné d'élevage, Christophe Gavin ne pouvait pas reprendre son troupeau avant jeudi, travail oblige. Mais le marchand qui a acheté ses moutons volés, sans le savoir, a aimablement accepté d'assurer leur garde pendant cinq jours.

16 moutons épargnés

Les enfants Angélique et Marc étaient du voyage de retour avec France-Anne Perret, la compagne de l'éleveur. «Mes moutons ne semblent pas avoir été stressés: le troupeau est très calme», a rapporté Christophe Gavin sur le chemin du retour.

Ses protégés de race «Blanc des Alpes» et «Tête noire» ont débarqué au lieu-dit Gilamont à la tombée de la nuit. Direction l'étable: «Je veux les observer et les trier avant de les remettre dans la prairie, où 16 moutons ont été épargnés par les voleurs», dit-il, convaincu que «tout va rentrer dans l'ordre».

Barrettes changées

Jeudi à Faoug, la police vaudoise a établi un rapport attestant du retour des moutons volés, mais elle n'a rien communiqué sur l'enquête. Le marchand qui a alerté la police samedi a fourni deux numéros de téléphone portable utilisés par le voleur et son complice, mais l'enquête repose aussi sur les barrettes d'identification changées par les voleurs.

«Les barrettes ne sont délivrées qu'à des éleveurs enregistrés», indique Peppino Beffa, président de la Fédération suisse d'élevage ovin. De fait, celui qui a commandé les numéros fixés sur les 24 moutons volés peut être facilement identifié, ce qui n'en fait pas le voleur: «Les barrettes ont peut-être été dérobées chez un éleveur», indique Peppino Beffa. Théoriquement, les moutons nés après le 1er janvier dernier en portent deux.

Vols massifs

Le président de la fédération ne considère toutefois pas le voleur comme un prédateur comparable au loup: «Moutons mais aussi vaches: des vols de bétail sont régulièrement signalés en Allemagne, mais plus rarement en Suisse», informe Peppino Beffa.

Si les vols massifs sont rares, chiper un agneau en le fourrant dans un sac à dos, c'est une pratique constatée par la fédération, par exemple «pour saigner un mouton avant une fête musulmane», selon un de ses membres.

Constat d'impuissance

Comment se prémunir des voleurs? Christophe Gavin a cadenassé son étable, mais ce n'est pas la solution aux yeux de Peppino Beffa: «Qu'arriverait-il en cas d'incendie? Ce serait la perte de tout le troupeau!», avertit le président de la fédération.

«On ne peut pas surveiller des moutons 24 heures sur 24 », reprend-il. Un constat d'impuissance qui sera peut-être débattu lors de la prochaine assemblée générale de la fédération, le 29 février prochain.

Vincent Donzé

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