Actualisé 12.06.2020 à 09:17

Les mouvements féministes dans la rue dimanche

Grève

La grève féministe fait son retour dimanche. Les organisations appellent à descendre dans la rue, car elles estiment que la pandémie a renforcé les raisons qui les ont amenés à faire grève il y a un an.

Le 8 mars dernier à Lausanne, lors de la Journée internationale des droits des femmes, les manifestantes ont déjà donné le ton de cette grève des femmes édition 2020.

Le 8 mars dernier à Lausanne, lors de la Journée internationale des droits des femmes, les manifestantes ont déjà donné le ton de cette grève des femmes édition 2020.

Christophe Bott, Keystone

Le vendredi 14 juin 2019, les rassemblements qui avaient regroupé plusieurs centaines de milliers de personnes à travers la Suisse, avaient donné lieu à des revendications tous azimuts. L'Union syndicale suisse (USS) mettait l'accent sur l'égalité dans le monde du travail, tandis que Caritas déplorait le fait que la pauvreté touche davantage les femmes que les hommes en Suisse. Amnesty International souhaitait de son côté attirer l'attention sur l'ampleur des violences sexuelles à l'égard des femmes.

15h24

La pandémie de Covid-19 a renforcé les raisons menant à faire grève il y a un an, peut-on lire sur la page internet annonçant la journée de grève. Sexisme, racisme, homo- et transphobie, violences sexuelles, discriminations et exploitation «se sont renforcés avec la crise sanitaire et avec la crise économique qui lui emboîte le pas».

A 15h24, l'instant à partir duquel les femmes ne sont plus payées, selon les statistiques de la différence salariale entre les sexes, le collectif appelle la population à occuper l'espace sonore et à brandir des pancartes. La sortie de la crise sanitaire doit être féministe, résume le collectif.

Dimanche, ce sont 194 évènements prévus aux quatre coins de la Suisse qui sont annoncés sur le site www.14juin.ch. Vingt-sept se tiendront dans l'arc lémanique, six en Valais et 12 au moins le long de l'arc jurassien. Dans le canton de Fribourg, les manifestants sont attendus dans la capitale.

Quinze revendications

La Coordination romande des Collectifs pour la grève féministe et des femmes a élaboré 15 revendications pour une sortie féministe et écologique du Covid-19. L'essentiel des revendications se rapprochent de celles des partis de gauche et des syndicats. Avec la crise due au coronavirus, les demandes concernant le secteur de la santé, l'économie domestique et la violence domestique sont plus appuyées pour ce 14 juin 2020. Il est demandé d'investir 60 milliards de francs dans les services publics, soit la même somme que celle investie par la Confédération en raison de la crise. A terme, toute la chaîne sanitaire doit être un service public «et cesser d'être soumise à la logique du profit».

Revendications et garanties

Si la pandémie a mis sous pression le milieu hospitalier, elle a également frappé de plein fouet les employés de l'économie domestique, dont beaucoup se sont retrouvés sans travail et sans salaire du jour au lendemain. Pour remédier à cette situation, la Coordination réclame un fonds national qui garantisse une allocation de chômage à celles qui travaillent dans ce secteur, quel que soit leur statut.

Par ailleurs, le coronavirus «a imposé de nouveau le silence sur la violence machiste», estime le collectif, qui considère que cette violence continue et s'aggrave à cause du confinement. Il juge qu'il faut débloquer des fonds à tous les niveaux pour ouvrir des centres pour les mineures et les femmes dans toutes les communes pour y trouver protection, recevoir des conseils et pouvoir échanger.

Les dispositions concernant les personnes à risque sont considérées comme insuffisantes, en particulier pour les femmes enceintes. Ces personnes doivent pouvoir rester chez elles et avoir une allocation perte de gain jusqu'à la fin de la pandémie si elles ne peuvent pas travailler à distance.

Femmes sous-représentées

Enfin, le collectif insiste sur la représentation paritaire des femmes dans toutes les institutions politiques et les organes décisionnels de l'Administration fédérale, cantonale et communale. Récemment, plus d'une vingtaine d'organisations féminines ont demandé dix sièges pour des femmes dans l'état-major du Conseil fédéral chargé de gérer la crise du coronavirus (EMCC). Elles ont pointé du doibgt leur sous-représentation dans la prise de décision.

(ats)

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