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Discrimination religieuseLes musulmans de Suisse organisent leur «parlement»

Les deux principales organisations musulmanes de Suisse prennent leur destinée en mains. «Umma Suisse» pourrait voir le jour dès 2013.

Le manque d’infrastructures islamiques et l’enseignement religieux constituent les principaux problèmes auxquels les musulmans sont confrontés en Suisse.

Le manque d’infrastructures islamiques et l’enseignement religieux constituent les principaux problèmes auxquels les musulmans sont confrontés en Suisse.

AFP

Comme décidé il y a près d’un an, les organisations préparent l’élection d’une sorte de parlement représentatif de tous les musulmans vivant en Suisse.

En arabe, Umma signifie «communauté de tous les musulmans». Pour l’heure une commission composée de spécialistes en droit public et de juristes islamiques planche sur les statuts en veillant à respecter le droit fédéral et les législations cantonales.

Ses travaux devraient être prêts d’ici l’été, a dit mardi Farhad Afshar, président de la Coordination des organisations islamiques de Suisse (KIOS).

Election-test

Une élection-test est envisagée à l’automne à Bâle-Ville. Le KIOS et son partenaire, la Fédération des organisations islamiques de Suisse (FOIS) ont choisi ce canton parce qu’il s’agit d’un petit territoire avec une forte présence musulmane, a précisé Farhad Afshar.

Si tout se passe bien, des élections au niveau suisse pourraient se dérouler à l’hiver prochain. Tout musulman domicilié en Suisse, quelque soit sa nationalité, pourra être candidat dès lors qu’il accepte les statuts, souligne le président du KIOS.

Représentatif des quelque 400’000 musulmans de Suisse, Umma permettrait à ces derniers de parler d’une seule voix et de transmettre leurs demandes aux instances politiques suisses, voire aussi de donner des recommandations lors de votations.

En s’unissant, les associations visent à être mieux reconnues par l’Etat et par la population. Le manque d’infrastructures islamiques et l’enseignement religieux constituent les principaux problèmes auxquels les musulmans sont confrontés, selon M. Afshar.

Séparation Eglises-Etat

Ce dernier n’attend pas que l’Etat intervienne dans la création d’une faîtière musulmane. Il respecte la séparation claire entre Eglises et Etat qui prévaut en Suisse. Chef du Service de lutte contre le racisme au Département fédéral de l’intérieur (DFI), Michele Galizia ne dit rien d’autre. Le dialogue avec la communauté musulmane entrepris en 2009 par la Confédération n’a pas lieu avec les organisations, mais avec la société civile, avec la population musulmane de Suisse, religieuse ou laïque, suisse ou étrangère.

Il va se pousuivre en 2012. «Nous inviterons nos partenaires à réfléchir à la mise en oeuvre aux niveaux cantonal et communal du document finalisé par consensus fin 2011», ajoute Michele Galizia.

Ce dernier ne partage pas l’analyse de l’Organisation pour la sécurité et la coopération en Europe (OSCE). Dans son rapport publié mardi, l’OSCE affirme que le fait que les musulmans reconnaissent leur incapacité à créer une organisation faîtière ne devrait pas être une excuse à l’inaction du gouvernement.

Affaire des cantons

Le dialogue avec les communautés religieuses n’est pas l’affaire de Berne, mais des cantons. La Confédération ne fait pas du tout pression sur les musulmans pour qu’ils se fédèrent. Elle ne le demande pas non plus aux chrétiens.

Quand les experts de l’OSCE évoque l’incapacité des organisations musulmanes de Suisse à se fédérer, ils se réfèrent au Conseil central islamiste suisse (CCIS) de Nicolas Abdullah Blancho. Le CCIS a du reste été parmi les premiers interlocuteurs qu’ont rencontrés les experts de l’OSCE, a précisé Abdullah Blancho.

Le CCIS a connaisance de l’idée de créer un Umma depuis 2009, a précisé Abdullah Blancho. «Mais nous n’avons pas été informés sur les détails de mise en oeuvre de ce projet, et nous ne voyons pas comment il pourrait être réalisé, vue que les organisations ne posèdent ni les moyens financiers, ni les structures nécessaires pour appliquer un tel projet».

(ats)

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