30.08.2017 à 20:43

ReligionLes musulmans entament le pèlerinage à La Mecque

Plus de deux millions de musulmans se sont mis en marche lors de la première journée du pèlerinage mercredi, sur fond de crise dans le Golfe.

Plus de deux millions de musulmans de 168 nationalités ont entamé mercredi le grand pèlerinage à La Mecque: un parcours en plusieurs étapes qui se déroule au coeur de la première ville sainte de l'islam et dans ses environs.

Parer à toute éventualité

Les autorités saoudiennes ont mobilisé d'importants moyens, dont 100'000 membres des forces de sécurité. Elles se sont dites prêtes à parer à toute éventualité alors qu'il y a deux ans, une gigantesque bousculade avait fait près de 2300 morts.

Au cours de la journée et dans la soirée, des fidèles gagnaient déjà la plaine aride d'Arafat où ils passeront la nuit avant l'ascension du mont qui la domine, point culminant du pèlerinage. Une brise chaude fouette le visage des premiers arrivés en route vers les tentes dressées spécialement pour l'évènement.

Plus tôt dans la journée, avant de quitter La Mecque, des milliers de pèlerins effectuaient les sept tours rituels autour de la Kaaba. Cette construction cubique est enveloppée d'une lourde étoffe de soie noire brodée au fil d'or de versets coraniques. C'est dans sa direction que les musulmans du monde entier se tournent pour prier et autour de laquelle les pèlerins effectuent le tawâf.

Améliorations

Sur l'esplanade de la Grande mosquée, appelée en arabe Masjid al-Haram (la mosquée sacrée), des brumisateurs rendent la chaleur plus supportable. Plusieurs fois dans la journée, des équipes bien rodées d'employés, majoritairement asiatiques, nettoient l'esplanade, à coups de jets d'eau.

Cette année, le pèlerinage est marqué par le retour des fidèles iraniens, absents l'an dernier. La bousculade meurtrière de 2015 avait fait 464 victimes iraniennes et, quelques mois plus tard, Ryad et Téhéran avaient rompu leurs relations après l'exécution d'un dignitaire chiite en Arabie et l'attaque de missions diplomatiques saoudiennes en Iran.

«Assurer la sécurité des pèlerins est notre priorité», a insisté mardi le général Mansour Al-Turki, porte-parole du ministère de l'Intérieur.

Crise dans le Golfe

Le hajj intervient aussi dans un contexte de crise diplomatique entre l'Arabie saoudite et ses alliés d'un côté, et le Qatar de l'autre. Les premiers reprochent au petit émirat gazier son soutien à des groupes extrémistes et son rapprochement avec l'Iran, grand rival régional de Ryad.

Le boycott imposé au Qatar depuis le 5 juin, qui comprend notamment la fermeture des liaisons maritimes et aériennes, a empêché de nombreux Qataris de venir au hajj cette année. Ryad a finalement assoupli les conditions d'entrée par la voie terrestre à deux semaines du pèlerinage.

Le moment fort du hajj aura lieu jeudi avec l'ascension du mont Arafat pour une journée de prières et d'invocations.

46% de femmes

A la veille des premiers rites, les allées marchandes ne désemplissaient pas à La Mecque. Une jeune femme installée à la table d'un grand glacier prie, assise, les mains croisées posées sur les genoux.

Des effluves de musc embaument les allées. Gandouras, farachas et jellabas, les tenues traditionnelles dans les pays d'origine des pèlerins, aux couleurs chatoyantes font fureur. Les femmes représentent 46% des fidèles arrivés de l'étranger, a indiqué mercredi le Département de l'Immigration dans un communiqué relayé par l'agence officielle SPA.

(ats)

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