JO 2016: Les nageurs US ont inventé leur braquage

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JO 2016Les nageurs US ont inventé leur braquage

L'histoire du braquage de Ryan Lochte et de ses compatriotes par de faux policiers à Rio serait fausse.

Les nageurs olympiques américains qui prétendaient avoir été braqués par de faux policiers armés dans la nuit de dimanche à Rio, se seraient en fait pris le bec avec le vigile d'une station service dont ils avaient endommagé les toilettes après une soirée arrosée.

Selon la police, «ils se sont arrêtés à une station service, sont allés aux toilettes, et ce que la vidéosurveillance montre, c'est que l'un d'entre eux a littéralement vandalisé les toilettes, brisant des miroirs et des objets à l'intérieur». Deux vigiles sont intervenus, ont appelé la police et ont demandé aux athlètes d'attendre, exigeant qu'ils remboursent les dégâts.

A un moment, un vigile «a pointé son arme vers eux car un membre du groupe avait un comportement violent», en l'occurrence Lochte, six fois médaillé d'or olympique durant sa carrière, a indiqué le policier. Les nageurs ne voulaient pas attendre la police et ont fini par donner de l'argent aux vigiles avant de remonter dans leur taxi.

A leur arrivée à la station service, «ils ont commencé à pisser partout», a raconté le gérant de la station service à un journaliste de G1, site du groupe de presse Globo. «Il y a même des images de l'arrière de l'un d'eux en train de baisser son pantalon. On leur a dit d'aller aux toilettes mais ils ont pissé sur le mur», a ajouté le gérant. «Nous pouvons affirmer que les athlètes n'ont pas été volés» et que «les images de vidéo-surveillance ne montrent aucun type de violence à leur égard», a assuré le chef de la police.

Pas de détention

La juge chargée du dossier avait ordonné mercredi la saisie des passeports des quatre nageurs, décelant des «incohérences» dans leur version initiale. «Les victimes sont rentrées physiquement et mentalement en pleine forme, au point de plaisanter entre eux», à leur arrivée au Village olympique, avait souligné la juge Keyla Blank, en s'appuyant sur des images de vidéo-surveillance.

«Ils ont accepté de collaborer avec l'enquête. Deux sont interrogés, et la version du premier coïncide avec les témoignages. Personnellement, je ne vois donc plus de nécessité de les garder au Brésil, mais c'est la juge qui décidera», a ajouté le chef de la police. «En théorie, l'un d'eux, ou le groupe entier, pourrait être inculpé pour dénonciation mensongère de délit, et dégradation de biens privés à la station service», a-t-il souligné. Mais même en cas de poursuites formelles, ce ne sont pas des délits «de nature à entraîner leur placement en détention», a-t-il ajouté Veloso.

Le comité organisateur des JO, lui, dédramatise. «Fichons la paix à ces gamins», a imploré Mario Andrada, porte-parole de Rio-2016, soulignant que les nageurs avaient été quatre ans sous pression pour être performants aux Jeux. «Ce sont des athlètes magnifiques, Lochte est l'un des plus grands nageurs de tous les temps. Ils ont fait une erreur, ça fait partie de la vie».

Faux policiers

L'affaire à rebondissements avait débuté dimanche. Ryan Lochte, 32 ans, raconte alors à la télévision américaine NBC avoir été braqué avec trois autres nageurs américains à l'aide d'une arme à feu par des faux policiers à l'aube à Rio. De retour d'une fête au Club France, dans la zone sud huppée de Rio où les athlètes français célèbrent leurs médailles, Gunnar Bentz, Jack Conger, James Feigen et lui-même auraient vu leur taxi stoppé par des faux policiers, assure-t-il.

L'incident déclenche une certaine confusion, le Comité international olympique (CIO) démentant dans un premier temps l'information en assurant avoir consulté le Comité olympique américain (Usoc). Mais un porte-parole américain, Patrick Sandusky, confirme ensuite l'agression. Cependant, la police a depuis soulevé des doutes sur la véracité du témoignage parfois contradictoire des nageurs et une juge a réclamé la confiscation de leur passeport mercredi.

Lochte a déjà regagné les Etats-Unis mais on ignore où se trouve son co-équipier James Feigen. Jack Conger et Gunnar Bentz ont été débarqués mercredi soir, quelques minutes avant que leur avion ne décolle de Rio de Janeiro à destination des Etats-Unis pour un nouvel interrogatoire jeudi.

(AFP)

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