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JuraLes narcisses ont eu le dernier mot

Le Damvant Festival, qui devait se dérouler du 18 au 20 août, a été annulé. Motif? Il mettait en danger un site où pousse la petite fleur blanche protégée.

par
Vincent Donzé
Pas de festival dans la Combe-de-Vaux:ses narcisses sont protégés depuis 1985.

Pas de festival dans la Combe-de-Vaux:ses narcisses sont protégés depuis 1985.

Bernadette Odiet

Un festival de musique techno et électronique devait se tenir pendant trois jours, du 18 au 20 août, sur des terrains loués à deux agriculteurs à la Combe-de-Vaux, en Haute-Ajoie (JU). Le site avait été choisi pour ses paysages verdoyants et spacieux. Seul hic: il se trouve sur une prairie de narcisses comme il en existe peu, excepté sur les hauts de Montreux (VD). «On peut cultiver des narcisses, mais dans la nature ils participent à la diversité: l’harmonie et les couleurs de cette prairie sont sans égal», commente Lucienne Merguin, chargée d’affaires à Pro Natura Jura. Il y avait 25 hectares fleuris, il n’en reste plus qu’un, la faute aux cueillettes et aux labourages. Une situation qui a conduit à l’annulation du festival, comme l’a révélé samedi Le Quotidien Jurassien.

Organisateurs déçus

Dites-le avec des fleurs, mais pas avec des narcisses! «L’accès aux prairies est interdit», a signalé le Département jurassien de l’environnement, pour qui des festivaliers constituent une menace pour la recolonisation des narcisses. «Ç’aurait été un point d’honneur pour nous de protéger les narcisses en les signalant par une banderole», soutient pourtant Florian Schicker, co-organisateur du festival. Les membres du comité se disent attristés, mais pas en colère: «La protection de la nature et la réduction des déchets figuraient dans nos intentions», assurent-ils. La biologiste Lucienne Merguin ne s’en laisse toutefois pas conter: «La nature ne leur sert que de décor! Pourquoi ne pas utiliser des sites viabilisés, comme au Mont-de-Cœuve?» lance-t-elle.

Même si les narcisses ne sont plus en fleur en août, le terrain argileux et humide ne doit pas être tassé, explique-t-elle. «Ces narcisses sont un privilège. La nature en général, et les narcisses en particulier, c’est notre matière première. Notre âme est rurale», déclare Michel Baconat, maire de Haute-Ajoie. Ce qui n’a pas empêché le déroulement de la première Narcisses Run le 27 mai, en pleine floraison. Mais la course s’était déroulée sur un chemin agricole.

Les responsables du Damvant Festival avaient invité 34 formations musicales suisses et avaient prévu d’organiser des ateliers et des conférences afin de «profiter de la vie» et de s’unir «avec la nature et l’univers». Objectif raté. L’idée, désormais, c’est de reporter le festival à 2018, à Damvant ou ailleurs, mais avec un concept qui protège les narcisses. «Heureusement qu’aucun billet n’avait encore été vendu», soupire Florian Schicker.

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