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Conflit syrienLes négociations avec Assad divisent les pays

Dimanche, Kerry a déclaré que les USA devraient «au final» négocier avec Assad. Carla del Ponte va dans le même sens, mais cette position choque d'autres pays.

Carla del Ponte a tenu sur les ondes de la RTS des propos allant dans le même sens que John Kerry.

Carla del Ponte a tenu sur les ondes de la RTS des propos allant dans le même sens que John Kerry.

AFP

Le département d'Etat américain a minimisé à nouveau lundi 16 mars les propos de son secrétaire d'Etat John Kerry, en assurant que le président syrien Bachar el-Assad ne ferait «jamais partie» de négociations de paix pour la Syrie. Les divisions subsistent néanmoins.

Dans un entretien accordé dimanche à CBS alors que le conflit syrien entrait dans sa cinquième année, le chef de la diplomatie américaine avait déclaré que les Etats-Unis devraient «au final» négocier avec «le régime al-Assad» pour une transition politique en Syrie.

La membre de la commission d'enquête de l'ONU sur la Syrie Carla del Ponte a tenu lundi sur les ondes de la RTS des propos allant dans le même sens. Négocier avec Bachar el-Assad est «la seule solution possible», a estimé l'ancienne procureure de la Confédération au cours du téléjournal «Le 19h30».

Un «cadeau scandaleux» à l'EI

De son côté, la France a refusé toute «remise en selle» de Bachar el-Assad, une option qui équivaudrait selon Paris à faire un «cadeau scandaleux» aux combattants djihadistes de l'Etat islamique.

Ci-dessous, les propos de Laurent Fabius:

Prié de dire lundi soir s'il regrettait les propos de John Kerry, le Premier ministre français, Manuel Valls, a répondu : «oui, bien sûr».

En Turquie, le ministre des Affaires étrangères Mevlut Cavusoglu a tenu à souligner que «le régime d'Assad est la cause de tous les problèmes en Syrie».

Les pays du Golfe inquiets

Dans les pays du Golfe, les propos de John Kerry suscitent des inquiétudes. S'il n'y pas eu de réaction officielle à Ryad, des spécialistes saoudiens proches de la famille royale et des dignitaires sunnites ont fait part de leurs préoccupations.

«Bachar n'a plus de légitimité après avoir massacré son peuple et jeté sur les routes onze millions de personnes. Comment pourrait-on discuter avec lui et le laisser au pouvoir ?», s'est interrogé Abdoulaziz al-Saguer, directeur du Gulf Research Centre (GRC), groupe de réflexion basé à Djeddah et à Genève.

Bachar el-Assad a déclaré que tout changement de l'attitude internationale à l'égard de la situation en Syrie serait positif. Mais il a également réaffirmé que les pays devaient mettre fin au soutien aux «groupes terroristes», l'expression qu'utilise Damas pour désigner les insurgés.

Invitation russe

De son côté, la Russie a invité le médiateur des Nations unies sur la Syrie, Staffan de Mistura, à participer à une deuxième série de pourparlers début avril à Moscou entre des personnalités de l'opposition syrienne et du gouvernement de Damas, rapporte lundi l'agence de presse Interfax.

La première série de discussions dans la capitale russe a été boudée par les principaux groupes de l'opposition syrienne, qui réclament le départ du président Bachar el-Assad.

(ats)

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