Actualisé 12.11.2020 à 15:18

SuisseLes néonicotinoïdes restent interdits pour les betteraves

Le produit dénommé «Gaucho» a été interdit le 1er janvier 2019 en raison du risque pour les pollinisateurs. Après consultation des milieux concernés le 30 septembre, l’OFAG maintient cette interdiction.

La Suisse n’autorise pas les néonicotinoïdes pour traiter les betteraves.

La Suisse n’autorise pas les néonicotinoïdes pour traiter les betteraves.

KEYSTONE/LAURENT GILLIERON

L’Office fédéral de l’agriculture (OFAG) n’a pas donné suite jeudi à une demande d’autorisation temporaire des producteurs de betteraves pour le néonicotinoïde Gaucho. Selon un professeur d’université, d’autres pesticides ont été autorisés par l’OFAG.

Cette année, les cultures de betteraves ont subi une attaque importante de jaunisse virale, virus transmis par les pucerons. Pour les producteurs touchés, ces pertes peuvent atteindre 50%. Les betteraviers avaient donc demandé une autorisation urgente temporaire pour utiliser à nouveau l’enrobage des semences par des néonicotinoïdes.

Problème: ce produit dénommé Gaucho a été interdit le 1er janvier 2019 en raison du risque pour les pollinisateurs. Après consultation des milieux concernés le 30 septembre, l’OFAG maintient cette interdiction. Il autorise en revanche deux produits de traitements foliaires pour lutter contre les pucerons. Il a également lancé un programme de recherche pour trouver des méthodes alternatives.

Industrie sucrière en péril

Les producteurs sont déçus par cette réponse. Plusieurs autres pays de l’UE, dont la France, ont autorisé temporairement l’usage des néonicotinoïdes pour protéger leur filière sucrière. La décision de l’OFAG risque de mettre en difficulté l’économie sucrière suisse.

Elle entraîne une distorsion de la concurrence entre le sucre indigène et le sucre importé issu d’une production moins durable. La Fédération Suisse des Betteraviers exige donc que seul le sucre produit sans pesticides interdits en Suisse soit importé. Des interventions allant dans ce sens ont été déposées au Parlement.

Pro Natura et BirdLife Suisse ont, elles, salué la décision de la Confédération. Plutôt que de lutter contre les symptômes, la culture sucrière suisse a besoin d’une stratégie globale.

«L’OFAG dupe la population»

Mais selon le professeur de biologie Edward Mitchell, à l’Université de Neuchâtel, l’OFAG «dupe la population». Le membre du comité d’initiative «Pour une Suisse libre de pesticides de synthèse» note que si l’office n’a pas autorisé à nouveau le Gaucho, il a décidé d’octroyer une autorisation d’urgence à deux pesticides de synthèse, l’un neurotoxique et l’autre reprotoxique, pour la culture de betteraves.

Selon lui, ces deux pesticides dits systémiques «rendent toute la plante toxique et sont particulièrement néfastes pour la biodiversité et nuisent à la santé humaine». Cette décision de l’OFAG représente «un inquiétant retour en arrière contrairement à ce qui pourrait être compris en première lecture rapide de son communiqué de presse», a ajouté Edward Mitchell.

(ATS/NXP)

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6 commentaires
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Domi

12.11.2020 à 12:28

Allez voir des belles grosses betteraves dans la plaine de l’Orbe. Il y en a des montagnes bien formées. Beaucoup de bruit pour turn.

StopV

12.11.2020 à 11:41

Dans quelques années : manque de sucre en Suisse puisque notre politique exemplairatrice et idéologique aura eu la peau de nos producteurs. Ce sera l’occasion d’importer à meilleur prix, des produits de provenance douteuse et incontrôlée... Pensez y !

cj

12.11.2020 à 11:33

et tant mieux aussi ! ça évitera aux entreprises agro- bancaires de polluer nos nappes phréatiques et les terres qu'ils disent cultiver ! moi je pense plus a exploiter ...