Actualisé 28.02.2016 à 16:01

Votations 28 févrierLes Neuchâtelois plébiscitent le projet de RER

La liaison ferroviaire directe entre Neuchâtel et La Chaux-de-Fonds a été acceptée à plus de 80%.

Les autorités espèrent un oui massif pour faire oublier le vote négatif du Transrun en 2012.

Les autorités espèrent un oui massif pour faire oublier le vote négatif du Transrun en 2012.

Keystone

Cette fois, les Neuchâtelois sont prêts à se doter d'une ligne ferroviaire directe entre Neuchâtel et La Chaux-de-Fonds. Trois ans après avoir refusé le Transrun, ils ont plébiscité dimanche par 84,17% des voix la stratégie globale Mobilité 2030, qui couvre l'ensemble du canton.

Toutes les communes ont dit nettement oui dimanche en votation populaire. Les pourcentages avoisinent même parfois les 90% comme dans les villes du Haut du canton, La Chaux-de-Fonds et le Locle. La participation cantonale a atteint un bon niveau: 49,15%.

«Le résultat est très clair, il va même au-delà de nos attentes», s'est réjouie la présidente du Conseil d'Etat Monika Maire-Hefti. Les Neuchâtelois se sont déplacés en masse, ce qui montre que ce projet leur tient à cœur, a-t-elle ajouté.

Convaincre la Confédération

C'est «un vote de rassemblement» entre les différentes régions du canton, et entre ville et campagne, a commenté Laurent Favre, conseiller d'Etat en charge du développement territorial. Il «renforce nos chances pour convaincre la Confédération».

En effet, le résultat permet de faire preuve d'un gros enthousiasme pour les deux chantiers phares du paquet, qui demandent des financements fédéraux: la ligne entre le Bas et le Haut du canton et l'évitement routier du Locle et de La Chaux-de-Fonds.

Opposition au Transrun

Mobilité 2030 a même emporté l'adhésion d'anciens opposants au Transrun, le précédent projet de RER qui avait déchiré les Neuchâtelois en 2012. Ce dernier avait échoué de justesse en votation.

Beaucoup avaient douté de la nécessité du Transrun et jugé son prix pharaonique (560 millions de francs en déduisant les apports fédéraux). S'y ajoutait une certaine défiance face au gouvernement cantonal de l'époque, qui souffrait d'un manque de crédibilité.

Plus complet et moins cher

Cette fois, la population a été séduite par un concept plus global. Mobilité 2030 comporte une série d'autres améliorations ferroviaires et routières à travers le territoire neuchâtelois, ainsi qu'un projet de mobilité douce. Ce système «irrigue tout le canton» et ouvre la voie à un avenir prometteur, a souligné Monika Maire-Hefti.

Les Neuchâtelois ont aussi été sensibles au fait qu'ils paieront moins cher pour la ligne directe: 110 millions de francs. L'objectif est que la Confédération accepte de la financer via le Fond d'infrastructure ferroviaire (FIF).

Travaux de maintenance

Le chantier est présenté non pas comme une infrastructure nouvelle mais comme de la maintenance, à savoir le remplacement de la vétuste ligne actuelle. La liaison devrait avoir une cadence au quart d'heure et un temps de parcours réduit de moitié, à 14 minutes.

Le canton veut lancer les travaux dès 2020 pour une mise en service en 2030. C'est pourquoi il avancera 900 millions de francs, par tranches, entre 2019 et 2030. Après remboursement fédéral, la somme à charge des Neuchâtelois se limiterait donc aux intérêts.

Evitement du Locle

Les Chambres fédérales se prononceront d'ici à 2019. En cas de refus, l'autorisation de préfinancement deviendra caduque et le projet tombera à l'eau.

Le paquet de projets adopté dimanche inclut aussi l'évitement routier du Locle et de La Chaux-de-Fonds, les villes du haut du canton. Pour ce chantier à 1 milliard de francs, il faut aussi obtenir un financement fédéral, via le fonds routier FORTA.

(ats)

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