07.08.2020 à 15:17

Jura bernoisLes nomades sont partis pour mieux revenir sur l’aire de repos

Des caravanes obstruent la seule halte des routiers entre Glovelier (JU) et Pieterlen (BE). Comment les déloger? Problème posé à la police cantonale bernoise par l’Office fédéral des routes.

par
Vincent Donzé
Dans l’aire de repos squattée à Reconvilier (BE), les plaques d’immatriculation sont françaises, allemandes et genevoises.

Dans l’aire de repos squattée à Reconvilier (BE), les plaques d’immatriculation sont françaises, allemandes et genevoises.

V.Dé

Refoulés par la police jurassienne, ils sont arrivés avec 60 caravanes le 20 juin dernier sur l’aire de repos de l’autoroute A16 à Reconvilier. Repartis après un bras de fer avec les autorités, les gens du voyage sont revenus par petits groupes sur cette halte, la seule dédiée au repos des routiers entre Glovelier (JU) et Pieterlen (BE).

Le 28 juin, ils s’en allaient. Le 17 juillet, quelques caravanes étaient de retour, en dépassant le temps maximal de stationnement fixé à 15 heures. Non seulement ces nomades n’ont pas poursuivi leur route comme promis, mais ils ont été rejoints par d’autres. Depuis mercredi dernier, une quarantaine de caravanes sont stationnées illégalement.

Par lettre recommandée, l’Office fédéral des routes (OFROU) a demandé à la police cantonale bernoise d’expulser les véhicules en infraction. Maire de Reconvilier, Daniel Buchser s’interroge: «Faudra-t-il les déloger en chargeant les véhicules sur une dépanneuse? Ça coûterait cher et ça ne servirait à rien…»

Dix francs

Une taxe d’entretien de 10 francs par jour et par caravane est réclamée par l’OFROU, mais elle n’est pas encaissée en totalité. À la radio régionale RJB, le secrétaire de la Fondation «Assurer l’avenir des gens du voyage suisse» a justifié ce campement improvisé. «Les places manquent et c’est là le fond du problème», a indiqué Simon Röthlisberger.

La Confédération est en train de définir des emplacements officiels en faveur des gens du voyage étrangers. Dans un proche avenir proche, une aire de transit doit être construite à Wileroltigen (BE), le projet ayant été accepté en votation, le 9 février dernier.

Petits travaux

Selon Simon Röthlisberger, les gens du voyage étrangers cherchent en Suisse des petits travaux à effectuer, notamment dans le bâtiment, la peinture et le jardinage. «Dans la vallée, ils ont proposé de repeindre des volets», confirme le maire de Reconvilier.

Ce qui préoccupe davantage Daniel Buchser, ce sont les plaintes des agriculteurs et des promeneurs qui découvrent des excréments dans leurs champs ou sur leurs chemins. «Est-ce à notre commune d’envoyer des cantonniers pour le nettoyage?» s’interroge le maire, en jugeant la situation «désagréable».

À Reconvilier, le Conseil communal se réunira la semaine prochaine, à la rentrée. Une démarche écrite adressée à l’OFROU est envisagée: «Au final, ils auront passé presque tout l’été chez nous», constate le maire.

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24 commentaires
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Robinson Wesson

08.08.2020 à 15:54

Dommage la censure, car cet excellent article de Monsieur Donzé résume parfaitement la problématique, n’en déplaise aux «censuré»…

Pierre Kiroul

08.08.2020 à 15:49

On commencera à respecter ces gens lorsque ces gens respecterons les règles du jeu par lesquelles se régit une société civilisée et dont la bonne éducation fait partie.

Robinson Wesson

08.08.2020 à 15:13

Le comble pour ceux de Martigny, les polices genevoise, vaudoise et valaisanne les y ont escortés, lors de leur entrée illégale et en force juste pendant le confinement Covid. Mais ne vous inquiétez pas, ils se portent bien en collectant de l’argent pour les faux-sourds ou pour les championnats de cyclisme…