Débat RTS - Les non vaccinés sont-ils devenus des «pestiférés» ?
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Débat RTSLes non vaccinés sont-ils devenus des «pestiférés» ?

La liberté vaccinale se lézarde alors que la Suisse est confrontée à une 4e vague due au variant Delta. L’émission «Infrarouge» ouvre le débat ce soir avec un titre choc sur le sort de ceux qui refusent la piqûre.

par
Eric Felley
«Non vaccinés, les nouveaux pestiférés?», un titre choc:  de l’huile supplémentaire sur un feu déjà brûlant?

«Non vaccinés, les nouveaux pestiférés?», un titre choc: de l’huile supplémentaire sur un feu déjà brûlant?

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Selon Larousse, un pestiféré, au sens second, est une personne «avec qui on évite toute relation à cause de son caractère nuisible, réel ou supposé». Ce soir l’émission «Infrarouge» sur la RTS, a titré son débat consacré à l’évolution de l’épidémie: «Non vaccinés, les nouveaux pestiférés?» Dans l’état polémique dans laquelle se trouve la population suisse – rappelons un peu plus de la moitié de population est vaccinée (50.89% mardi) – ce titre accrocheur paraît jeter de l’huile supplémentaire sur un feu déjà brûlant.

Mais le producteur et animateur de l’émission, Alexis Favre, s’en défend: «Le titre, on l’a lancé comme cela, c’est un élément de langage qu’utilisent les non vaccinés eux-mêmes, qui se sentent considérés comme tel, des «pestiférés». Il y a une année la perspective du vaccin était très différente, on parlait de pesée des intérêts, de choix personnel, et aujourd’hui c’est devenu un impératif. Mais le but du débat n’est pas qu’on s’entretue sur cette question, au contraire».

«Ni proche, ni ami»

Pour cette émission de rentrée, Alexis Favre aurait préféré traiter d’un autre sujet, mais l’actualité ne lui laisse guère le choix. Pour faire la promotion du débat de ce soir, sur sa page Facebook, il a fait cette remarque: «Celui qui ne s’est pas engueulé sur le vaccin avec un ami ou un proche, n’a ni proche, ni ami». Au moins, constate-t-il, cette boutade n’a pas créé de polémique, ni dans un camp, ni dans l’autre. Tout le monde est d’accord.

Sur le principe, la liberté vaccinale est garantie en Suisse (une initiative a cependant été lancée pour l’inscrire dans la Constitution). Mais cette liberté se lézarde de plus en plus à cause de la 4e vague due au variant Delta, qui cause un nombre d’infections plus important que prévu. Le choix de ne pas se faire vacciner est de plus en plus perçu comme une prise de responsabilité, ou d’irresponsabilité, qui n’est pas sans conséquences pour les autres, les vaccinés. Le conseiller national Kurt Fluri (PLR/SO) a été le premier a lancé l’idée, il y a un mois, de faire payer les frais hospitaliers des non vaccinés s’ils tombent malade du Covid -19. Mais il n’a eu que peu d’écho.

Jusqu’où la solidarité va-t-elle tenir?

Un mois plus tard, c’est le ministre de la Santé genevoise, Mauro Poggia, qui a fait vendredi dernier sur Léman Bleu, une proposition similaire, qui a surpris jusque parmi ses plus fervents supporters. «Infrarouge» ouvre donc le débat national que le conseiller d’État souhaite lancer: «Et si les non vaccinés devaient passer à la caisse en cas d’hospitalisation ou d’incapacité de travail suite à une infection au Covid-19? Jusqu’où la solidarité va-t-elle tenir? Est-il juste que tout le monde paie pour ceux qui refusent le vaccin?»

Pour en parler le plateau d’«Infrarouge» recevra ce soir à 21 heures Mauro Poggia, ainsi que le médecin infectiologue et épidémiologiste genevois Didier Pittet, la secrétaire des Jeunes Vert.e.s valaisans «vaccinosceptique», Céline Lugon, et la secrétaire des Amis de la Constitution, Michelle Cailler. Un cinquième invité est prévu, qui devrait «être un peu au-dessus de la mêlée», selon le vœu d’Alexis Favre.

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