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Armée suisseLes nuisances des places de tir sous le feu parlementaire

Le conseiller aux Etats vaudois Luc Recordon reproche au Conseil fédéral de ne pas tenir compte de l'intérêt de la population proche des places de tir de l'armée. Exemple à l'appui: la situation tendue à Vugelles-La Mothe (VD).

Les autorités et la population «à bout de nerfs» de Vugelles-La Mothe (VD) se livrent une guerre larvée, rapporte le conseiller aux Etats Luc Recordon.

Les autorités et la population «à bout de nerfs» de Vugelles-La Mothe (VD) se livrent une guerre larvée, rapporte le conseiller aux Etats Luc Recordon.

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L'incompréhension est croissante entre les autorités et la population de Vugelles-La Mothe (VD) «à bout de nerfs», a noté mercredi Luc Recordon (Verts/VD). Le conseiller aux Etats reproche au Conseil fédéral de ne pas tenir compte de l'intérêt de la population locale concernant les tirs de l'armée aux abords de la localité.

L'ordre des priorités des autorités est «particulièrement choquant», a critiqué le sénateur vaudois, revenant sur la réponse du gouvernement à son interpellation. La limitation des nuisances n'est pas assez prise en compte, a-t-il estimé.

Pour le moment, les soldats continueront donc à tirer à Vugelles-La Mothe (VD). Cette infrastructure d'instruction est trop importante pour pouvoir y renoncer pour le moment, a répondu Ueli Maurer. De plus, l'armée a encore besoin de cette place de tir car elle est plus grande que celle de Moudon. Certaines activités seront cependant déplacées pour respecter les normes sonores, a concédé le conseiller fédéral.

Mesures contre les nuisances sonores

Le Département de la défense s'est penché sur le problème des nuisances sonores produites sur la place de tir, a-t-il ajouté. Le DDPS a examiné également les mesures à prendre pour respecter les valeurs-limites. Les normes de l'ordonnance sur la protection contre le bruit pourront ainsi être respectées dès cette année grâce au déplacement d'activités de tir.

Dans son interpellation, le conseiller aux Etats rappelle la résolution signée début décembre par les trois communes les plus concernées par les nuisances. Elles demandaient l'arrêt définitif des tirs dans un délai de trois ans, une planification de l'arrêt et de l'assainissement de la place de tir ainsi que des mesures immédiates pour réduire les problèmes.

A présent, il ne reste plus qu'à attendre les résultats de la procédure de consultation concernant la fermeture de certaines places d'armes, a conclu Luc Recordon.

Fermer les casernes en ville d'abord

Par ailleurs, la Chambre des cantons a tacitement adopté une motion du Conseil national réclamant que l'armée réduise d'abord ses effectifs dans les villes avant de fermer ses installations en campagne. Ainsi, elle libérerait de la place pour des logements en ville, alors que dans les régions périphériques, son départ crée souvent un vide économique.

Ce texte a déjà été en partie appliqué dans les mesures d'économie présentées par l'armée à fin novembre 2013, a remarqué Alex Kuprecht (UDC/SZ), au nom de la commission. D'après ce projet, les casernes des Vernets (GE), de la Poya (FR), de Lyss (BE), de St-Maurice (VS) et de Moudon (VD) seront fermées.

Jean-René Fournier (PDC/VS) a cependant tenu à rappeler que le Valais, région périphérique, a pourtant été «pratiquement sacrifié». En plus de la fermeture des bases aériennes, l'armée va aussi se retirer des places militaires de St-Maurice et de Conches.

(ats)

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