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FIFALes observateurs donnent Sepp Blatter partant avant fin février

Le Valaisan de 79 ans ne devrait pas connaître un autre sort que les autres hauts dirigeants de la FIFA interpellés le 27 mai à Zurich et suspendus dans les 24 heures par l'organisation.

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L'ex-président de l'UEFA a décidé de saisir la Cour européenne des droits de l'Homme, après sa condamnation à quatre ans de suspension pour avoir reçu deux millions de francs de Sepp Blatter, à l'époque président de la Fifa. (Mercredi 24 janvier 2018)

L'ex-président de l'UEFA a décidé de saisir la Cour européenne des droits de l'Homme, après sa condamnation à quatre ans de suspension pour avoir reçu deux millions de francs de Sepp Blatter, à l'époque président de la Fifa. (Mercredi 24 janvier 2018)

Keystone
«J'ai toujours fait mon job de la meilleure manière possible», a déclaré Jérôme Valcke devant les juges du Tribunal arbitral du sport de Lausanne. (Mercredi 11 octobre 2017)

«J'ai toujours fait mon job de la meilleure manière possible», a déclaré Jérôme Valcke devant les juges du Tribunal arbitral du sport de Lausanne. (Mercredi 11 octobre 2017)

AFP
Jérome Valcke, ancien secrétaire général de la FIFA,se rendra  mercredi à Lausanne pour contester devant le Tribunal arbitral du sport sa suspension de dix ans.  (Mardi 10 octobre 2017)

Jérome Valcke, ancien secrétaire général de la FIFA,se rendra mercredi à Lausanne pour contester devant le Tribunal arbitral du sport sa suspension de dix ans. (Mardi 10 octobre 2017)

AFP

Victime d'un nouveau trou d'air avec la mise en examen de son président Joseph Blatter par la justice suisse, l'avion FIFA risque de perdre son pilote. Même Michel Platini, favori à la succession du Valaisan à la tête du football mondial, est pris dans les turbulences.

Démissionnaire depuis le 2 juin, quatre jours après sa réélection à un cinquième mandat à la tête de la FIFA, le Valaisan de 79 ans pensait gérer les affaires courantes jusqu'en février et l'élection de son héritier. Mais l'intervention du ministère public de la Confédération (MPC) vendredi pourrait rebattre les cartes.

Poursuivi pour soupçon de «gestion déloyale» et «abus de confiance», Sepp Blatter peut-il rester à son poste? Ce serait un traitement de faveur, alors que tous les hauts dirigeants de la FIFA interpellés le 27 mai à Zurich à la demande de la justice américaine, sur fond de soupçons de corruption, ont été eux suspendus dans les 24 heures par la FIFA.

Une chance sur deux, peut-être

«C'est impossible que le président tienne jusqu'à l'élection du 26 février», veut croire le quotidien espagnol Sport. Et Le Matin, en Suisse, d'appeler «à la démission (de Blatter), une vraie cette fois, pas un de ces faux départs permettant de continuer à tirer les ficelles».

«Cette fois, Sepp Blatter risque la prison», jusqu'à dix ans, assure Le Temps. Le quotidien romand souligne que si «le vieux lion est blessé, (...) il n'est pas encore mort».

Selon le journal, «son sort dépend du comité exécutif de la FIFA. Si celui-ci dit qu'il n'a pas vraiment été lésé, la justice suisse ne pourra pas faire grand-chose. (...) Si le système juge qu'il est préférable de sauver Blatter, il peut encore s'en sortir. Peut-être une chance sur deux».

Successeur potentiel déjà blâmé

La FIFA navigue déjà sans copilote depuis le 17 septembre, quand son secrétaire général, le Français Jérôme Valcke, a été limogé quelques heures à peine après avoir été accusé d'avoir trempé dans une affaire de revente sur le marché noir de billets du Mondial 2014. Si elle se retrouvait privée de son commandant de bord attitré depuis 17 ans, la Fifa devrait alors se trouver un nouveau patron.

En tant que vice-président senior, ce serait au Camerounais Issa Hayatou, patron du football africain depuis 1998, de prendre les rênes. Mais l'ancien coureur de demi-fond de 69 ans n'est pas exempt de reproche.

En décembre 2011, le Comité international olympique lui avait infligé un «blâme» ayant valeur de «sanction» pour avoir perçu 100'000 francs français (25'000 francs suisses) en liquide de la part d'ISL, un partenaire commercial de la FIFA, en 1995. Un conflit d'intérêt avait jugé la commission d'éthique du CIO.

Travaux payés dix ans après

Encore grandissime favori vendredi matin pour le poste de meneur de jeu du football mondial, à l'issue de l'élection du 26 février, Michel Platini est désormais menacé de ne pas monter à bord depuis les révélations des enquêteurs suisses. Et notamment ce versement de 2 millions de francs suisses (1,8 M EUR) reçu de Blatter en 2011, «prétendument pour des travaux effectués entre janvier 1999 et juin 2002».

Face à cette accusation d'emploi fictif, le patron de l'UEFA s'est défendu dès vendredi soir en parlant d'un versement effectué pour «un travail accompli de manière contractuelle pour la FIFA». Mais l'explication n'a pas convaincu tout le monde.

Ces «deux millions au noir» stigmatisés par Il Messaggero en Italie pourraient entraver les ambitions de l'ancien meneur de jeu de la Juventus, d'après de nombreux éditorialistes européens. «Le FIFAgate touche Platini», souligne ainsi Sport en Espagne, pour qui «la FIFA est un bunker de corruption prêt à exploser».

C'est «la dernière partie du «Roi Michel» (en français), et il risque de tout perdre», craint même la Repubblica en Italie. Car le doute est là.

«Pourquoi payer en 2011 un travail fait pour la FIFA 10 ans plus tôt», s'interroge la Gazzetta dello Sport. «C'est un peu gros», accuse le quotidien bruxellois La Dernière Heure, selon qui il devient «difficile pour Platini de rester un candidat crédible à la succession de Blatter».

L'exemple Winterkorn

A la différence de la presse anglaise, qui se focalise surtout sur Blatter, l'éditorialiste du Bild en Allemagne appelle lui à un grand nettoyage: «Blatter, Platini, tous dehors», demande-t-il, en prenant l'exemple de Martin Winterkorn, «qui a endossé le scandale VW et a démissionné».

Du côté de la presse française, l'heure est encore à la défense de «l'icône» du foot tricolore, pour reprendre le terme du Parisien/Aujourd'hui en France. «Lorsqu'il s'est lancé, il se doutait bien que les cinq mois de campagne seraient très longs et parsemés de chausse-trapes. Il y est», commente le quotidien sportif L'Equipe.

Prince Ali rebondit

Cet accroc au CV de Platini est bienvenu en tous cas pour le Prince Ali, lui aussi candidat à la succession de Blatter: «Le besoin d'une nouvelle gouvernance qui puisse restaurer la crédibilité de la FIFA n'a jamais été aussi évident», a lancé le Jordanien de 39 ans dans un communiqué samedi.

«Nous ne pouvons changer le passé. Mais nous pouvons avoir un avenir où les fédérations membres pourront se focaliser sur le football plutôt que s'inquiéter du prochain scandale ou de la prochaine enquête touchant la direction de la FIFA», a insisté le demi-frère du roi Abdallah.

(ats)

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