Environnement: Les opposants à la 5G lancent l’offensive à Berne

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EnvironnementLes opposants à la 5G lancent l’offensive à Berne

Le Conseil des États doit se prononcer sur une motion qui permet d’augmenter les valeurs limites pour la téléphonie mobile. Les anti-5G déploient leurs arguments pour la contrer.

par
Eric Felley
Le débat sur la 5G ne faiblit pas en Suisse.

Le débat sur la 5G ne faiblit pas en Suisse.

Getty Images

Depuis l’attribution des licences pour la 5G à trois opérateurs en février 2019, le déploiement de cette technologie s’est heurté à une forte résistance citoyenne. De nombreuses associations se sont créées en Suisse pour contrer son développement et lancer des procédures d’oppositions contre les nouvelles antennes (26 000 de prévues au début). Aujourd’hui, elles montent au font contre une motion, qui permettrait d’augmenter le rayonnement de ces dernières.

Le PLR en phase avec la 5G

En mai 2020, pour combattre cette vague anti-5G, le groupe PLR a déposé une motion, qui demande au Conseil fédéral de s’engager à ce que la 5G couvre l’ensemble du territoire dans un délai de 5 ans: «L’objectif étant que les opérateurs déploient à l’échelle nationale un réseau 5G de grande qualité, à des coûts aussi bas que possible (…) La 5G recèle un énorme potentiel dans de nombreux domaines: cybersanté, agriculture intelligente, réalité virtuelle et augmentée, véhicules autonomes, production industrielle de pointe, drones, etc.»

Théories du complot

La motion demande aussi que la Confédération fournisse des informations transparentes: «L’absence d’informations génère des théories du complot, comme l’a montré la crise du Covid-19». Tels sont les propos de Christian Wasserfallen (PLR/BE), fervent défenseur de la 5G. C’est lui qui a reproché récemment à Alain Berset d’avoir adopté des thèses complotistes pour avoir signé une opposition collective en 2018 à une antenne située à Belfaux. Mais c’était avant la 5G.

Au Conseil des États

En juin 2021, la motion du PLR a été acceptée par le Conseil national par 97 à 76 et 18 abstentions. Le Commission des télécommunications des transports du Conseil des États doit se prononcer ce lundi 5 septembre. Pour les opposants, c’est le moment de sortir leurs arguments. Sept associations – Stop5G, ARRA, 5GFrei, 5G Moratoire, Stop 5G Glâne, Jura Non 5G et Fribourg 4G suffit – viennent de publier une série de brochures à l’attention des parlementaires. La question des risques pour la santé est évoquée, comme les enjeux techniques, environnementaux ou sécuritaires.

Des valeurs limites qui explosent

Ils ont écrit personnellement aux membres du Conseil des États une lettre attirant leur attention sur les dangers d’une hausse des valeurs limites des antennes. Selon une des options de la motion, pour atteindre «des coûts aussi bas que possibles», les valeurs limites pourraient passer de 5 à 6 volts/m actuellement à 20 volts/m. Après l’introduction au printemps d’un «facteur de correction», qui permet aux opérateurs de dépasser momentanément les limites, cela permettrait «de facto des valeurs de pointe à 63 volts/m», dénoncent les opposants.

Le seul intérêt des opérateurs

Ils notent aussi, citant Hugo Lehmann, directeur scientifique à l’institut fédéral de métrologie, «qu’il faudra 16 fois plus de puissance qu’avec la 4G pour transmettre le même nombre de données». Dans le contexte actuel, cela signifie une augmentation significative de la consommation électrique. D’une manière générale, concernant la 5G, les opposants dénoncent une politique qui «n’a d’autre considération que le strict intérêt économique des opérateurs». Comme l’a montré un sondage publié au mois de mai, la population suisse est bien divisée sur la question.

«On veut créer de la confiance»

Cependant, en juin 2021, lors du débat sur la motion, Simonetta Sommaruga a démenti cette volonté d’augmenter les valeurs limites: «Le Conseil fédéral a décidé que, dans la situation actuelle, ce n’est pas une bonne idée d’augmenter les valeurs limites, parce que les blocages augmenteraient encore plus. (…) On ne veut pas augmenter encore les blocages, mais on veut créer la confiance. Pour ce faire, il faut donner les bonnes informations à la population et soutenir les autorités qui acceptent l’implantation de ces antennes, si les conditions sont remplies».

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