Actualisé

POLITIQUELes opposants à la caisse publique font appel à des figurants

Des figurants ont été embauchés pour assister à leurs conférences de presse et distribuer des tracts sur les stands.

par
Cléa Favre
Lucien Combaz, coordinateur du Comité valaisan contre une caisse maladie unique, se défend de toute malhonnêteté.

Lucien Combaz, coordinateur du Comité valaisan contre une caisse maladie unique, se défend de toute malhonnêteté.

Aline Fournier

Sophie* - qui préfère rester anonyme – a reçu en août dernier une offre d'emploi un peu particulière. Celle-ci stipulait dans son descriptif: «Nous aurions besoin de figurants, de toute (sic) âge, sexe confondus pour une performance durant une conférence de presse pour le Non à la Caisse Unique. Vous serez pris en photo par la presse qui seront relayées sur les réseaux sociaux et dans les journaux, mais vos photos ne seront en aucun cas utilisées à des fins commerciales et publicitaires.» Sophie, surprise par le procédé, n'a pas donné suite à cette proposition qui concernait une conférence de presse à Sion le 22 août dernier.

«Le but était de créer un visuel»

Contacté, Lucien Combaz, coordinateur du Comité valaisan contre une caisse maladie unique, se défend de toute malhonnêteté. «Nous avions trois figurants tout au plus. Et ceux-ci ont pris place dans la grande caisse en verre que nous utilisons pour notre campagne et que l'on voit sur les affiches. Le but était de créer un visuel pour les journalistes présents.»

Une autre annonce de ce type a été épinglée sur la page Facebook de la «Jeunesse pour la caisse publique». Elle concerne cette fois «une performance sur le stand PLR lors du marché de Bulle». Le groupe, qui émane des jeunes socialistes, s'en est indigné et a commenté: «Les partis opposés à la caisse publique ont tellement de difficulté à convaincre leurs membres avec leurs faux arguments qu'ils doivent engager des faux militants pour occuper la rue.»

Arnaud Bonvin, secrétaire romand du PLR et responsable de la campagne au niveau suisse, rejette ces accusations. «C'est une agence de communication qui s'est occupée d'engager des figurants. Leur rôle était d'entrer dans la boîte en verre pour se faire photographier par les médias lors des conférences de presse et des stands. C'est un concept de campagne classique. Le but était seulement d'avoir un impact visuel.»

C'est vraiment là que leur mission s'arrêtait? «Ces personnes ont aussi distribué des tracts car on ne pouvait pas les laisser pendant deux ou trois heures dans la caisse. On a donc fait un tournus.» Arnaud Bonvin ne comprend pas la réaction des jeunes socialistes. «Je ne vois pas ce qui est problématique dans le fait de proposer à 6 ou 7 personnes de toucher 25 francs de l'heure. Il y avait beaucoup d'étudiants. Ils devraient s'en réjouir!» réagit-il.

*prénom fictif

Ton opinion