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SénégalLes opposants maintiennent la pression sur Wade

L’opposition sénégalaise a maintenu mardi sa pression pour obtenir le retrait de la candidature du chef de l’Etat avec une marche de milliers de personnes à Dakar, à laquelle il a répondu par des "visites" de proximité". .

L'opposition ne baisse pas les bras. Des milliers de Sénégalais étaient encore dans la rue ce mardi.

L'opposition ne baisse pas les bras. Des milliers de Sénégalais étaient encore dans la rue ce mardi.

Reuters

En fin d’après-midi, un long cortège de véhicules a quitté la Palais présidentiel du centre-ville pour une tournée dans plusieurs quartiers de la capitale, sonorisation à fond diffusant musique et chansons de campagne.

Debout, le chef de l’Etat se trouvait dans une voiture au toit ouvrant.

Sur les trottoirs, des curieux, des partisans du président Abdoulaye Wade . Certains applaudissaient, d’autres regardaient, d’autres encore interpellaient le président au passage du cortège: "Faut baisser le prix du riz!", a lancé l’un d’eux.

Ces "visites de proximité", qui n’avaient pas été initialement annoncées, ont eu lieu quelques heures après une marche de plusieurs milliers d’opposants à Dakar, à l’appel du Mouvement du 23 juin (M23) qui regroupe partis politiques et organisations de la société civile.

Dans le calme

Partis de l’université publique, quelques milliers d’opposants ont marché dans le calme pendant un peu moins de trois heures dans les rues de Dakar, sans pouvoir entrer dans le centre de la ville où ils avaient prévu de se rendre.

Ils se sont dispersés sans incidents après un face-à-face tendu avec un cordon de policiers qui les a empêchés de se rendre comme ils l’avaient prévu au ministère de l’Intérieur au coeur de la ville, près du Palais présidentiel.

Huit candidats d’opposition à la présidentielle, ainsi que le célèbre chanteur Youssou N'Dour dont la candidature a été rejetée par le Conseil constitutionnel, ont décidé de mener en commun contre la candidature de Abdoulaye Wade la campagne électorale qui s’est ouverte dimanche.

La marche de mardi était la troisième manifestation du M23 dans Dakar et sa banlieue depuis l’ouverture de la campagne, soit une chaque.

Youssou N'Dour présent

La plupart des candidats, dont les ex-Premiers ministres de Abdoulaye Wade devenus opposants, Moustapha Niasse et Idrissa Seck, ainsi que le secrétaire général du Parti socialiste (PS) Ousmane Tanor Dieng ont participé à la marche entourés de leurs militants revêtus des couleurs de leurs partis et de leur matériel de sonorisation. Youssou N'Dour était également là.

Lors d’un meeting du M23 lundi à Rufisque (28 km à l’est de Dakar), un des huit candidats d’opposition, Cheikh Tidiane Gadio, ex-ministre des Affaires étrangères de Abdoulaye Wade, a pour la première fois évoqué la création d’un "Conseil national de transition" au cas où le chef de l’Etat persisterait à se présenter.

"Si Abdoulaye Wade persiste, nous n’allons pas le reconnaître, ni reconnaître son gouvernement, et nous allons organiser une campagne pour la reconnaissance d’un Conseil national de transition que nous allons, nous autres, créer", a-t-il dit. Il a également évoqué la possibilité de tenir une élection "parallèle" à celle du 26 février, regroupant tous les candidats d’opposition.

Selon lui, "la seule façon de servir le Sénégal dans l’honneur et la dignité, c’est de s’opposer à la candidature inconstitutionnelle d’Abdoulaye Wade jusqu’au bout". Elu en 2000 puis réélu en 2007, Abdoulaye Wade, 85 ans, brigue un troisième mandat de sept ans face à 13 candidats.

Quatre morts

Pour l’opposition, il a épuisé ses deux mandats légaux et sa nouvelle candidature est un "coup d’Etat constitutionnel". Dans le camp de Adoulaye Wade, on affirme que les réformes de la Constitution en 2001 et 2008 lui permettent de concourir.

La validation le 27 janvier de sa candidature par le Conseil constitutionnel, confirmée deux jours plus tard, a provoqué des violences qui ont fait quatre morts et plusieurs blessés à Dakar et en province en cinq jours.

Si, sur le plan politique, le scrutin risque d’être tendu, il ne connaîtra aucun "couac" sur le plan logistique, le matériel nécessaire pour le vote étant déjà réceptionné et en grande partie distribué, a affirmé le ministre chargé des élections, Cheikh Guèye.

(AFP)

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