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ThaïlandeLes opposants tentent de bloquer les élections

Alors que la crise politique se poursuit en Thaïlande, le baht, la monnaie locale, a plongé lundi à son plus bas niveau.

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L'ancien président déchu de Thaïlande a créé, depuis son exil à l'étranger, un groupe d'opposition à la junte miliaire en place depuis son coup d'Etat fin mai. (24 juin 2014)

L'ancien président déchu de Thaïlande a créé, depuis son exil à l'étranger, un groupe d'opposition à la junte miliaire en place depuis son coup d'Etat fin mai. (24 juin 2014)

Keystone
La police récompensera les gens qui prennent en photo les manifestants qui se livrent à toute action antijunte. (23 juin 2014)

La police récompensera les gens qui prennent en photo les manifestants qui se livrent à toute action antijunte. (23 juin 2014)

Keystone
Signe des restrictions de liberté depuis le coup d'Etat du 22 mai; un jeune homme a été interpellé dimanche pour avoir lu le livre «1984» de George Orwell devant un centre commercial de Bangkok. (23 juin 2014)

Signe des restrictions de liberté depuis le coup d'Etat du 22 mai; un jeune homme a été interpellé dimanche pour avoir lu le livre «1984» de George Orwell devant un centre commercial de Bangkok. (23 juin 2014)

Keystone

Le baht thaïlandais est tombé lundi à son plus bas niveau depuis quatre ans alors que la crise politique semble s'aggraver. Des manifestants de l'opposition tentaient d'empêcher les candidats de s'inscrire aux élections anticipées de février.

Dimanche, plusieurs dizaines de milliers de manifestants ont pris d'assaut la capitale pour demander la démission de la Première ministre Yingluck Shinawatra, soeur de l'ex-Premier ministre et homme d'affaires Thaksin Shinawatra, qui vit lui-même en exil depuis son renversement en septembre 2006.

Pour faire baisser la tension, Yingluck Shinawatra a convoqué des élections anticipées pour le 2 février, mais le Parti démocrate, principal parti d'opposition, a décidé de boycotter le scrutin. Il veut dissuader la cheffe du gouvernement de se représenter pour mettre fin au «système Thaksin» mis en place par l'ex-puissant magnat des télécommunications et toujours en vigueur selon eux dans le pays.

Dynastie Thaksin

La dynastie Thaksin a remporté toutes les élections depuis 2001 avec un large soutien des régions agricoles pauvres du nord et du nord-est du pays. Pour ces électeurs pauvres, Thaksin est un milliardaire bienveillant qui a amélioré leur niveau de vie grâce à des subventions publiques et à un système de santé bon marché.

Aux yeux de ses détracteurs, Thaksin est accusé de ne pas payer ses impôts et de gagner aux élections grâce à des financements illégaux. Il lui est aussi reproché d'avoir profité du pouvoir pour enrichir sa famille et ses amis et même tenté de faire tomber la monarchie.

Malgré les manifestations, la situation reste bloquée dans la deuxième puissance économique d'Asie du Sud-Est. Dans ce contexte, le baht a touché 32,71 bahts pour un dollar, son niveau le plus bas depuis mars 2010, selon les données Thomson Reuters.

Empêcher les candidats de s'inscrire

La figure de proue des manifestants, Suthep Thaugsuban, un ex-poids lourd démocrate, a demandé dimanche à ses partisans d'empêcher les candidats aux législatives de s'inscrire.

Le processus, qui doit durer une semaine, a commencé lundi. Le but de Suthep Thaugsuban est d'affaiblir l'influence de la famille Shinawatra, sachant que le parti du Premier ministre, le Puea Thai, sortira très certainement vainqueur des urnes.

Les manifestants se rassemblent

Plusieurs milliers de manifestants, surveillés par la police et l'armée, ont commencé à se rassembler lundi peu après minuit autour d'un stade de Bangkok où doivent avoir lieu les inscriptions.

Vers 11h00 du matin, des candidats représentant 34 parties s'étaient présentés. Neuf ont réussi à se faire enregistrer et les 25 autres ont porté plainte auprès de la police, a déclaré un responsable de la Commission électorale.

De ce fait, le processus d'enregistrement pourrait être prolongé au-delà de vendredi en cas d'un nombre insuffisant d'inscriptions, a indiqué un membre de la Commission. La police a elle fait savoir aux manifestants qu'ils risquaient la prison ou de lourdes amendes s'ils cherchaient à entraver le processus électoral.

(ats)

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