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FORMULE 1Les parents de Jules Bianchi à son chevet

Les parents de Jules Bianchi ont passé une partie de la matinée de mercredi auprès de leur fils, trois jours après son terrible accident de dimanche au 42e tour du Grand Prix du Japon.

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Les parents de Jules Bianchi, Philippe Bianchi et Christine marchent autour de l'hôpital de Yokkaichi (09 octobre)

Les parents de Jules Bianchi, Philippe Bianchi et Christine marchent autour de l'hôpital de Yokkaichi (09 octobre)

AFP
Les parents de Jules Bianchi Philippe Bianchi (à gauche) and Christine Bianchi (à droite) quittent l'hôpital de Yokkaichi (07 octobre 2014)

Les parents de Jules Bianchi Philippe Bianchi (à gauche) and Christine Bianchi (à droite) quittent l'hôpital de Yokkaichi (07 octobre 2014)

Keystone
Nicolas Todt, manager de Jules Bianchi, parle aux médias à l'hôpital de Yokkaichi (07 octobre 2014).

Nicolas Todt, manager de Jules Bianchi, parle aux médias à l'hôpital de Yokkaichi (07 octobre 2014).

Keystone

Philippe et Christine Bianchi étaient arrivés lundi soir à l'hôpital de Yokkaichi après 24 heures de voyage en provenance de Nice, la ville natale de Jules dans le sud de la France.

Les médecins de l'établissement ont levé pour eux les restrictions sur les heures de visite afin qu'ils puissent passer le plus de temps possible avec leur fils qui se bat pour sa vie.

Rien n'a filtré de ces moments passés auprès de leur fils Jules, au troisième jour de son hospitalisation dans l'unité de soins intensifs de l'hôpital japonais.

Jules Bianchi est dans un état grave

Sa famille a annoncé mardi que le jeune pilote souffrait d'un traumatisme cérébral sévère, conséquence de sa violente sortie de piste dimanche au 42e tour du Grand Prix du Japon.

«Jules a été victime d'une lésion axonale diffuse et se trouve dans un état critique mais stationnaire», a annoncé la famille du jeune pilote Marussia, via un communiqué de l'écurie anglo-russe.

«Jules reste placé en soins intensifs», à l'hôpital de Yokkaichi, avec à son chevet le professeur Saillant, président de la Commission médicale de la FIA (NDLR: Fédération internationale de l'automobile), et le neurochirurgien italien Alessandro Frati, dépêché sur place à la demande de l'écurie Ferrari, a précisé la famille Bianchi.

Derrière le terme médical de "lésion axonale diffuse", c'est-à-dire une lésion de la substance blanche cérébrale, c'est en fait d'une forme sévère de traumatisme cérébral dont souffre le jeune Niçois, 25 ans.

Selon une étude du CHU de Caen en France, datant de 2011, ce genre de pathologie entraîne souvent "d'importantes séquelles physiques et neuro-comportementales".

Le communiqué des parents de Jules Bianchi confirme donc les propos alarmistes de Matteo Bonciani, le chef de presse de la FIA qui, lundi soir, avait lâché aux journalistes présents à l'hôpital: «Comprenez-bien, c'est très très grave».

Questions non résolues

Le caractère diffus des lésions pourrait constituer un facteur aggravant. «C'est ennuyeux car cela signifie que les hémorragies touchent l'ensemble des fonctions du cerveau», avait expliqué à l'AFP le professeur Jean-Luc Truelle, ancien chef du service de neurologie de l'hôpital Foch à Suresnes (banlieue parisienne), en décembre 2013. Il s'exprimait alors au sujet de Michael Schumacher, victime la veille d'un accident de ski dans les Alpes françaises.

Alors que Jules Bianchi se bat pour la vie, les questions restent nombreuses autour de son accident lors du Grand Prix du Japon où sa Marussia est venue s'encastrer sous un engin élévateur intervenu au large d'une courbe du circuit de Suzuka pour évacuer la Sauber de l'Allemand Sutil, sortie de piste au tour précédent.

Pourquoi le départ de la course n'a-t-il pas été avancé, pour éviter les pluies diluviennes du typhon Phanfone ? Pourquoi la course n'a-t-elle pas été interrompue plus tôt devant les conditions de course dantesques ? Pourquoi le safety car n'est pas entré en piste pour faire ralentir les concurrents encore en course dès la sortie de piste de Sutil ? Autant de questions qui appellent encore des réponses circonstanciées.

Pour le quadruple champion du monde français Alain Prost, il y a eu clairement «une vraie faute» de la part des organisateurs de la course: «L'entrée de cette grue sans le régime de la voiture de sécurité est totalement inacceptable. (...) Il y a une faute, ça c'est clair. (...) Il faut simplement la dénoncer», a insisté l'ancien pilote Ferrari.

Au micro de la radio Europe 1, Alain Prost s'est également interrogé sur ce drapeau vert brandi par un commissaire de course, dans cette même courbe, lors de l'intervention de la grue: normalement le drapeau vert «annonce aux pilotes que la piste est dégagée. Il aurait dû être mis au moins 100 mètres plus loin. (...) C'est une erreur du commissaire», a-t-il accusé.

Pour les parents de Jules Bianchi, arrivés à Yokkaichi depuis Nice, en passant par Dubai et Osaka, après 24 heures de voyage, une longue attente a donc commencé. Jusqu'au prochain communiqué médical, au moins.

Quant aux images du crash de la Marussia, une vidéo prise par un spectateur et mise en ligne lundi soir, elles avaient presque disparu d'internet mardi. De nombreux sites ont en effet été contraints de retirer la vidéo à la demande de Formula One Management (FOM), qui gère les droits de la Formule 1.

(AFP)

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