Berne: Les parlementaires refusent de sièger à moitié prix

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BerneLes parlementaires refusent de sièger à moitié prix

Le conseiller national Lukas Reimann (UDC/SG) a proposé à ses collègues de renoncer symboliquement à la moitié de leurs indemnités durant cette session. Pas question, lui ont-ils répondu.

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La présidente du Conseil national, Isabelle Moret (PLR/VD) a précisé qu'une motion d'ordre ne pouvait pas changer le droit parlementaire et que chacun à titre individuel pouvait faire un don à une organisation de son choix.

La présidente du Conseil national, Isabelle Moret (PLR/VD) a précisé qu'une motion d'ordre ne pouvait pas changer le droit parlementaire et que chacun à titre individuel pouvait faire un don à une organisation de son choix.

Alessandro della Valle, Keystone

Laisser la moitié de ses indemnités de parlementaire en guise de solidarité avec les victimes du coronavirus? La motion d'ordre déposée par le conseiller national Lukas Reimann (UDC/SG) a fait un flop lundi à Bernexpo. Partant de l'exemple de certains politiciens étrangers – comme le chancelier Sebastian Kurz en Autriche – il proposait de faire un geste symbolique, qui aurait coûté 880 francs à chacun de ses collègues. En tout, cela aurait permis d'économiser 176 000 francs sur les 3,7 millions budgetés pour cette session extraordinaire.

Cela viole le droit parlementaire

Cette proposition s'est heurtée au bureau des deux Chambres. La présidente du Conseil national, Isabelle Moret (PLR/VD), a précisé: «L'octroi d'indemnités est un droit fixé par la loi sur les moyens alloués aux parlementaires. Selon le droit parlementaire, une motion d'ordre ne peut modifier un texte de loi. Pour ces motifs formels, je vous invite à rejeter la motion d'ordre Lukas Reimann, car elle viole la loi.» Elle a ajouté: «Cela étant, chacun reste libre de verser à titre individuel une part de ses indemnités à une organisation de son choix».

«Chaque emploi doit être rémunéré»

La proposition a été refusée par 126 voix à 49 et 13 abstentions. On ne dispose pas des votes nominatifs avant la fin de la session, mais il est très probable que Lukas Reimann n'a été suivi que par son groupe. Les socialistes ont refusé cette proposition venant de l'UDC. Dans «Blick», leur chef de groupe Roger Nordmann (PS/VD) dénonce une manoeuvre opportuniste: «Pendant la crise, il fallait se battre pour que chacun reçoive son salaire et qu'aucun emploi ne soit perdu, a-t-il justifié. Couper dans le revenu est la mauvaise façon. Chaque emploi doit être rémunéré, même le nôtre».

E.F.

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