Berne - Les parlementaires rêvent d’ôter leur masque
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BerneLes parlementaires rêvent d’ôter leur masque

Ils portent le masque depuis cinq sessions et ils entament la sixième dans les mêmes conditions. En rendant le certificat obligatoire pour entrer au Palais fédéral, ils pourraient enfin l’enlever. Comme dans les restaurants.

par
Eric Felley
À Berne, certains parlementaires regrettent que la décision de ne pas obliger le certificat sanitaire n’a pas fait l’objet d’une analyse plus fine avant la session.

À Berne, certains parlementaires regrettent que la décision de ne pas obliger le certificat sanitaire n’a pas fait l’objet d’une analyse plus fine avant la session.

lematin.ch

Cela fait depuis juin 2020, que les parlementaires siègent dans des conditions sanitaires liées à la pandémie. Ce lundi, ils ont entamé leur sixième session avec le port du masque et des plexiglas entre eux. C’est peu dire qu’on sent une vraie lassitude, que la chaleur du jour accentue. En préambule à la session d’automne, les présidents de tous les partis, à l’exception de l’UDC ont écrit à la Délégation administrative des Chambres pour demander que le certificat Covid-19 soit obligatoire pour entrer au Palais fédéral. Pour l’exemple, certes, mais aussi pour leur confort.

Ne pas passer pour des privilégiés

La délégation avait annoncé la semaine dernière que ce n’était pas possible «Faute de base légale». Ajoutant que, selon le Conseil fédéral, «on ne peut restreindre l’accès aux séances politiques du pouvoir législatif sur la base d’un certificat, car cela limiterait trop fortement les droits et devoirs constitutionnels des députés et des magistrats».

Une des raisons avancées par les présidents de parti est que les parlementaires ne veulent pas passer pour des privilégiés au moment, où les restaurants doivent exiger le certificat. Le président du Conseil national, Andreas Aebi (UDC/BE), relève: «Ce serait un mauvais signal de faire une exception pour les politiciens». Lors de cette première séance, il a précisé que les commissions des institutions politiques allaient rapidement proposer une base légale afin de faire avancer cette proposition.

Vote à distance pour les malades seulement

Le président des Verts, Balthasar Glättli a défendu lundi cette idée: «Et ceux qui ne veulent pas se faire vacciner ou se faire tester, pourraient encore participer au vote à distance». Il fait référence à une loi votée par le Parlement durant cette période du Covid pour permettre aux personnes en quarantaine de voter. Le Vaudois Frédéric Borloz (PLR/VD) précise toutefois cette possibilité: «Nous avons voté cette loi uniquement pour les personnes qui ont des symptômes et doivent rester en quarantaine, pas pour celles qui ne voudraient pas venir pour d’autres raisons. Cela dit, avec deux tests salivaires par semaine, ce n’est pas trop demandé».

À l’UDC, le Fribourgeois Pierre-André Page considère que l’utilisation du certificat se justifie dans certaines activités (il est à la tête d’une société de musique), mais pas au Parlement: «Nous devons pouvoir accéder au Palais fédéral librement. Tous les élus doivent pouvoir participer aux débats, quelles que soient leurs opinions ou leur statut vaccinal. Mais si la majorité le décide, je respecterai cette décision».

Exemplaire, oui, mais pour qui?

Pour son collègue Yves Nidegger (GE/UDC), cette obligation serait absurde: «On dit que c’est pour montrer l’exemple… Mais entre 40 et 45% de la population n’est pas vaccinée et le Parlement est censé représenter toute la population. Nous sommes ici pas seulement pour voter, mais surtout pour débattre ensemble et physiquement».

Cela dit, Yves Nidegger considère aussi la question sous un angle «plus égoïste et pratique». À l’instar de la situation qui prévaut pour les restaurants: «On pourrait ôter les masques à l’intérieur.» Avec deux tests salivaires par semaine, il considère que le prix ne serait pas trop cher payé. Il resterait quand même l’ultime argument d’une opposition «par principe» et, finalement, le fait de «changer une mesure absurde, par d’autres qui ne le sont pas moins…»

Mais bon, si les parlementaires pouvaient enfin enlever le masque durant cette session, la contestation ne devrait pas être si forte, même à l’UDC.

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