Coronavirus en Suisse: Les partis globalement satisfaits du plan de Berne
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Coronavirus en SuisseLes partis globalement satisfaits du plan de Berne

À l'exception de l'UDC, les différentes formations politiques ont réagi positivement à la stratégie de sortie de crise proposée par le Conseil fédéral jeudi.

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Pour Nicolas Bideau, le directeur de Présence suisse, l'épidémie de Covid-19 a renforcé l'image de la Suisse à l'étranger. (Samedi 9 mai 2020)

Pour Nicolas Bideau, le directeur de Présence suisse, l'épidémie de Covid-19 a renforcé l'image de la Suisse à l'étranger. (Samedi 9 mai 2020)

Keystone
L'administration fédérale des douanes rouvre une quinzaine de passages frontières la semaine prochaine, suite à l'assouplissement des restrictions d'entrée en Suisse. (8 mai 2020)

L'administration fédérale des douanes rouvre une quinzaine de passages frontières la semaine prochaine, suite à l'assouplissement des restrictions d'entrée en Suisse. (8 mai 2020)

Keystone
Les personnes vulnérables pourront à nouveau profiter d'une longue balade ou aller faire leurs courses à condition d'être prudentes dès lundi. (Vendredi 8 mai 2020)

Les personnes vulnérables pourront à nouveau profiter d'une longue balade ou aller faire leurs courses à condition d'être prudentes dès lundi. (Vendredi 8 mai 2020)

Keystone

Soulagés, les partis saluent pour la plupart les mesures de déconfinement progressif du Conseil fédéral. L'UDC déplore par contre les «hésitations» du gouvernement.

Le parti se dit même «consterné» de la stratégie de déconfinement présentée jeudi. Il craint notamment les lourdes conséquences des mesures exceptionnelles pour l'économie, qui se chiffrent à plusieurs centaines de millions de francs par jour.

«Au lieu de renforcer le dispositif de tests, de se procurer suffisamment de masques de protection et de poursuivre la traçabilité des infections grâce à des applications - permettant aux personnes en Suisse de reprendre le travail le plus rapidement possible - le gouvernement alourdit par sa mollesse les dommages causés à l'économie», dénonce l'UDC.

Le parti juge donc «incompréhensible» que le gouvernement se soit prononcé pour un déconfinement à petits pas. La stratégie de l'UDC repose sur un assouplissement rapide des mesures du Conseil fédéral pour relancer l'économie, tout en protégeant les groupes à risque.

Le PS satisfait

A l'autre extrémité du spectre politique, le PS se réjouit pour sa part de l'assouplissement des mesures présenté par le Conseil fédéral. «Le risque n'est pas le même dans tous les secteurs», indique à Keystone-ATS le conseiller national Roger Nordmann, saluant le choix de revenir par étape à la normale.

Il faudra toutefois rester très disciplinés les deux prochaines semaines, estime le Vaudois car il y a encore environ trois cents cas de coronavirus détectés par jour. Une deuxième vague de contagion serait un désastre.

Le parti à la rose se dit aussi très heureux de voir qu'une décision a été prise pour les petits indépendants et les salariés à risque dont les revenus ont été passablement malmenés par la crise liée au coronavirus.

«Se projeter dans l'avenir»

L'assouplissement étape par étape permet à la société et à l'économie de se «projeter dans l'avenir», estime le PDC. Ce dernier souligne que la santé de la population reste la priorité absolue du parti. En parallèle, un assouplissement rapide est essentiel pour les PME et les indépendants pouvant respecter les règles d'hygiène et de distance.

Le vice-président du PDC suisse Charles Juillard salue aussi le soutien apporté aux indépendants indirectement touchés. Pour le parti centriste, le retour à la normale doit se faire aussi lentement que nécessaire, mais aussi rapidement que possible, selon l'expression que le conseiller fédéral Alain Berset a utilisée en présentant les étapes du déconfinement.

«Enfin une stratégie»

Soulagé de voir «enfin une stratégie de sortie claire», le PLR soutient le plan d'action du Conseil fédéral, qui entrera en vigueur le 27 avril. A cette date, il est essentiel que les mesures d'assouplissement soient analysées et commentées de manière transparente, estime-t-il. Une stratégie à long terme demeure également nécessaire pour relancer l'économie.

Le PLR salue en particulier le fait que les hôpitaux et les cabinets médicaux seront à nouveau accessibles aux patients non-urgents, et que les écoles obligatoires reprendront bientôt les cours. Le parti voit aussi positivement la réouverture progressive des magasins, ainsi que l'aide financière qui sera octroyée aux indépendants indirectement touchés par la crise.

Inquiétude pour les PME

Les Vert'libéraux se disent eux aussi soulagés de l'évolution positive de la situation et saluent l'assouplissement progressif des mesures sanitaires. Depuis le début de la crise, le parti demande des mesures plus fortes pour soutenir les PME et les indépendants.

Les crédits d'urgence libérés par le Conseil fédéral prémunissent de nombreuses entreprises contre un manque temporaire de liquidités. Pour les entreprises ayant subi des pertes, la dette est toutefois un fardeau.

Les Vert'libéraux exigent donc l'établissement de critères concrets selon lesquels le remboursement des prêts peut être annulé en tout ou en partie à une date ultérieure. Il s?agirait de mettre en place un système de «filtre d'exemption de crédit».

Pour les Verts, l'ouverture par étapes est raisonnable, estime le président du groupe parlementaire Balthasar Glättli sur Twitter. «Il ne faut pas mettre en jeu ce que nous avons atteint par la discipline».

Il s'agit de rouvrir le plus vite possible les écoles du premier degré, estime le Zurichois. Rester à la maison est une surcharge aussi bien pour les enfants que pour les parents. L'égalité des chances, qui doit être garantie par l'école, est mise à mal dans les conditions actuelles.

Crèches et locataires délaissés

M.Glättli se dit toutefois décu par certaines questions laissées ouvertes. Le soutien financier aux crèches comme proposé mardi par la commission de l'éducation du Conseil national semble avoir laissé le gouvernement de marbre.

Un gros souci est aussi la situation des locataires de commerces. Si un magasin a dû fermer sur ordre du Conseil fédéral, ce dernier doit annuler les loyers dus et indemniser les propriétaires. Sur ce point, le gouvernement se contente d'en appeler à l'entente entre partenaires, alors que les propriétaires sont dans une nette position de force.

(ats)

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