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VotationsLes partisans de« jeunesse et musique» lancent leur campagne

Les partisans de l'initiative «jeunesse musique», ralliés au contre-projet du Parlement, estiment que l'enseignement de la musique doit d'être ancré dans la Constitution et son accès garanti à tous les enfants.

L'accès des jeunes à la pratique musicale ne doit plus dépendre uniquement de l'épaisseur du porte- monnaie des parents, a indiqué la conseillère aux Etats Christine Egerszegi.

L'accès des jeunes à la pratique musicale ne doit plus dépendre uniquement de l'épaisseur du porte- monnaie des parents, a indiqué la conseillère aux Etats Christine Egerszegi.

Keystone

Les partisans de l'initiative «jeunesse musique», ralliés au contre-projet du Parlement, ont lancé la campagne en vue du 23 septembre.

L'article constitutionnel soumis à votation prévoit que «la Confédération et les cantons encouragent la formation musicale, en particulier des enfants et des jeunes». Le texte demande que l'accent soit mis sur la qualité de l'enseignement et sur l'accès des jeunes à la pratique musicale.

Celui-ci ne doit plus dépendre uniquement de l'épaisseur du porte- monnaie des parents, a indiqué la conseillère aux Etats Christine Egerszegi (PLR/AG) jeudi devant les médias à Berne, entourée de représentants de nombreuses faîtières musicales. Les familles doivent souvent débourser des milliers de francs pour permettre à leur progéniture de pratiquer un instrument.

Cela exclut automatiquement toute une partie de la population qui ne connaîtra jamais les bienfaits d'une telle activité. La musique permet de développer de nombreuses compétences: «application, persévérance, sociabilité, assurance devant un public, ouverture à la nouveauté», souligne Christine Egerszegi.

Elle est également nécessaire à l'équilibre de tout être humain, assure le chanteur alémanique Peter Reber. Et Johannes Reinhard de la Société fédérale des orchestres d'abonder dans son sens: «après une journée de travail, la musique permet comme le sport de se ressourcer et de recharger ses batteries».

Qualité exigée

Certes, l'école programme des cours de musique mais la qualité de ceux-ci laisse souvent à désirer. Claude-André Mani, de l'Union suisse des chorales, cite l'exemple d'une enseignante stagiaire présentant Mozart à ses élèves et ne sachant pas à quelle époque appartient le compositeur autrichien.

Les problèmes sont le plus importants au niveau primaire, souligne le directeur du comité Hector Herzig. Pour les enseignants, la formation musicale y est facultative et près de 50% d'entre eux ne la suivent pas.

Coût justifié

Un encouragement accru de la formation musicale aura un coût, précise Christine Egerszegi. Toutefois, l'article constitutionnel restant vague sur les objectifs et les moyens devant être mis en oeuvre, il est impossible de donner des estimations.

En outre, cet effort supplémentaire permettrait de remédier à l'inégalité criante qui existe aujourd'hui entre les moyens dédiés au sport et ceux accordés à la musique. Poursuivant la comparaison, Hector Herzig appelle de ses voeux la création d'une structure semblable à Swissolympic qui prendrait en charge les musiciens particulièrement doués.

Enfin, la formation musicale revêt une grande importance pour la conservation du patrimoine culturel, relèvent en choeur Ueli Nussbaumer, de l'Association suisse des musiques, et Karin Niederberger, de l'Association fédérale des yodleurs.

Opposition peu virulente

L'opposition n'est pour l'heure pas des plus virulentes, reconnaît Christine Egerszegi. Son propre parti, le PLR, est toutefois officiellement contre l'article constitutionnel.

La conseillère aux Etats se dit malgré tout convaincue de la nécessité d'une campagne. Le budget des partisans se monte à 600'000 francs, ce qui représente symboliquement un franc par musicien.

Les arguments de certains opposants qui dénoncent une atteinte au fédéralisme sont rejetés. L'article en votation prévoit une collaboration entre cantons et Confédération, souligne Christine Egerszegi. L'initiative populaire «jeunesse musique» a été retirée en mars au profit du contre-projet direct élaboré par le Parlement, qui en est très proche.

(ats)

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