11.08.2020 à 14:15

Armée suisseLes partisans des avions de combat lancent leur campagne

Les membres du comité «Oui à la sécurité aérienne» estiment que l’achat de nouveaux jets est nécessaire pour garantir la sécurité de la population suisse et de ses infrastructures. Ils ont lancé leur campagne ce mardi pour présenter leurs arguments.

Les F/A-18 de l’armée suisse atteindront leur limite en 2030, estime le comité «Oui à la sécurité aérienne».

Les F/A-18 de l’armée suisse atteindront leur limite en 2030, estime le comité «Oui à la sécurité aérienne».

KEYSTONE

Les avions de l’armée suisse sont trop vieux et doivent être remplacés sans quoi l’espace aérien suisse sera sans protection dès 2030, argumente le comité «Oui à la sécurité aérienne».

Sous la houlette de l’Association pour une Suisse sûre, des représentants du PLR, de l’UDC, du PDC, du PBD, des Vert’libéraux, du PEV et de nombreuses organisations, ont lancé mardi leur campagne pour l’achat de nouveaux avions de combat. Ceux-ci augmenteront la sécurité de la Suisse et de sa population.

Bien qu’il n’y ait pas de conflit armé en Suisse, la sécurité est trompeuse: les conditions stables peuvent rapidement changer. L’émergence de nouvelles formes de guerre ne remplace pas les anciennes menaces.

Achat nécessaire

«Nous devons regarder si la Suisse pourra dans 30 ou 40 ans faire face à des menaces encore insoupçonnées», a lancé le conseiller aux États Thierry Burkart (PLR/AG), également président de l’Association pour une Suisse sûre. Aucun pays ne renonce à sa flotte aérienne pour se concentrer uniquement sur la cyberdéfense, a abondé la conseillère aux États Brigitte Häberli-Koller (PDC/TG).

Pour fonctionner, l’armée a besoin de nouveaux avions. Les F-5E Tiger, acquis en 1978, sont déjà obsolètes. Ils ne peuvent voler que de jour et par temps clair. Les F/A-18 atteindront leur limite en 2030.

Ces avions doivent être remplacés à temps afin d’assurer la sécurité, a souligné Thierry Burkart. Sans défense aérienne, l’armée, avec ses seules forces terrestres, ne peut pas remplir son mandat de défense et ne sera plus en mesure de protéger la population et les infrastructures. La sécurité est un ensemble: les conflits ont plusieurs facettes et se déroulent sur plusieurs terrains.

Tension et paix

L’acquisition d’avions d’entraînement légers, proposé par le PS, ne répond pas aux exigences de la sécurité de l’espace aérien, critique Thomas Hurter (UDC/SH), conseiller national et président d’Aerosuisse. Ils ne volent ni assez haut, ni assez vite pour intercepter d’autres avions.

Les Forces aériennes doivent pouvoir agir même en période de tension accrue. Et ce durant plusieurs semaines, a rappelé Thomas Hurter. Un nombre suffisant d’avions est nécessaire.

Par ailleurs, la Suisse, pays neutre, doit être en mesure de se protéger de manière indépendante. Même en temps de paix, les avions sont indispensables. Ils assurent le service de la police de l’air. Deux avions et pilotes sont en permanence disponibles.

L’armée de l’air est en mission presque tous les jours: pour intercepter un avion qui entre dans l’espace aérien helvétique sans autorisation ou qui se trouve en difficulté ou pour protéger des événements importants comme le WEF. De plus, les pilotes effectuent environ 350 contrôles ponctuels chaque année.

Une fraction du budget total

Le comité rappelle que l’enveloppe maximale est plafonnée à 6 milliards de francs. Cet investissement est à considérer sur le long terme. Pour une durée de vie de 30 ans, 6 milliards ne représentent que 0,28% du budget global de la Confédération.

Même en prenant en compte les coûts d’entretien (environ 12 milliards sur 30 ans), cela ne représente que 0,84%. À titre de comparaison, le comité a rappelé que la Confédération a dépensé plus de 22 milliards de francs pour la prévoyance sociale en 2019.

Par ailleurs, a rappelé le conseiller national Lorenz Hess (PBD/BE), l’armée de l’air est également un pourvoyeur d’emplois. La place de Payerne (VD) emploie 630 équivalents temps plein, dont 40 apprentis. C’est justement Payerne qu’a choisie le comité francophone pour lancer sa campagne, le 18 août.

(ATS/NXP)

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