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Votations 14 juinLes partisans des bourses d'études plaident pour l'initiative

Les promoteurs de l'initiative populaire sur les bourses d'études ont lancé jeudi la campagne en vue du scrutin du 14 juin.

par
cht
Les initiants devant la presse à Berne ce 30 avril 2015.

Les initiants devant la presse à Berne ce 30 avril 2015.

Keystone

Tous les étudiants devraient bénéficier d'un accès équitable à la formation. Les promoteurs de l'initiative populaire sur les bourses d'études ont lancé jeudi 30 avril la campagne en vue du scrutin du 14 juin. Ils demandent d'harmoniser le système d'octroi au niveau national.

Cette mesure permettrait de donner les mêmes chances à tous les étudiants, peu importe leur origine cantonale. Car, aujourd'hui, certains cantons se montrent plus généreux que d'autres dans les montants alloués. La dureté des critères d'attribution varie également d'un canton à l'autre.

«Un jeune Vaudois a davantage de chances de décrocher une bourse que son homologue de Glaris», a illustré devant les médias réunis à Berne la députée au Parlement argovien Irène Kälin (Verts), dont le parti soutient le texte de l'Union des étudiants de Suisse (UNES). L'accès à la formation supérieure des familles à revenu modeste est donc inégal.

«Jobs» d'appoint: difficile selon le cursus

Les initiants exigent de plus que la bourse accordée permette «véritablement de financer les dépenses d'un étudiant». Ils partent quand même du principe que le jeune académicien reçoit de l'aide de sa famille et exerce une activité rémunérée.

Ils émettent cependant une réserve concernant les «jobs» d'appoint: tout le monde n'est pas logé à la même enseigne. Le cursus choisi détermine le temps dont dispose l'étudiant pour travailler à côté, souligne Lea Oberholzer, membre de la direction de l'UNES. Les juristes ou médecins en herbe en savent quelque chose.

Les initiants reprochent un autre «défaut» au système en vigueur. Etant donné que c'est le canton de domicile qui est compétent pour l'octroi de l'allocation, les jeunes qui étudient dans un autre canton, où la vie est plus chère, sont désavantagés.

Les partisans ont mené une action devant le Palais fédéral

Chances de réussite

Le texte découle de deux constats. «Depuis 25 ans, nous assistons à une baisse des dépenses en faveur des bourses d'études (...) alors que dans le même temps, le nombre d'étudiants et apprentis a augmenté de 30% en seulement dix ans», rappelle le conseiller national Mathias Reynard (PS/VS), dont la formation soutient l'objet.

En outre, la réussite de la formation supérieure dépend beaucoup de la sécurité financière. «Sur l'ensemble des étudiants qui abandonnent, 20% le font en raison de difficultés à concilier leurs études et leur travail», argumente Lea Oberholzer.

Alternative en suspens

Le Conseil fédéral et le Parlement rejettent l'initiative. Mais les Chambres fédérales ont adopté un contre-projet indirect qui répond à certaines revendications des étudiants. Le but est d'inciter les cantons à adhérer au concordat sur les bourses d'études.

Le projet de loi adopté prévoit que seuls les cantons qui respectent les dispositions formelles, mais aussi matérielles, de ce concordat pourront à l'avenir bénéficier des contributions fédérales. Ils devront pour ce faire verser une aide d'au moins 16'000 francs par an et par étudiant. Le texte n'entrera en vigueur que si le peuple refuse l'initiative populaire.

Pour les initiants, le contre-projet n'est qu'une «coquille vide», assène Mathias Reynard. En partie parce que tous les cantons n'ont pas encore adhéré au concordat sur les bourses, et certains n'ont pas l'intention de le faire. Quelque 40% des étudiants n'en bénéficient pas à l'heure actuelle.

«Pas si cher»

Au final, l'initiative de l'UNES «n'est pas si chère», affirme Lea Oberholzer. Son application ne coûterait que 120 millions de francs de plus que le concordat, si celui-ci était «réellement mis en oeuvre».

«Investir dans la jeunesse, la seule véritable richesse de notre pays» a du sens, complète Mathias Reynard. Ne serait-ce que pour pallier la pénurie en main-d'oeuvre qualifiée, qui coûte «plusieurs milliards chaque année».

(ats)

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