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Trafic d'être humainsLes pays de l'UE sommés d'appliquer la législation

Les Etats de l'UE doivent mettre en oeuvre sans tarder la législation européenne concernant la lutte contre le trafic d'êtres humains.

La commissaire européenne chargée des Affaires intérieures, Cecilia Malmström, lundi à Bruxelles.

La commissaire européenne chargée des Affaires intérieures, Cecilia Malmström, lundi à Bruxelles.

AFP

La commissaire européenne chargée des Affaires intérieures, Cecilia Malmström, a demandé lundi à Bruxelles aux Etats de l'Union européenne (UE) de mettre en oeuvre sans tarder la législation européenne concernant la lutte contre le trafic d'êtres humains, en menaçant de sanctions les pays récalcitrants.

Plus de 23'600 personnes, dont 68% de femmes et 15% d'enfants, ont été victimes ou sont supposées avoir été victimes de trafic d'êtres humains en Europe entre 2008 et 2010, a déploré Mme Malmström en présentant un rapport officiel de la Commission sur ce sujet.

La majorité des personnes victimes du trafic d'êtres humains (62%) sont asservies à des fins sexuelles tandis que 25% sont contraintes au travail forcé. Une majorité des victimes (61%) sont originaires d'Europe et notamment de Bulgarie ou de Roumanie.

«Il est difficile d'imaginer que dans nos pays de l'UE libres et démocratiques des dizaines de milliers d'êtres humains peuvent être privés de liberté et exploités, vendus comme des marchandises à des fins lucratives. Mais c'est la triste vérité et la traite des êtres humains est tout autour de nous, plus proche que nous le pensons», a fait remarquer Mme Malmström au cours d'une conférence de presse.

Coopération renforcée

Ces statistiques " montrent combien il est urgent que chaque pays de l'UE mette en oeuvre la nouvelle loi (européenne) sur le trafic d'êtres humains et privilégie les enquêtes et les poursuites contre ces crimes», a souligné Mme Malmström.

L'UE s'est dotée en 2011 d'une législation pour lutter contre ce fléau. Les crimes liés au trafic d'êtres humains deviennent ainsi répréhensibles de façon identique dans toutes les juridictions d'Europe.

La loi vise en outre à renforcer la coopération entre les Etats avec la constitution d'unités nationales spécialisées dans la traite des êtres humains et la création d'unités communes d'enquêtes pour les affaires transfrontalières.

Seuls six Etats sur 27

Mais, à ce jour, seuls six Etats sur vingt-sept (Finlande, Hongrie, Lettonie, Pologne, République tchèque et Suède) ont transposé cette législation dans leur droit national. Les Etats de l'Union avaient théoriquement jusqu'au 6 avril pour le faire.

«Je m'attends à ce que tous les Etats membres s'acquittent de leurs obligations et transposent sans tarder la directive européenne dans leur droit national et je n'hésiterai pas à prendre les mesures nécessaires pour s'assurer que cela sera fait», a-t-elle dit.

(ats)

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