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RefusLes pays musulmans s'opposent aux droits des homosexuels

La reconnaissance des droits des homosexuels ne fait pas l'unanimité: les pays membres de l'Organisation de coopération islamique et une majorité de pays du groupe africain sont contre.

Des homosexuels avaient été jugés en 2001 en Egypte.

Des homosexuels avaient été jugés en 2001 en Egypte.

AFP

Les pays membres de l'Organisation de coopération islamique et une majorité de pays du groupe africain se sont opposés mercredi à la reconnaissance des droits des homosexuels.

Les pays musulmans ont condamné la tentative d'introduire le concept d'orientation sexuelle à l'ONU.

Pour la première fois, le Conseil des droits de l'homme a organisé mercredi à Genève un débat de trois heures sur les discriminations basées sur l'orientation sexuelle. «Le moment est venu d'agir», a déclaré dans un message adressé aux membres du Conseil, le secrétaire général de l'ONU Ban Ki-moon.

«Des vies sont en jeu et c'est le devoir de l'ONU de protéger les droits de toute personne où qu'elle vive», a affirmé Ban Ki-moon. «Laissez-moi dire à ceux qui sont lesbiennes, gays, bisexuels ou transgenres, vous n'êtes pas seuls», a-t-il ajouté.

Nombreuses discriminations

La Haut Commissaire de l'ONU aux droits de l'homme Navi Pillay a présenté une étude sur de nombreuses discriminations visant les homosexuels dans le monde. Assassinats, mauvais traitements, violences sexuelles sont fréquents. Des centaines d'incidents ont été rapportés aux organes de l'ONU, a indiqué Navi Pillay.

Au moins 76 pays dans le monde ont des législations discriminatoires à l'encontre des homosexuels, a affirmé la Haut Commissaire. «Ces lois sont un anachronisme et violent les droits fondamentaux», a déclaré Navi Pillay.

L'étude documente également toute une série de pratiques qui entravent les individus dans leur vie quotidienne en raison de leur orientation sexuelle et les marginalisent: sur les lieux de travail, dans les écoles, dans les hôpitaux.

«Nous avons aujourd'hui la possibilité d'ouvrir un nouveau chapitre pour mettre un terme aux violences et discriminations dans le monde», a conclu la Haut Commissaire.

Inacceptable pour l'OCI

Pays occidentaux et latino-américains ont soutenu l'appel des responsables de l'ONU. L'OCI a par contre demandé que le débat organisé mercredi par le Conseil des droits de l'homme «soit le dernier» sur ce sujet.

L'ambassadeur du Pakistan a argué qu'il n'y a «pas d'accord sur une définition» de la notion d'orientation sexuelle dans le système des droits de l'homme. «Je condamne vivement la tentative de certains Etats d'introduire la notion d'orientation sexuelle dans le cadre international des droits de l'homme», a-t-il dit.

«La légitimation de l'homosexualité est inacceptable pour l'OCI», a ajouté le représentant du Pakistan. Il a estimé que l'homosexualité peut créer des troubles sociaux, dégénérer en pédophilie et inceste, avoir un impact négatif pour la santé et affaiblir l'institution de la famille.

Il a demandé que le Conseil tienne compte des «sensibilités culturelles» et des «valeurs régionales» et «évite de discuter du comportement individuel de certaines personnes».

Premier jalon, pour la Suisse

Le Sénégal, au nom d'»une majorité d'Etats» du groupe africain, a lui aussi demandé «le respect des différences culturelles». Son représentant s'est opposé à une «tentative de détournement du système des droits de l'homme pour imposer un concept basé sur le comportement de certains individus».

L'ambassadeur de Suisse Dante Martinelli a au contraire souhaité que le débat organisé mercredi soit «un premier jalon d'un processus à plus long terme» au sein du Conseil des droits de l'homme.

«Nous regrettons que plusieurs pays n'aient pas participé à ce débat. Il est impératif de continuer à mener un dialogue constructif sur ce sujet au coeur des valeurs des Nations Unies malgré les différences d'opinion», a dit l'ambassadeur suisse.

(ats)

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